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Sans limoger son ministre de la justice, Aziz trahit déjà son serment constitutionnel…


A.O.S.A
Mardi 29 Mars 2016 - 21:43


Sans limoger son ministre de la justice, Aziz trahit déjà son serment constitutionnel…

L’équation est simple : le président a juré au nom d’Allah de ne pas soutenir ni directement ni indirectement toute initiative visant à modifier la constitution pour lui permettre de briguer plus de deux mandats or le ministre de la justice persiste et signe en déclarant encore qu’il estime que la constitution doit être changée.

 

Si Aziz ne limoge pas son ministre, cela signifie qu’il cautionne ses propos donc il trahit son serment de ne pas soutenir ni directement ni indirectement toute initiative...

 

Sur le fond : le principe de soumettre les générations futures éternellement aux lois des générations passées est par principe quelque chose de tyrannique. Rien ne peut empêcher le peuple de changer la constitution mais encore faut-il avoir un peuple éveillé qui sache ce que constitution veut dire et surtout l’intérêt de verrouiller l’article à propos du mandat renouvelable qu’une fois.

 

Hélas, cela est loin d’être le cas, le processus démocratique en Mauritanie est passé en deux bonds à la copie de la 5ème république française. L’élection du président de la république au suffrage universel direct fut prématurée. Bilan le pouvoir fait ce qu’il veut d’un peuple ignorant et démuni face au populisme.

 

Ainsi, ce même peuple peut élire un président, Sidioca en l’occurrence, puis élire celui qui le fit tomber par un coup d’état. Si on lui demandait de permettre à Aziz de refaire un mandat ou mille, il dirait oui car le pouvoir c’est l’Etat, c’est l’administration, c’est la première entreprise du pays. Quand on contrôle l’état, on contrôle le ventre des mauritaniens qui lui-même contrôle leur esprit.

 

Cela dit, en l’état, la constitution n’étant pas changée, l’article 26 est toujours en vigueur dans une république dite islamique où le président a juré au nom d’Allah de ne pas soutenir ce genre d’initiative. Ce n’est pas à son ministre de la justice de lancer l’initiative ni le débat car il peut le faire taire, l’obliger à s’excuser ou le limoger. Une telle initiative si elle devait voir le jour devrait démarrer directement par des députés afin d'éloigner l'initiative de son gouvernement mais là encore le chef de l’état serait obligé de dissoudre l’assemblée pour en finir avec le débat sinon cela signifierait qu’il le soutient indirectement...

 

Donc, comment permettre au pouvoir de remettre en question la constitution en respectant le serment fait au nom d’Allah de ne soutenir ni directement ni indirectement ladite initiative. Seuls les administrateurs de l’Invisible, selon le bon mot du professeur Abdel Wedoud Ould  Cheikh, seuls les oulémas présidencieux peuvent trouver une issue, le reste est défendable au nom du peuple souverain à qui on ne peut pas imposer éternellement une constitution. De là l’intérêt d’un débat pour convaincre éternellement le peuple de ne pas soutenir une initiative visant à déverrouiller l’article en question.

 

Pour l’instant, le seul sujet est le silence parjure du chef de l’état face aux déclarations de son ministre de la justice. Dans une république islamique, on peut plaisanter de tout sauf des serments faits au nom d’Allah, du moins officiellement car dans cette république islamique on trouve des banques islamiques qui rappellent que les autres ne le sont pas. Comme quoi, chez nous, l’islamique est celui des origines à savoir ce qui réunit les mauritaniens et non ce qui les divise.

 

Pour ma part, je pense que même deux mandats de 5 ans c’est trop. Un mandat de 7 ans unique est largement suffisant mais tout cela est un débat surréaliste par rapport à la réalité politique.

 

Que vaut la constitution chez nous ? Que valent les lois ? Constitution, lois, institutions, justice, armée, tout ce qui bouge, rampe ou vole ne vaut qu’en fonction de l’intérêt supérieur des maîtres du pays comme dans un royaume.

 

La loi s’applique à certains et elle peut être écrasée quand elle va contre les intérêts de ceux qui tiennent le pouvoir or ceux qui tiennent le pouvoir ce ne sont pas seulement les militaires mais tous les civils qui leur permettent d’avoir une administration, des institutions qui tournent comme des soldats en marche. Cela fait beaucoup de monde, beaucoup de réseaux puissants, beaucoup de tribus, beaucoup de tout ce qui fait que Aziz là ou pas, ces gens-là ou leurs semblables, leurs héritiers tiendront la boutique pour le suivant.

 

Focaliser sur Aziz, ou le chef suivant, c’est aussi refuser de voir que nous ne sommes plus ni en 1960, ni en 1978 mais en 2016. Un système, un régime a pris racine comme la colonne vertébrale d’une nation. Cette nation peut être bossue, cela ne change rien à l’affaire d’autant plus que la mentalité en vigueur partout jusqu’au cœur de l’opposition, dont la seule arme est l’incantation, cette mentalité est désormais celle de sujets.

 


Nous pensons désormais comme pensent les marocains pour prendre le royaume le plus proche. Il ne reste plus qu’à espérer que le makhzen mauritanien autorise une classe moyenne, une élite, une administration, des banques, une armée, une liberté de vivre comme au Maroc. Ce n’est pas demain la veille car chaque type qui prend le pouvoir arrive pauvre et l’esprit inadapté au pouvoir quasi-absolu qui lui tombe soudain entre les mains. De là tant de complexes, de gâchis d’énergie et de talents.

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chezvlane


              

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