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SOMMET DE L’ONU SUR LE TERRORISME : Qui est terroriste, qui ne l’est pas ?


International
Mercredi 29 Juillet 2015 - 13:00

L’Organisation des Nations unies veut aller en guerre contre le terrorisme. Pour ce faire, elle envisage un sommet mondial sur le phénomène. Quoi de plus normal pour une structure qui se veut avant-gardiste de la sécurité sur notre planète !


Ce n’est pas la première fois qu’une rencontre au niveau international se tient sur le terrorisme, mais l’actualité et l’évolution des évènements rendent pertinente cette nouvelle initiative. En effet, il n’est pas de semaine qui ne soit marquée par un acte terroriste dans le monde. Ces actes frappent aveuglément des innocents qui, le plus souvent, ont le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.

A l’heure où les mouvements terroristes, Etat Islamique, Bokam Haram, Al-Qaïda, Shebabs, Abou Sayyaf, Jemmah Ismayah et Talibans, pour ne citer que ceux-là, sèment quotidiennement la terreur dans différentes zones de la planète et menacent la survie des Etats, il est de l'intérêt de toutes les nations de lutter contre ce fléau.

Le triste constat est que toutes les stratégies de lutte contre le terrorisme semblent vouées à l’échec, vu les « succès» macabres des terroristes. Les échecs ou encore l’impuissance face aux actions terroristes, peuvent s’expliquer de plusieurs manières, mais il y a des constantes sur lesquelles l’ONU et ses membres gagneraient à s’attarder, si tant est qu’il y ait une volonté réelle de mettre fin au terrorisme.
 
Mais encore faut-il qu’on s’entende sur les acceptions des mots « terroriste » et « terrorisme ». Qui est terroriste, qui ne l’est pas ? Doit-on qualifier de terroriste un jeune Gazaoui nourri au biberon de la haine et de la rancœur contre Tsahal (l’armée israélienne), qui fait sauter une bombe ou qui lance des pierres pour revendiquer son droit à un Etat palestinien ?

Est-ce du terrorisme quand des communautés totalement oubliées du monde sabotent un pipeline dans le Delta du Niger, pour protester contre les répartitions inégales des ressources pétrolières auxquelles elles n’ont pratiquement pas droit ? Quid du terrorisme d’Etat ?
 
Les incohérences et les incongruités des pays occidentaux sont légion dans le monde
 
C’est clair,  il urge que l’on apporte des précisions aux termes et des nuances aux concepts pour contrecarrer les amalgames attentatoires aux droits citoyens des peuples et des nations. Et que dire du contenu que les satrapes du continent africain mettent dans la notion de terroriste ?
 
Un terme à la fois galvaudé et utilisé à des fins « machiavéliques ». De fait, les dictateurs en usent et en abusent pour mater et réprimer leurs opposants les moins dociles. Par des lois anti-terroristes fourre-tout, des dirigeants politiques essaient de mettre fin à l’expression d’opinions contraires, dans leur conduite des affaires.

Bref, ceux qu’on aurait appelés hier des « indépendantistes » ou des « nationalistes », sont aujourd’hui taxés de « terroristes ».

La lutte de l’African National Congress de Nelson Mandela pour l’égalité raciale en Afrique du Sud, aurait été taxée de terrorisme aujourd’hui. Le plan d’action mondial anti-terroriste, adopté en 2006 par les Nations unies, se fonde sur quatre axes : analyse des conditions propices à la propagation du terrorisme, prise de mesures pour renforcer les moyens dont disposent les Etats pour combattre le terrorisme, respect des droits de l’Homme et renforcement du rôle de l’ONU dans le domaine de la lutte anti-terroriste.

Cette approche stratégique et opérationnelle qu’on dit commune aux Etats membres, prend-elle toute la mesure du problème ? Rien n’est moins sûr.

Il faut,  en tout cas, se convaincre d’une chose : le terrorisme se nourrit des injustices multiples et multiformes dans le monde. En plus, bien sûr, de l’ignorance et de la misère. Et l’on ne peut parler d’injustice sans évoquer la crise interminable entre Israël et la Palestine. La haine de l’Occident, le fort sentiment anti-américain en Palestine, en Iran et dans bien d’autres parties du monde, n’est pas étrangère à cette crise.
 
Au demeurant,  au nom de quoi l’Etat hébreu peut-il refuser de respecter les nombreuses résolutions onusiennes prises à son encontre ?

A quelle logique répond le droit d’Israël ou du Pakistan à disposer de la bombe atomique et le « non possimus » opposé à l’Iran ? Il faut voir la réalité en face : les incohérences et les incongruités des pays occidentaux sont légion dans le monde, et ce sont celles-là mêmes qui génèrent les sentiments profonds de haine.
 
Au nombre de ces injustices, figure aussi le droit de veto des cinq puissances. Au gré de leurs intérêts et de leurs humeurs, les cinq puissances disposant du droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU, en usent et en abusent sans tenir compte des frustrations, des injustices et des nombreuses violations des droits qui en découlent.

Sur la base de leurs confrontations historiques, les Etats-Unis, la Russie, la France, la Grande Bretagne et la Chine s’opposent, souvent de façon mécanique, à des projets de résolutions qui s’attaquent à leurs propres injustices. Impuissantes face aux blocages, les victimes sont conduites à développer ce qui leur reste comme seule arme : la stratégie de résistance.

Et dans un monde en proie au déni flagrant des droits des plus faibles, les extrémistes n’ont pas d’autre choix que de saisir toutes les opportunités qui s’offrent à eux, pour faire exploser leurs milliers de kilowatts de colère.
 
Michel NANA
lepays.bf
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