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SNIM ou le commerçant “idiot” ....Inaugurer, juste pour inaugurer


B'il a dit
Mardi 1 Décembre 2015 - 10:52

La Société nationale industrielle et minière de Mauritanie (SNIM) a inauguré mardi dernier (17 novembre) ce que ses responsables estiment être ‘’le plus grand complexe de production de minerai de fer du pays’’ (...) naugurer de nouveaux projets, à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance, est devenu, avec le temps, une formalité obligatoire à ceux qui gouvernent le pays.


SNIM ou le commerçant “idiot” ....Inaugurer, juste pour inaugurer
SNIM ou le commerçant “idiot”
 
La Société nationale industrielle et minière de Mauritanie (SNIM) a inauguré mardi dernier (17 novembre) ce que ses responsables estiment être ‘’le plus grand complexe de production de minerai de fer du pays’’.
 
Le ministre du pétrole et de l’Energie dont le département assure la tutelle du géant au pied d’argile –la SNIM- a été déplacé à Zouerate pour présider la cérémonie d’inauguration de la grande, très grande réalisation.
 
Presque une des merveilles du monde. Des journalistes du pays et du monde, logés, nourris et…,  ont été conviés à la cité minière du nord afin de couvrir l’événement et démontrer à celui qu’on cherche à tromper, le dupe, que la SNIM bouge encore.
 
Et qu’à défaut de gagner de l’argent, elle peut faire rêver ceux qui ne savent pas que les cours du fer ont atteint des niveaux trop bas et que notre ‘’gloire nationale’’ ne s’était point préparée à une telle perspective.
 
Exactement comme la cigale qui chantait tout le temps, la SNIM dépensait sans penser pendant les années fastes dans des domaines vraiment loin de sa vocation  : achat d’avions payés rubis sur ongles pour le compte de la nouvelle société aérienne de l’Etat, octroi de prêt à l’entreprise privée qui peinait à boucler l’interminable nouvel aéroport de Nouakchott, création de sociétés tous azimuts d’assurances, d’exploitation de granit, achat d’aliments de bétails, engagement de hauts cadres sans teste, sans stages et, le plus souvent, sans qualification aucune…
 
Jusqu’au jour où les cours du fer s’écroulèrent sur le marché international. Que les travailleurs de l’entreprise aillent en grève pendant un mois pour exiger leur part de la plus value qui a été tout simplement dilapidée. Ou partie en fumées…
 
Pourtant bien prévisible chez toutes les entreprises exportatrices de minerai, cette mauvaise conjoncture prit de court la direction peu prévoyante et franchement incompétente de la société nationale des Mines.
 
L’administrateur directeur général, ADG comme on aime l’appeler au point central, un ancien ingénieur viré de la boite pour mauvais comportement pour ne pas dire détournement et remis en selle par le mouvement de la rectification de Mohamed Ould Abdel Aziz qui fit de lui ministre avant de l’envoyer faire ce qu’il a fait à la SNIM, agit comme un naufragé et décide, d’un coup, de passer de l’opulence à l’austérité.
 
Personne, surtout pas ceux qui gèrent le pays, ne songea à lui demander des comptes. C’est une affaire très sensible qui pourrait vraisemblablement aller au-delà de l’ADG vers ceux pour lesquels il travaille. Même si sa responsabilité dans la détérioration de la situation de l’entreprise est indéniable.   
 
En grande difficulté, la direction de la SNIM, décide d’inaugurer en grandes pompes le projet Guelb II.  Financé à hauteur de 925 millions de dollars (environ 868 millions d‘euros), il vise une production de quatre millions de tonnes par an. Ses promoteurs expliquent qu’il doit offrir 946 emplois directs qui s‘ajouteront aux plus de 6.000 salariés de la société.
 
"Il n‘est pas exagéré de souligner ici que Guelb II demeure le plus grand projet industriel de l‘histoire de la Mauritanie", a déclaré le directeur général de la Snim, Mohamed Abdallahi Ould Oudaa. Selon lui, la nouvelle réalisation "vient augmenter de 30% notre capacité actuelle de production marchande par l‘ajout de 4 millions de tonnes par an de minerai concentré de très bonne qualité dont la teneur en fer est de 68,5%".
 
