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Salon international des mines : Une deuxième édition pour consacrer l'explosion du secteur minier mauritanien


Economie
Lundi 8 Octobre 2012 - 15:45

Depuis près d’une décennie, les pays ouest africains se sont lancés, chacun de son côté, dans des politiques visant à développer l’exploitation minière mais dont les résultats se reflètent encore très peu dans l’économie de la sous-région ou dans la vie des populations. Nouakchott qui organise son deuxième salon international des mines, à partir de ce lundi 8 mars au palais des Congrès, ne déroge pas à la règle.


Salon international des mines : Une deuxième édition pour consacrer l'explosion du secteur minier mauritanien
C'est près d'une centaine de stands d'acteurs du secteur minier, aux niveaux national et international, qui sont répartis entre le bâtiment principal du palais des congrès de Nouakchott, et le chapiteau dressé pour l'occasion, situé dans l'enceinte du palais.

"Ils étaient une cinquantaine il y a deux ans" murmure un des journalistes présents pour cette nouvelle édition. Le doublement du nombre de participants, démontre, s'il le fallait, l'envergure que prend ce secteur dans l'économie mauritanienne. Des producteurs, aux logisticiens, en passant par des sous-traitants de toutes sortes, tout le monde des mines mauritaniennes, et d'ailleurs, se pressent dans ce lieu dédié pendant quatre jours, à l'inter-connaissance des acteurs.

"Par rapport à toutes ces perspectives, notre école ambitionne de former les cadres supérieurs et ingénieurs, hautement qualifiés, et pouvant répondre aux exigences et besoins des opérateurs miniers." explique Mohamed El Mokhtar Ould Sidi Med, directeur de l'Ecole des Mines de Mauritanie.

Le souffle porteur et optimiste des mines est perçu aussi du côté du ministère de tutelle. "Le nombre de permis attribués de recherche/exploration, a quadruplé en cinq ans. c'est vous dire la marge de croissance du secteur, avec aujourd'hui 293 permis attribués. 100 autres sont en instances, et 12 permis d'exploitation ont été accordés" souligne Ahmed Ould Dhaker, directeur adjoint des mines, au ministère du pétrole, de l’énergie et des mines.

La croissance quasi-exponentielle du secteur minier mauritanien donne l'opportunité aux anciens du marché, d'élever leurs marges de production. "Nous prévoyons durant les prochaines années, d'augmenter sensiblement la production du minerais de fer et la porter à partir de 2025, aux alentours de 43 millions de tonnes par an, contre les 12 millions de 2012." expose Ahmed Ould Mohamed Ahmed, conseiller en stratégie à la SNIM.

Des chiffres que beaucoup d'anciens cadres de la boîte nationale ont du mal à croire. "On ne double pas sa production avec une baguette magique, ou parce qu'on le dit, à plus forte raison la quadrupler. Il y a une préparation en amont par rapport aux usines à mettre en place, aux partenaires à trouver pour financer ce regain productif. Et clairement nous ne sommes pas prêts pour ces effets d'annonce" tempère de son côté un ingénieur à la retraite de la SNIM.

Une perspective qui n'échappe pas aux acteurs financiers, comme Attijari Bank Mauritanie, qui adapte une partie de sa stratégie à la croissance minière nationale. "Le secteur minier est aujourd'hui un des plus importants pour la Mauritanie, représentant tout de même près de 25% du PIB, avec des potentialités de croissance encore inconnues. Donc forcément dans ce contexte, la stratégie de notre banque évolue parallèlement à celle des mines. Elle fait partie intégrante du monde minier et para-minier, sans renier nos valeurs de banque universelle, qui s'intéresse de près à la bancarisation de la population" évoque Mostafa Dafir, DGA, en charge du développement et du marketing à Attijari Bank Mauritanie.

Les paradoxes des mines

Un des deux grands halls où se situent les stands d'exposition des acteurs du secteur minier ce lundi 8 octobre 2012
Si la Mauritanie est aujourd'hui accueillie dans le cercle (vertueux) des grands producteurs miniers africains, il faut souligner que la quasi-totalité des pays concernés se retrouvent au bas de l’échelle, dans le classement sur la base de l’index de développement humain, dressé chaque année par le programme des nations unies pour le développement (Pnud). La Mauritanie se situant à la 159ème place du rapport 2011 du PNUD, sur 187.

Les profits miniers et pétroliers ont longtemps été transférés à l’étranger ou été gaspillés, sans bénéfice pour les populations.

Et si souvent, les négociations opaques des contrats sont critiqués, (on se rappelle de Woodside et de ses avenants léoonins), de meilleurs contrats pourraient ne pas suffire à garantir que les citoyens des pays riches en ressources minières tirent profit de leurs richesses naturelles. Selon Paolo Desea de la Banque mondiale, qui s’exprimait début 2008 en Guinée à une réunion de responsables miniers africains, la pauvreté générale que connaissent ces pays est moins la conséquence de mauvais contrats que d’un “manque de législation claire concernant la distribution de l’argent par les gouvernements nationaux."

"Face à de telles situations paradoxales, la société civile ouest africaine dénoncent souvent des contrats léonins signés par les Etats parfois dans une totale opacité et au profit des grandes multinationales du secteur." martèle pour sa part le site ouestaf.

MLK

Mamoudou Kane


              

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