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SNIM : De A à Z, Le Petit Poucet en lettres


Economie
Samedi 23 Février 2013 - 14:40

En octobre dernier, près de 600 délégués représentants différents opérateurs ont participé à la deuxième édition des Mauritanides qui ont pour vocation de présenter les opportunités d’investissements dans le domaine minier en Mauritanie. Ouverte par le Premier ministre, elle a été clôturée par le Président de la République. Preuve de l’importance du secteur pour les décideurs. D’ailleurs, le secteur couvre désormais 50% des recettes d’exportation du pays et devient, selon le ministre Taleb Ould Abdi Val, le levier du développement de la Mauritanie avec notamment l’attrait qu’il exerce sur les investisseurs étrangers. Autre preuve de son dynamisme. Des exploitations minières et des prospections très avancées et très prometteuses en Inchiri, dans le Tiris Zemmour et dans l’Adrar, nous enseignent déjà sur les transformations dans ce désert qui n’en est plus un avec toute cette activité qui, en plus de créer des emplois, fait revivre un espace et ses habitants. Dans notre précédente édition et dans la présente, nous avons choisi de commencer par la SNIM. Les autres opérateurs suivront.


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A comme ATTM qui est l’une des filiales de la SNIM. 
C’est celle qui est dédiée aux travaux et génie civil d’où son nom : Assainissement, Travaux, Transport et Maintenance. Elle fait partie du «consortium» (même si ce n’est pas le nom retenu par la SNIM) qui comprend d’autres entités : la SAFA qui produit de l’acier, la COMECA qui s’occupe de la construction mécanique, la GMM qui traite le granite et le marbre, la SAMIA pour les industries métallurgiques et qui a fait du gypse, la SAMMA pour l’acconnage et la manutention, la GIP pour la gestion des installations pétrolières et qui tend à devenir un acteur dans la distribution des hydrocarbures, la DAMANE pour les assurances et la SOMASERT pour le tourisme.

La philosophie au début du lancement des filiales était double : créer des sociétés spécialisées dans des activités que la SNIM ne pouvait plus prendre en charge et pousser l’expertise privée nationale à améliorer ses prestations en lui imposant une concurrence. Mais cette concurrence est devenue à la longue déloyale. Une filiale comme l’ATTM a fini par avoir tous la majeure partie des marchés de construction des routes et des aéroports et ce au moment où elle connaissait une sérieuse baisse dans son régime de travail. Au lendemain de la nomination au poste de ministre de son ancien directeur, Yahya Ould Hademine, son remplaçant, Mohamed Ould Bilal avait cru bon de renouveler tout son personnel d’encadrement, mettant à la marge une grande expérience. Ce qui lui a fait prendre de grands retards sur les marchés qui lui ont été confiés. ATTM peine par exemple sur l’axe Kiffa-Tintane qui était parti pour un délai de deux ans et qui est bientôt à sa quatrième année. Elle a beau sous-traiter à des intervenants privés, ATTM est incapable de résorber ses retards.

Par contre la SOMASERT a connu un processus inverse. Si elle a connu un âge d’or qui a marqué les premières années de son démarrage avec son premier directeur Abderrahmane Ould Douwa, elle va entrer dans une profonde léthargie qui va compliquer sa mission qui est celle de booster l’industrie touristique au moment où la situation sécuritaire crée une véritable crise dans le secteur. Depuis un an et à la suite de la nomination d’un universitaire à sa tête, Dr Ahmed Ould Gawad, la SOMASERT reprend son rôle de leader et améliore sa position et sa situation (voir aussi H comme hôtellerie).


