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Sahel : Au Mali, la guerre se précise


Actualité
Samedi 10 Novembre 2012 - 17:38

L'Algérie et le Burkina Faso veulent négocier le retour des groupes armés dans le giron malien. Mais les préparatifs d'une intervention militaire se précisent.


Sahel : Au Mali, la guerre se précise
De prime abord, Alger et Ouagadougou ont réussi un bon coup. Mardi soir, Ansar Dine, un des trois groupes islamistes qui font régner la terreur au nord du Mali, appliquant la charia dans son sens le plus strict, publiait un communiqué dans lequel il disait renoncer au terrorisme et lutter contre les trafics au nord du pays. Un premier pas. Sera-t-il suffisant pour éviter la reconquête militaire du nord du Mali, comme le souhaitent les deux capitales ? Rien n'est moins sûr.

Ansar Dine, le maillon faible

C'est pourtant l'objectif recherché par les Algériens et les Burkinabés qui sont fort réticents à une intervention militaire au Mali. Pour l'éviter, ils disent vouloir ramener par la négociation les groupes armés - ou certains d'entre eux - dans le giron malien. À commencer par Ansar Dine, créé il y a moins d'un an par le Touareg Iyad ag Ghali. Ses hommes sont majoritairement des Touaregs et ag Ghali entretient des relations anciennes et suivies avec l'Algérie. Cela fait donc plusieurs mois qu'Alger, d'un côté, Ouagadougou, de l'autre, s'évertuent à couper les liens entre Ansar Dine et les djihadistes d'Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique) et du Mujao, un de ses bras armés au Sahara. Certaines sources affirment que, ces dernières semaines, Ansar Dine aurait récupéré des combattants d'Aqmi.

Ansar Dine a toujours été le maillon faible du trio des mouvements djihadistes islamistes. Ag Ghali est un ancien du Mouvement de l'Azawad (les autonomistes touaregs du Mali), dont il s'est détaché l'an passé après avoir échoué à en prendre la tête. Il a donc lancé son propre groupe. Les uns et les autres divergent cependant : autant le Mouvement national de libération de l'Azawad s'affirme laïque, autant Ansar Dine, à Kidal - son fief à l'extrême nord du Mali -, a coupé des mains et des pieds apparemment sans plus d'état d'âme que le Mujao à Tombouctou et à Gao. Ce qui n'est pas sans poser de question sur le "ralliement" d'Iyad ag Ghali. Si son mouvement a annoncé renoncer au terrorisme, il n'a pas précisé son intention de mettre fin aux châtiments corporels infligés aux habitants. Rien non plus sur le retour des autorités de Bamako dans le nord du pays.

L'aide logistique de la France

Poussé par le Burkina Faso et l'Algérie, qui ne veulent pas voir débarquer des troupes étrangères dans la région, Ansar Dine est-il seulement utilisé pour gagner du temps ou veut-il vraiment éviter la guerre ? Car, parallèlement, les préparatifs d'une intervention militaire se précisent. Réuni à Bamako ces derniers jours, un groupe d'experts militaires et civils de la région a proposé d'augmenter le nombre de troupes sur le terrain de 3 200 à 4 000 hommes et d'y inclure éventuellement des troupes étrangères si les chefs d'État de la région le souhaitaient. Concrètement, les 3 200 hommes qui seront envoyés par les pays de la Cedeao (Communauté des États de l'Afrique de l'Ouest) pourraient recevoir le renfort de soldats venus d'États africains hors Cedeao, tel le Tchad.

Quant aux Occidentaux, aucun pays ne veut, jusqu'alors, envoyer de troupes au sol. La France, les États-Unis et l'Allemagne ont fait savoir qu'ils apporteraient une aide logistique. Déjà, des Occidentaux forment des soldats de la région, en particulier des Maliens dont l'armée était en débandade l'hiver passé et qui doit être la première à reconquérir son pays. On observe des mouvements inhabituels de matériels militaires arrivant sur l'aéroport de N'Djaména, au Tchad. Pourrait-il y avoir des bombardements des refuges des djihadistes d'Aqmi et du Mujao dans le Sahara au nord du Mali ? Les Maliens le souhaitent pour récupérer le nord de leur pays et éradiquer les trafics de drogue (haschich venu du Maroc et cocaïne d'Amérique latine). Mais qui va s'y risquer ? Il va probablement être possible de récupérer les villes comme Tombouctou et Gao, mais chasser les djihadistes du Sahara risque de s'avérer plus compliqué.

Source: Lepoint.fr

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