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Santé : Moave, la farine fortifiée qui combat l'anémie


Lu sur le web
Jeudi 3 Janvier 2013 - 12:00

Cette farine de blé produite et enrichie localement participe aux efforts de lutte contre la carence en fer chez les adultes et les enfants, mais pas ne convient pas aux tout petits.


Santé : Moave, la farine fortifiée qui combat l'anémie
En vingt ans, l’archipel ouest-africain du Cap-Vert a fait d’énormes progrès dans la lutte contre la malnutrition.

Mais son point faible reste l’anémie –—une carence en fer qui affaiblit toute la population, et principalement les femmes (29%) et les enfants de moins de 5 ans (52%).

«En 2005, on a été contactés par le Programme national de nutrition du ministère de la Santé pour un partenariat sur la fortification de la farine», raconte João Feijóo Leão, président du conseil d’administration de Moave, une société qui fabrique de la farine de blé depuis l’indépendance de l’ex-colonie portugaise, en 1975.

Le protocole d’accord a été signé en 2008, et la production a commencé dans la foulée. La farine est enrichie en fer, ainsi qu’en zinc, qui renforce les défenses immunitaires, et en acide folique, qui prévient les déformations des fœtus.

L'enrichissement de la farine, enjeu de santé publique

Le Cap-Vert n’est pas une exception: l’enrichissement de la farine est obligatoire dans neuf des 15 pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

C’est l’héritage du premier grand dialogue sur la fortification alimentaire qui, en 2002 à Accra (Ghana), a entre autres réuni les secteurs privé et public, l’ONU, des ONG et l’Organisation ouest-africaine de la santé de la Cédéao.

Pour un meilleur impact de la fortification, l’enrichissement de quatre produits de consommation courante est privilégié: l’huile de cuisine, la farine de blé, le sucre et les cubes d’assaisonnement culinaire.

Au Cap-Vert, seule la farine est fortifiée mais avec sa production mensuelle de 26.000 sacs de 50 kilos, Moave couvre à elle seule presque 100% du marché local de la farine. En conséquence, une grande partie du pain, des pâtes, des gâteaux… consommés dans l’archipel sont à base de Moave.

«Notre capacité de production est supérieure, mais on ne travaille qu’avec le marché intérieur» du pays, qui compte environ 515.000 habitants, commente João Feijóo Leão.

Il rêve du jour où il pourra exporter sa farine. Mais, en attendant, la société espère bientôt commercialiser des sachets de 1 kilo pour que «la population soit plus familiarisée avec le produit».

Un produit qui, du reste, s’aligne quasiment sur le tarif des farines non enrichies importées, grâce l’utilisation de micronutriments subventionnés par le ministère de la Santé.

Une législation qui piétine

Il n’empêche que les farines importées non fortifiées inquiètent Moave.

«On a insisté auprès des autorités pour légiférer sur la question et que le pays puisse atteindre ses objectifs [de lutte contre les carences en fer, en acide folique et en zinc]. Toutes les farines importées devraient être enrichies pour que l’on atteigne les objectifs», a plaidé João Feijóo Leão.

Un discours que partage le directeur Afrique de l’ONG américaine Helen Keller International (HKI), qui dénonce une «concurrence déloyale».

«On ne va pas freiner le marché des produits importés, mais il faut qu’ils respectent les nomes nationales de fortification, souligne Shawn Baker. Sinon, vous vous faites des dépenses pour fortifier, et le produit importé est moins cher… Au niveau national et de la Cédéao, nous insistons pour que la fortification soit obligatoire à l’échelle de l’Etat et pour que les importations soient contrôlées, parce que c’est facile d’étiqueter "enrichi". Il faut bien vérifier…»

Autre écueil, la farine enrichie est inadaptée pour les enfants de 6 à 24 mois. Or à cet âge-là, les carences peuvent laisser de graves séquelles, dont une réduction des capacités d’apprentissage.

«On a maintenant des sachets de micronutriments que la maman peut mettre dans la bouillie de l’enfant. Ça ne coûte pas cher du tout et permet de réduire en quelques années l’anémie», relève Félicité Tchibindat, conseillère en nutrition pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre à l’Unicef.

Pour couvrir les besoins des plus vulnérables (enfants, personnes âgées, femmes enceintes), Moave n’exclut pas d’un jour reprendre un ancien programme.

«Ce projet avait bien fonctionné mais il n’y avait pas assez de fonds pour continuer», regrette Irina Spencer, responsable du programme de nutrition au ministère de la Santé.

Habibou Bangré, à Santiago
Pour slateafrique.com
Mamoudou Kane


              

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