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B comme Ben Ameira qui est un bloc de pierre situé à mi-chemin entre Nouadhibou et Zouératt, à 393 km de la capitale économique qui se trouve à 650 km de la capitale minière. C’est un monolithe, troisième du genre dans le monde (Uluru et Mont Augustus en Australie), qui culmine à 550 mètres. Il serait, selon les scientifiques, un morceau de météorite tombé ici il y a des millions d’années. La nature de la roche diffère complètement de ce qui l’entoure. Non loin du pic, un autre de la même nature mais plus petit appelé «Aysha Edhkhira» (Aïcha la prestigieuse). On raconte dans la zone qu’une histoire d’amour aurait lié les deux pics «étrangers», mais que la jalousie avait poussé le mâle (Ben Ameira) à éloigner de lui celle qu’il aimait et à laquelle il tenait pourtant. Ce qui expliquerait la distance qui les sépare et leur positionnement actuel l’un par rapport à l’autre.

Après avoir été une grande attraction pour les touristes étrangers, surtout pour les artistes du monde entier qui ont marqué leurs passages de traces indélébiles gravées sur les parois du monolithe, Guelb Ben Ameira est aujourd’hui un témoin silencieux des vaines tentatives humaines de changer le cours des choses : ici le village qui a voulu être l’une des plus grosses agglomérations de la zone, là la ceinture verte qu’on avait voulu barrage aux vents et au désert… Ben Ameira n’est même pas une étape obligatoire même s’il reste un passage obligatoire pour les trafiquants qui prennent la voie tracée à travers le Tijirit et qui mène d’ici à la route Nouakchott-Nouadhibou, au niveau de là où les humanitaires espagnols avaient été kidnappés un certain 29 novembre 2009…



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C comme Choum, sans doute la plus grosse agglomération dans «le couloir», mot qui désigne l’espace traversé par le chemin de fer reliant Zouératt à Nouadhibou. Un arrondissement de l’Adrar qui vit au rythme des passages du train. Il y a quelques années, Choum était un centre d’échanges où débarquaient la majeure partie des voitures volées en Europe et réexportées à travers marchés marocains vers la Mauritanie, le Mali et le Sénégal. De Nouadhibou, les voitures entrées frauduleusement sont embarquées à bord du train et descendent à Choum pour reprendre la route des marchés du sud par Atar et Akjoujt. La route Nouakchott-Nouadhibou a ouvert un axe plus rapide et moins coûteux pour les trafiquants. Les restaurateurs de Choum sont partis s’installer sur cette route. Les mécaniciens, les commerçants d’occasion, les crieurs… tous ont quitté le patelin qui est revenu à sa population d’origine faite de migrants et d’autochtones qui n’ont d’autre choix que celui de rester. La sécheresse des deux dernières années a lourdement affecté le cheptel. Des cas de malnutrition sont signalés ici et là. Les populations d’ici n’ont pas l’habitude de se plaindre, l’Histoire leur a appris à vivre du peu qu’elles ont.

La Fondation de la SNIM contribue considérablement à améliorer leurs conditions de vie. Un abattoir, une centrale, des médicaments, des fournitures scolaires et deux écoles… L’une de ces écoles a été construite dans l’oued de Choum, à quelques kilomètres du village. Là où l’on avait cru un jour pouvoir installer la nouvelle ville. Là où «meurt» a le plateau de l’Adrar pour laisser place à un champ de dunes qui prend possession de la vie, là était «l’oued de Choum», un projet resté à l’étape de projet. La Fondation, sur demande de l’administration et de la Mairie, a implanté une école de …six classes… pour seize élèves pour la plus optimiste des estimations.


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D comme Développement. A la SNIM, ce mot désigne tout un programme qui a d’ailleurs porté le nom de «Programme de développement et de modernisation» (PDM) et qui consistait à moderniser les infrastructures pour les rendre plus efficientes. Son objectif était d’améliorer la production et de diminuer les coûts de production. Ce programme mis en œuvre à partir de 2006-7 a permis de lancer le projet Guelb II, de réhabiliter et d’agrandir le port minéralier, de moderniser la maintenance de la voie et du système de communication, de modifier la manutention du TO 14 pour permettre l’exportation directe de sa production (en cours de réalisation), d’améliorer les conditions de vie par la réhabilitation des cités et des hôtels et enfin de créer un nouveau centre de formation professionnelle à Zouératt.