Il s’agit certes d’un projet important mais il est tout aussi vrai que Ould Oudaa, qui tente aujourd’hui de se présenter comme l’auteur exclusif de cette réalisation, n’y est pour rien. C’est un projet qui a été conçu, lancé et exécuté bien avant l’actuel ADG aura tout simplement comme difficile tâche de payer les créanciers, tous les ans, Cent millions de dollars.
 
Une somme colossale qui sera difficile à collecter pendant ces années de ‘’disette’’ au les ours du fer touchent le sol. En janvier 2015, l’Etat aurait aidé la SNIM à s’acquitter de cette aide. Cette année, où les finances publiques connaissent d’énormes difficultés, beaucoup d’observateurs s’interrogent sur ce qu’ils présentent comme un casse tête pour la société minière qui vent le fer à perte depuis quelque temps et qui connait de sérieuses difficultés de trésorerie. 
 
En attendant de savoir et de voir ce que fera la SNIM pour face, le moment arrivé, à l’échéance de janvier, on ne peut que se demander par rapport à l’opportunité de la mise en marche du projet Guelb II au moment où l’entreprise perd de l’argent, car le coût de l’exploitation est exorbitant par rapport au prix trop bas du fer.
 
En tout cas si la SNIM augmente sa production, elle ne fera, mathématiquement, que creuser son déficit. Ce qui fera d’elle ce qu’on appelle dans le conte populaire : ‘’le commerçant idiot’’. Celui qui vente à perte ses produits…
 
B‘...
 
Inaugurer, juste pour inaugurer
 
Inaugurer de nouveaux projets, à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance, est devenu, avec le temps, une formalité obligatoire à ceux qui gouvernent le pays. Bon an mal an, le pouvoir doit donner l’impression, tout juste l’impression, de travailler pour le bien être de la collectivité nationale et qu’il n’a cessé de faire d’énormes sacrifices pour remplir son devoir…
 
Bien sûr la réalité est tout autre : après 55 ans d’indépendance, on recule sur tous les plans. Les services que pouvait rendre l’Etat mauritanien naissant et balbutiant des années 60 n’arrive plus à leur rendre aujourd’hui. Beaucoup plus d’écoles, beaucoup plus de centres de santé, beaucoup plus de militaires, de gendarmes, de flics, de laudateurs, d’hommes de ‘’fer’’, mais tout ça sans Baraka, sans sens, et, surtout sans rendement.
 
Il est indéniable que l’école d’antan, le dispensaire, l’administration étaient mille fois plus performants qu’aujourd’hui. Ce constant est celui fait par tout le monde. Même ceux qui sont au pouvoir le font, ce qui ne les empêche pourtant pas de continuer à jouer ce jeu de dupe en voulant donner aux événements ce qu’ils ne méritent pas.
 
Ainsi pendant toute la journée du lundi (23 novembre) et celle du mardi, les rues principales étaient bouclées parce que le président Aziz devrait inaugurer ce qu’on présente pompeusement comme un mécanisme d’évacuation des eaux à Nouakchott.
 
Après la cérémonie d’inauguration de ce machin, il ira à la station de pompage au niveau du Ksar pour, rapporte les medias publics, donner ‘’ses instructions fermes’’ afin d’achever, le plus vite possible, le travail de pompage réalisé sur ce site depuis une année sans jamais donner de résultats.
 
Le président, qui allait, de temps à autre, à l’improviste, dans cet endroit est le premier à savoir que le niveau de l’eau n’a jamais baissé et qu’il s’agit d’une action inutile qui ressemble bien à celle de Sisyphe.
 
D’autres inaugurations sont prévues à Nouakchott et à Nouadhibou. Et n’auront surtout aucun impact sur le quotidien de plus en plus précaire du citoyen qui continue de tirer le diable par la queue… On ne sait cependant  pas si le diable aura toujours une queue à tirer ou si celle-ci allait disparaitre pendant ce mauvais temps qu’il fait sur notre pays.
 
B‘...

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