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Salafisme en Mauritanie : La croisade politique et sociale contre l’emblême Noir


Société
Lundi 11 Février 2013 - 10:01

Des leaders politiques et des organisations de la société civile ont décidé d’unir leurs efforts pour combattre le développement du Salafisme en Mauritanie, un courant idéologique islamique jugé radical et obscurantiste.


Khadim Ould Semane (à gauche) était l'un des nombreux salafistes mauritaniens à souhaiter obtenir un pardon l'an passé. Crédit : Magharebia.com
Khadim Ould Semane (à gauche) était l'un des nombreux salafistes mauritaniens à souhaiter obtenir un pardon l'an passé. Crédit : Magharebia.com
Une inquiétude partagée dans tout le Maghreb, eu égard à l’expansion rapide des porteurs du « Drapeau Noir », un péril nouveau qui attire la jeunesse des quartiers populaires, avec son idéologie de violence et de terrorisme.

Plusieurs organisations des droits de l’Homme ont décidé de contrer l’avancée envahissante du courant salafiste en Mauritanie, exprimant leur mécontentement face au laxisme de l’appareil sécuritaire si peu ferme, selon elles, vis-à-vis de ce courant idéologique porteur d’intolérance religieuse. Pour preuve, diront-elles, ces bourkas si étrangères aux valeurs du rite malékite en vigueur dans le pays et qui se répandent comme traînées des poudres parmi la gent féminine salafiste, ainsi que ce cloisonnement étrange qui sépare dans la vie, les hommes et les femmes.

Le Salafisme en Mauritanie

En Mauritanie, l’intolérance religieuse commence à s’étendre à tous les niveaux, constatent les organisations des droits de l’homme qui se sont réunies vendredi dernier pour annoncer leur combat contre le courant Salafiste, un corps étranger, selon elles, au corps social. A ce propos, une déclaration conjointe a été signée par les présidents des organisations en question. Il s’agit de Birame Ould Dah Ould Abeid, président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA), Boubacar Ould Messaoud de SOS Esclaves, Fatimata MBaye, Association mauritanienne des droits de l’homme (AMDH), Aminetou Mint Mokhtar, Association des femmes chefs de famille (AFCF), Hacene Ould Lebatt, Conscience et Résistance, Mine Ould Abdallahi, Ligue mauritanienne des droits de l’homme (LMDH), Lalla Aïcha Ouédraogo et Mamadou Sarr du Forum national des droits de l’homme (FONAD).

Les organisations en question en ont voulu ainsi à l’appareil sécuritaire, taxé de laxisme face à la progression inquiétante d’un courant porteur, selon elles, de haine et de division. Les prédicateurs salafistes, constatent-elles, sèment leur effrayante idéologie en toute quiétude, trouvant un terreau favorable pour leur avancée, dans les mosquées et dans les médias. Ce combat s’adresse ainsi à toutes les formes du Salafisme, qu’elles soient malékites ou wahabites. Eu égard à ce qui précède, les signataires de la déclaration condamnent les thèses justificatives des actions terroristes véhiculées à travers les prêches et les émissions médiatiques. Ils condamnent l’attitude raciste de certains politiques dans leur élan à cautionner des fatwas condamnant tout appui à la guerre menée contre les groupes armés du Nord Mali sous prétexte que cet appui servirait la Croisade française. Ils appellent le gouvernement mauritanien à collaborer avec les forces armées présentes dans le Nord Mali dans leurs efforts pour assurer l’intégrité territorial et institutionnel de ce pays frère. Ils mettent en garde contre toute épuration ethnique ou règlements de compte contre les populations arabes et touarègues.