E comme eau, la denrée qui manque le plus sur ces terres. De Yaghraf, sur la route Akjoujt-Atar, à Zouératt, c’est la désolation qui marque le visiteur. Les arbres déjà rabougris, sont de noir vêtus. Plus rien n’indique que les hautes pailles, sèches à présent, ont verdi un jour. De temps en temps quelques chèvres, quelques ânes, signes furtifs d’une présence de vie humaine. Puis deux parfois trois taudis (m’baar) d’où sortent des êtres faméliques qui ont quand même la force de faire un signe de main et de tenter de survivre dans des conditions chaque jour plus difficiles.
Dans «le couloir» qui relie Zouératt à Nouadhibou, c’est la SNIM qui supplée à l’absence d’une administration qui a ici démissionné. Pourtant, nous sommes dans une zone frontalière où la disponibilisation de l’eau est un élément essentiel de la sécurisation du territoire. Surtout que cette année, la partie nord du Tiris-Zemmour a été arrosée. D’où la ruée des cheptels alors que les points d’eau sont rares, presqu’inexistants.

E comme EVB, «Entretien, Voirie, Bâtiment», la direction de la SNIM spécialisée dans la construction, la maintenance des bâtiments. Depuis quelques années, EVB travaille réellement pour améliorer le cadre de vie des travailleurs de la SNIM. A Zouératt cela s’est traduit par une belle organisation de l’espace, un effort considérable pour embellir les rues, les orner, les parer de panneaux de circulation, damer les trottoirs, éclairer les rues, assurer la propreté des quartiers, réhabiliter les espaces publics (parcs, maisons de spectacles…), retaper les bâtiments (habitations, bureaux…)… Ce qui donne une ville où il fait mieux de respirer. Exemple que l’on semble vouloir copier à Cansado à Nouadhibou.

F comme F’Dérick… qui se souvient encore que la ville de F’Dérick est la capitale de la région du Tiris Zemmour ? Pas même l’administration qui a fini par élire domicile à Zouératt (30 kilomètres). L’ancien Fort Gouraud n’est plus visible du bas de la Kédia qui s’étende d’ici sur plus de 50 km vers Zouératt et au-delà. Ne subsiste de la ville que des constructions en banco qui donnent l’impression de recevoir bon an mal an une pluviométrie importante. Alors que le délabrement n’est que l’expression des flétrissures du temps. Depuis la fin de l’exploitation de ce côté de la montagne (Kédia), F’Dérick a perdu sa superbe. Mais l’aura des saints qui y sont enterrés peut-elle lui rendre ceux qui l’ont désertée ? Peut-être…

Avec les espoirs nourris de trouver du minerai riche encore enfoui dans la pierre, on envisage désormais de rouvrir la mine fermée en 1982 pour des raisons de sécurité et d’économie : l’exploitation de la mine devenait dangereuse parce qu’elle demandait d’aller encore plus loin dans les parois tout en coûtant de plus en plus cher. Les essais lancés à partir de 2005 ont conclu à l’existence d’une réserve qui pourrait donner entre 20 et 30 millions de tonnes de minerais riches. Ce qui justifie la réhabilitation de l’ancienne manutention et le retour de l’activité sur ce côté de la Kédia.

Non loin de là, les guelbs où s’est engagée la multinationale XSTRATA, El Aouj. La perspective de cet engagement amène déjà la société à faire du social dans la ville non loin de laquelle elle envisage de construire une base de vie. En effet, XSTRATA y a construit un centre de santé dont l’équipement a été financé par la Fondation SNIM.


