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Samba Thiam, président des FLAM: "Je n'ai à aucun moment évoqué l'autonomie des populations du sud"


Actu Mauritanie
Mercredi 9 Octobre 2013 - 18:01

Politisation du mouvement, autonomie des régions du sud, passif humanitaire, stratégie d'alliances etc.. Samba Thiam en dit plus sur les plans derrière le retour des FLAM en Mauritanie.


Samba Thiam, président des FLAM: "Je n'ai à aucun moment évoqué l'autonomie des populations du sud"
Maintenant que la délégation présidentielle des FLAM est rentrée au pays,  à quand la concrétisation du projet de mutation du mouvement en parti politique ?

Nous sommes revenus en tant que mouvement, en tant que FLAM. Nous allons prendre le temps nécessaire pour mener un ambitieux travail d’approche et d’échanges avec les Mauritaniens pour faire mieux partager notre discours, notre vision et notre projet de société. Après cela seulement et en tenant compte de la réflexion déjà produite par nos militants, la mutation devenue indispensable de notre organisation se fera dans le respect de la ligne qui sera définie par le congrès à venir.
 
Les FLAM ont décidé de ne pas aller aux prochaines élections mais se proposent de les «influencer significativement». Quels sont alors les premiers chantiers du mouvement ?
 
Les circonstances actuelles ne nous permettent pas de considérer ces élections comme une priorité et, cela d’autant plus que  nous sommes liés par des dispositions internes. Dans tous les cas, les confusions caractérisant l’atmosphère autour de ces élections justifient à posteriori notre position de principe vis-à-vis de cette démocratie trompe-l’œil qui résume tout à l’électoralisme faisant fi des réelles questions nationales.
 
Nous sommes plutôt occupés à nous réinstaller, à renouer avec les populations, à rétablir la vérité de notre discours, à nous organiser. Il s’agit de bâtir une organisation forte pour faire face aux défis de l’unité nationale fondée sur la liberté, l’égalité et la justice effectives pour tous les citoyens et toutes les citoyennes de ce pays.
 
L’évocation du nom FLAM suscite de  grosses  réserves au niveau du milieu maure. Comment  entendez-vous  mettre fin à cette  méfiance ?
 
Plusieurs décennies de mensonges et de diabolisation servis sans scrupules par la toute puissante structure propagandiste de Ould Taya et ses hordes chauvinistes présentant notre organisation sous des dehors monstrueux, cela marque !
 
La tâche de rétablissement de la confiance, ou, au moins, de la compréhension et d’ouverture sera d’autant plus prenante que les serviteurs du régime honni semblent avoir repris du service depuis notre retour. Nous allons nous battre pour contrecarrer leurs campagnes mensongères. Il y a déjà des efforts qui ont été déployés à l’endroit des leaders politiques de cette communauté qui ont bien voulu écouter notre message.

Nous continuerons à parler aux Mauritaniens dans leurs langues pour que tous soient également édifiés sur nos intentions d’alors, sur nos projets et programmes actuels pour la Mauritanie. Ils découvriront alors que nous n’avons jamais été animés que par le souci patriotique de nous trouver un système démocratique qui assure à toutes nos populations la dignité et l’épanouissement.
 
Les FLAM  prônent la mise en place d’un large rassemblement de partis politiques partageant les mêmes  ambitions pour la  Mauritanie. Pouvez-vous esquisser les contours et les objectifs de ce front ? Comment entendez-vous vous y prendre ?
 
Nous avons évidemment des alliés naturels ; nous avons l’intention de les approcher parce que nous partageons les mêmes ambitions, les mêmes préoccupations. Nous explorerons, avec eux, les voies d’unité d’action tout en restant évidemment ouverts et réceptifs à la collaboration avec toutes les forces politiques qui nourrissent le souci de l’édification d’un véritable Etat de droit dans notre pays.
 
Est-ce à dire que les pôles qui se disputent l’arène politique actuelle (AP, CAP, CMP, COD) ne vous tentent pas ?
 
Ces groupes de sympathie stratégique et tactique  se préoccupent davantage de régler les problèmes conjoncturels liés à l’organisation des élections. Nous nous attaquons, quant à nous, aux contradictions structurelles de la cohabitation de nos composantes nationales. Mais rien n’empêche que ces positionnements puissent, chemin faisant, converger. Le cas échéant, nous aviserons.
 
Le pouvoir a décidé de clore le règlement du douloureux dossier du passif humanitaire. Allez-vous travaillé pour  le  relancer ou simplement vous contenter  des acquis  légués par le président Aziz?
 
Notre proposition de solution pour ce douloureux dossier est de notoriété publique. Il s’agit d’un processus en trois étapes : le droit à la réparation morale et pécuniaire, l’exigence de la vérité et de la justice, et, enfin, le pardon librement consenti par les victimes et les ayant-droits. Présentement, seul le volet réparation a été pris en compte. Cela ne nous satisfait donc pas. Nous allons continuer à nous battre aux côtés des ONG, des familles des victimes et de toutes les bonnes volontés pour pousser ce processus à son  terme. Pour que l’impunité ne prévale pas.
 
Le projet d’autonomie des FLAM pour les populations du sud du pays, évoqué brièvement lors de votre conférence de presse, tenue le 29 septembre à La Case, suscite des réactions hostiles dans la presse, vous accusant de «scissionnistes», de "séparatistes". Pouvez expliquer aux Mauritaniens pourquoi les FLAM prônent-elles cette solution, et en quoi consiste-elle ?
 
Je n’ai, à aucun moment, ni au cours de cette conférence de presse, ni nulle part ailleurs, évoqué "l’autonomie des populations du sud du pays" pour la simple raison que cela n’a jamais été notre proposition. Et il est malheureux que la presse censée relayer la vérité des propos et des faits se laisse aller à des déductions faciles et simplistes se faisant ainsi, quelquefois à son insu, le porte-parole des milieux manipulateurs hostiles à notre organisation et à une cohabitation normalisée.

D’ailleurs, ces milieux ont sorti, à l’occasion, la grosse artillerie de la désinformation et de la stigmatisation pour nous diaboliser à souhait. Seulement cette fois-ci leur sombre dessein est voué à l’échec, n’ayant plus l’exclusivité des leviers de la communication comme au temps de leur héros national, le dictateur Maaouya. Nous sommes-là et bien là pour mettre en déroute leurs instincts exclusivistes et pour que la vérité ne soit pas submergée par le croassement lugubre des marchands de l’unité de façade.
 
Notre proposition de solution à la cohabitation chaotique de nos composantes nationales consiste à ériger des régions autonomes et des provinces pour juguler les contradictions d’ordre ethnique, tribal et linguistique qui plombe l’édification de l’Etat de droit auquel notre peuple aspire. Il faut oser des solutions audacieuses pour régler ces problèmes devenus structurels, pour se défaire de ce carcan centraliste qui continue d’ignorer les intérêts de la vaste majorité laissée pour compte. Nous prônons la voie du dialogue et de la concertation pour y arriver.
 
Nous publierons, dans toutes nos langues, très prochainement, l’intégralité de notre proposition d’autonomie et vous verrez que cela n’a rien à voir avec les élucubrations  délirantes des oiseaux de mauvais augure qui prennent en otage l’opinion.
 
Propos recueillis par Dalay Lam
Pour le Calame 
Mamoudou Kane


              

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