Les ONG en question n’en ont pas moins exprimé leur total appui à l’intervention française au Mali, prenant ainsi le contre-pied des Salafistes mauritaniens qui ne cessent de vouer aux gémonies cette rescousse de l’armée française qui a permis de stopper l’annexion du territoire malien par les groupes jihadistes dont ils partagent l’idéologie. Ainsi, les nouveaux croisés contre la pensée jihadiste en Mauritanie ont fustigé cette progression de l’intolérance véhiculée par une idéologie qui combat l’art et la culture africaine, dans l’objectif d’imposer un diktat arabisant qui cache dans ses replis des vélléités de domination et d’absorption intellectuelle des peuples. Selon les signataires de la déclaration commune, le projet du Salafisme en Afrique au sud du Sahara est porteur d’immobilisme aussi bien pour les peuples de la région que pour l’Islam. Il s’agit d’une vision radicale du monde qui ne tolère pas la différence et tue la vie dans l’être humain. Bâti sur la violence, l’idéologie salafiste combat l’innovation et la pensée libre, tout en récusant toute idée de parité genre. Elle condamne toutes les formes artistiques et tout droit au plaisir des sens. Bref, elle comprime tout goût à la vie et tout épanouissement spirituel de l’âme.

Pour ces ONGS, « ce monde de l’excellence que miroite le jihadisme wahabite n’est fleuri que de mauvais pavés », citant entre autres, l’inculture et la destruction du patrimoine culturel et humain de l’Africain. Ainsi, pour les ONG signataires de la déclaration, par delà le sauvetage du Mali, c’est l’existence de l’humain que les Français ont sauvé. Les populations du Nord qui ont vécu l’expérience amère de ce retour au passé médiéval sont les premières à évaluer la valeur de la délivrance, elles qui ont vécu le goût amer de l’expérience islamique des Salafistes jihadistes, faite d’arriération et de barbarisme, contraire à la voie tracée par le Prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui) et ses compagnons. Débarrassé du terrorisme Salafiste, le monde, et les musulmans en premier, ne pourront, selon les défenseurs des droits de l’homme, que vivre comme avant, dans l’harmonie, la tolérance et la paix.

Un mal qui ronge le Maghreb

Tous les pouvoirs publics nord africains s’inquiètent de l’avancée du salafisme, malgré une politique sécuritaire visant à endiguer le phénomène. Mais le mouvement se propage, surtout chez les jeunes des quartiers populaires et les femmes. Cette progression rapide du courant salafiste a été mise en exergue par plusieurs études. Son influence va au-delà de ses sympathisants et fait de lui un acteur cardinal de la réislamisation. Le salafisme existe certes depuis le 18ème siècle au Maghreb, mais n’a connu son véritable apogée qu’avec le GSPC algérien et les attentats du 16 avril 2003 à Casablanca. Au fils des ans, le salafisme a pris une connotation guerrière et révolutionnaire, synonyme de violence et de terrorisme, alors que dans l’entendement des théologiens, il définissait une religiosité apolitique et non violente.

Mais le Salafisme n’est pas homogène, car constitué de plusieurs tendances, dont la plus extrême est celle représentée par Al Qaïda. Mais parmi cette floraison de courants salafistes, trois s’affrontent sur le terrain religieux. Ce courant reproche ainsi aux mouvements islamistes de vouloir établir l’Etat islamique par le haut, en usant des catégories politiques occidentales ou de vouloir rénover l’Islam en fonction de la modernité occidentale. Alors que pour les Salafiste il s’agit de régénérer la mythologie de l’islamisme avec comme moyen le champ de la participation politique, les jihadistes prônent la violence politiques, alors que pour les prédicatifs, c’est l’indifférence qui doit être de mise par rapport à la chose politique.

En Mauritanie, les trois tendances du Salafisme se confondent dans leur approche pour un travail à la base des consciences afin de mobiliser la ressource humaine nécessaire à l’accès au pouvoir. Les plus radicaux vont jusqu’à rejeter la démocratie. D’où la question de savoir, par quel moyen comptent-ils ainsi traduire leur société idéale ?

Cheikh Aïdara
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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