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G comme Guelbs… C’est d’un pluriel qu’il s’agit, même si le mot désigne, dans l’entendement local, Guelb El Gheyn où l’exploitation du minerai pauvre a été envisagée comme une solution de rechange pendant quelques temps. Elle est toujours d’actualité même si l’usine construite au milieu des années 80 n’a jamais tourné comme il faut. La SNIM, loin de se décourager, a lancé le grand Projet Guelb II. Son directeur n’est autre que Mohamed Ould Kreikid qui a dirigé le Guel I.

Le Guel II, nous explique son directeur, est une reprise du premier projet avec le souci de ne pas commettre les mêmes erreurs et de mettre toutes les chances de son côté pour arriver à une teneur de 66% au lieu des 37% naturels. Le procédé d’enrichissement utilise l’eau et donne un produit connu sous son label commercial de GMAB qui désigne le «concentré du Guelb». Comme pour le Guelb I, il s’agit de construire une usine pour l’enrichissement qui va produire 4 millions de tonnes supplémentaires et qui va donner sa première tonne en janvier 2014. Ce qui a demandé à la SNIM de mobiliser de nouveaux engins miniers (pelles, camions…), de procéder à l’extension du chemin de fer et de construire une nouvelle centrale électrique. Tout ce qui se rapporte aux matériels de l’usine est déjà sur place et doit être monté par une société espagnole qui fait travailler déjà environ 500 personnes sur le millier d’emplois prévus. Sur les travailleurs présents aujourd’hui, on compte 100 Espagnols environ et une cinquantaine de Marocains, tout le reste est mauritanien. Le projet Guelb II demande le recrutement de 700 personnes dont 500 sont soit effectivement engagés soit en formation. Et pour assurer la qualité des montages et des matériels, c’est un bureau international qui se charge de suivre le montage du projet. Parce que l’ancienne usine a souffert de la pollution de son environnement, la nouvelle va utiliser 62 dépoussiéreuses pour alléger les effets négatifs sur l’environnement et les hommes.


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H comme hématite… C’est la matière – on va dire ça comme ça – la plus recherchée par les géologues de la SNIM. Sur le site de la société, voilà comment est présentée l’hématite : «Les gisements d’hématite sont localisés principalement au niveau de la Kédia d’Ijill et de M’Hawdatt. La Kédia d’Ijill est un massif montagneux s’étalant sur une trentaine de kilomètres dans les environs de Zouérate. Elle a été le centre de l’exploitation minière au début des années soixante. M’Hawdatt est un chaînon de 14 kilomètres situé à 60 kilomètres de Zouérate. Il a été découvert à la fin des années 80. Les principaux gisements d’hématite actuellement en exploitation sont le TO 14 (Kédia) et M’Hawdatt. Ils fournissent 60% de la production totale de la SNIM. D’autres petites mines satellites, le long de la Kédia, fournissent une production d’appointement en cas de besoin».
En termes profanes, nous dirons qu’il s’agit du minerai riche qui est exploité dans la Kédia depuis le début, puis à M’Hawdatt depuis quelques années. On espère en trouver encore dans le sous-sol des fosses de Tazdit (avec les Chinois de MINMETALS), au niveau de F’Dérick et un peu partout.

H comme hôtellerie… C’est la SOMASERT qui s’occupe de ce secteur. Ses hôtels s’appellent Oasian. Un à Nouadhibou avec une capacité de 40 chambres dont 4 suites. Toujours à Nouadhibou, le projet en cours de réalisation d’un «célibatrium», complexe de 36 studios avec balcons, entièrement équipés pour permettre l’indépendance de leurs occupants. A Zouératt, l’hôtel dispose de 40 chambres et d’un complexe indépendant avec 12 suites et 4 bungalows. Depuis 2011, les capacités de l’hôtellerie de la SOMASERT tournent à 95%. Le service s’est qualitativement amélioré. La société est sollicitée pour les bases de vie des sociétés opérant dans la région de Zouératt et répond parfaitement aux attentes de sa clientèle.

I comme Imishikline, deux ensembles qui affleurent à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Zouératt : Imishikil Lakhdhar et Imishikil Labyadh, le premier pour la dominance de la pierre dans son relief, le second pour le sable blanc qui le recouvre. Les deux ensembles sont englobés dans un permis octroyé au géant XSTRATA qui a choisi de donner au projet d’exploitation le nom d’un troisième pic situé plus loin, cependant visible d’ici. Il s’agit d’Askaaf qui sonne plus simple pour les étrangers, plus poétique pour les nationaux.

Après avoir monté un projet commun avec la SNIM pour El Aouj, XSTRATA semble opter pour le démarrage de ce projet d’Askaaf où elle est seule. L’engouement de la multinationale est largement justifié par les soupçons d’existence d’importantes réserves de minerais riches. Elle entend donc dicter sa volonté aux autorités mauritaniennes. D’abord en les obligeant à l’autoriser à utiliser l’eau des nappes environnantes pour exploiter le minerai, ensuite à lancer le projet où elle est seul avant celui de la joint-venture avec la SNIM. La pression est énorme sur un petit pays comme la Mauritanie qui se voit menacé par le départ du géant si ses doléances ne sont pas satisfaites.

J comme joint-venture… justement, le joint-venture le plus élaboré est celui qui lie la SNIM à XSTRATA pour l’exploitation de la mine d’El Aouj. Quand on va sur le site de la SNIM, on découvre que le projet El Aouj a été signé le 25 octobre 2010 avec l’entreprise australienne SPHERE Investments Ltd. Qu’il visait à «développer les gisements de magnétite (voir plus loin, ndlr) du Guelb El Aouj (…) dont les réserves sont estimées à plus de 500 millions de tonnes». Que le projet permettra de produire «7 millions de tonnes de petites pellets de haute qualité». Enfin que le financement est de l’ordre de 2,5 milliards dollars.
XSTRATA a racheté SPHERE et reconduit le projet en abandonnant petit-à-petit la production des pellets. Elle veut juste enrichir le minerai et produire du concentré. Même pour cela, elle pose deux conditions : la possibilité d’utiliser les réserves d’eau existant à proximité, ce qui implique le «détournement» d’une eau de qualité vers une utilisation industrielle dans un univers où cette denrée manque cruellement aux êtres vivants (hommes, animaux, végétation…) ; la deuxième condition est la fixation préalable de conditions «acceptables» pour le transport du minerai. Si la pression politique est forte, la SNIM risque de plier sans condition sous la puissance de la multinationale.

Une seconde joint-venture lit la SNIM à MINMETALS de Chine. Après d’âpres négociations, la partie chinoise a accepté de créer une société avec la SNIM qui détient 65% de son capital. Il s’agit de la Tazadit Underground Mine (voir, notre précédente édition). C’est l’occasion pour la SNIM de s’approprier la technologie et le savoir-faire en matière d’exploitation souterraine du minerai. Les Chinois sont attendus en juin prochain.

Avec ARCELOR-MITTAL, c’est le projet autour de Le’gaareb, une série de guelbs au nord-ouest de Zouératt qui a été développé. Après avoir essayé d’acheter la SNIM, le géant indien a accepté de lancer ce projet avec la société nationale. Sans grande conviction visiblement : il met beaucoup de temps à réaliser les études de préfaisabilité. Ce qui fait espérer à tous ceux qui aiment la SNIM, le départ de l’indien qui a de graves problèmes sur d’autres théâtres.

Le plus prometteur de tous les projets communs est celui qui vient d’être signé entre la SNIM et des opérateurs saoudiens. Il s’agit de relancer le projet de production de pellets cette fois-ci à guelb Atoumaay.


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K comme Kédia… El Kedya, La Kédia… vous n’avez pas besoin de préciser pour un Mauritanien pour savoir qu’il s’agit de la Kédia d’Ijill, là où culmine la Mauritanie à 910 m d’altitude. C’est ici que s’est implantée la société Mines de Fer de Mauritanie (MIFERMA) qui a exploité les minerais durant les douze premières années de l’indépendance. Cette Kédia est longue d’une quarantaine de kilomètres. Son accès a toujours été difficile avant son exploitation. Elle a inspiré quand même des poètes. Surtout sa guelta. Les experts nous disent que là où se trouve le minerai riche, on trouve toujours de l’eau douce, plus le minerai est pauvre, plus l’eau qui se trouve dans les environs est saumâtre.

L comme Le’gaareb qui fait l’objet d’un accord entre la SNIM et MITTAL. Il fait partie des ensembles de guelbs situés au nord-ouest de Zouératt. On parle des «guelbs de l’est», de ceux de l’ouest, du nord et du sud. Guel El Gheyn qui est le leader d’un groupe déjà exploité. El Aouj qui forme un rassemblement de quelques pitons. Atoumaye, Kediet Leghnem, Guelb El ‘Abd, Aamkhawal, Tizirghane, Oum Aarwagen, Boudarga, Tentekraat… autant de noms que vous allez entendre et qu’on essayera de vous faire voir de là où vous êtes et où la promesse de trouver «quelque chose» est forte. Encore faut-il que la SNIM continue à mettre la main dessus…

M comme magnétite qui est à l’opposé de l’hématite, peu riche en fer (37%). Voici ce qu’en écrit le site de la SNIM : «Guel El Gheyn, le seul gisement de magnétite en exploitation à l’heure actuelle, renferme plusieurs centaines de millions de tonnes de réserves prouvées. La teneur moyenne en fer des magnétites SNIM est de l’ordre de 37%. Ils sont actuellement enrichis par séparation magnétique à sec pour donner un concentré tirant à 65% Fe. L’Usine des Guelbs où sont traités ces minerais dispose d’une capacité annuelle de 5 millions de tonnes (?). L’exploitation de tous les gisements de la SNIM se fait à ciel ouvert, avec des gradins de 12 m (Kédia et M’Hawdatt) et 15 m (El Gheyn). Toutes les opérations minières sont effectuées par la SNIM elle-même : recherche, optimisation des fosses, terrassement, chargement navire, roulage, foration, tir à l’explosif, transport ferroviaire, maintenance, etc.»

N comme nationalisation… Un tournant dans l’histoire récente du pays : le 28 novembre 1974, le Président Mokhtar Ould Daddah annonce la décision de nationaliser la société MIFERMA. La décision de confier la gestion à la SNIM suit immédiatement. Aujourd’hui, les officiels préfèrent parler du «rachat» de la part des actions de la MIFERMA par l’Etat mauritanien et du «transfert de ses actifs» au profit de la SNIM. A l’époque, c’était «la nationalisation de la MIFERMA» qui était destinée à compléter le mouvement d’émancipation de la Mauritanie vis-à-vis de la tutelle française.

Trois moments dans ce processus d’indépendance : la révision des Accords militaires avec la France en 1972 qui renforçait l’indépendance politique ; l’arabisation du système éducatif dont on voulait faire la base de l’indépendance culturelle ; la création de la monnaie nationale puis la nationalisation des richesses, de la MIFERMA notamment, qui devait servir à renforcer l’indépendance économique pour permettre au pays de soutenir ses efforts par lui-même.

C’est en 1935 que le gisement de la Kédia d’Ijill a été reconnu et seulement en 1963 que son exploitation a démarré. En 1978, le capital de la SNIM est ouvert aux capitaux étrangers et la société change de statut pour devenir une «Société d’économie mixte» (SEM) : 78,35% à l’Etat mauritanien, 7,17% reviennent à l’IBK, institution financière du Koweït, 5,66% à ARMICO, 4,59% à Irak Fund, 2,30% à ONYHM (Maroc), &,79% à la Banque Islamique de Développement, et 0,14% aux privés mauritaniens.
En 2008, le gouvernement de Sidi Ould Cheikh Abdallahi a failli procéder à la vente des actions de l’Etat mauritanien et c’est le géant de l’aciérie MITTAL qui se proposait de les acheter. Cela avait soulevé un tollé général car la relation avec la SNIM est autre que celle d’une simple entreprise «nationale»…

O comme Oum Greyn qui a donné la ville de Bir Oum Greyn, département de la région, le plus loin au nord, le moins habité en temps normal… Parce que cet hivernage qui n’a pas été bon partout dans le Tiris et l’Adrar, a été plutôt clément dans les environs de Bir Oum Greyn. Ce qui attire tous les pasteurs des régions nord, d’autant plus que les pâturages d’ici sont réputés très bons pour les bêtes et les hommes. Un problème cependant : celui de l’eau. Même si dans la ville deux potences ont été mises en place par la Fondation SNIM pour permettre l’alimentation en eau potable de la ville. Une potence pour remplir les citernes, une deuxième pour les charrettes. Le cheptel manque d’eau à cause de la rareté des points d’eau.


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P comme port minéralier. Situé à 700 kilomètres des lieux de production, le port minéralier de la SNIM a été construit dans la Baie du Lévrier, à côté du «Point Central», là où tout se passe pour la société. Ce port peut recevoir des bateaux de 150.000 tonnes, sans besoin de remorqueurs. Jusqu’à présent les dragages périodiques suffisent à l’entretenir. Il est servi par une usine de traitement qui opère les derniers calibrages avant l’exportation qui fait jusqu’à 8 millions de tonnes par an. On y trouve aussi un culbuteur qui fait en moyenne 4000t/heure, un circuit de convoyage et de stockage, des aires de stockage qui peuvent contenir jusqu’à 2 millions de tonnes de minerais prêts à être exportés. Les bateaux qui accostent sont chargés à partir d’un shiploader ayant une capacité de 5000 tonnes/heures.

Q comme qualité… Il y a quelques années, on ne parlait à la SNIM que de «Qualité totale», un concept «révolutionnaire» qui avait permis à l’entreprise de s’offrir plusieurs certifications aux normes internationales de l’activité minière. Il en est resté cette phobie des gaspillages et cette passion pour le «zéro perte». Partout où vous allez, des panneaux vous rappellent que la conscience du travail bien fait, que la passion pour ce qu’on fait, que le souci de ne pas polluer son environnement, de participer à l’amélioration des conditions de travail et des performances de la société, que le respect de l’ordre, des priorités et des deadlines, que tout cela participe à la réalisation de la qualité totale.

Sur le site, on nous apprend que «le contrôle de la qualité à la SNIM s'effectue sur toute la chaîne de production : Trous d’abattage, Stockage Usines à Zouerate, Trains minéraliers, Stocks usine à Nouadhibou, Chargement navires». On nous dit aussi que «les échantillons prélevés sont analysés au niveau du laboratoire central de Zouerate, doté de deux appareils modernes d’analyse par Fluorescence X». Et que «le laboratoire de Nouadhibou permet notamment de suivre en temps réel les teneurs des cargaisons en cours de chargement au niveau du port».

R comme ressources humaines. Le premier employeur du pays après l’Etat, compte près de 5000 employés aujourd’hui avec les derniers recrutements. Il sera probablement à 6000 à la réalisation du Projet Guelb II et plus à la réalisation des autres projets d’exploitation. Parce que la relève est au cœur des problèmes qui se posent à l’entreprise, la SNIM a privilégié la formation moyenne et supérieure. Et comme pour agir sur le plan national, la SNIM octroie annuellement des bourses aux bacheliers se proposant d’aller faire une formation technique supérieure. Mais tous ces efforts ne permettent pas encore d’envisager sereinement l’avenir. L’on nous dit déjà qu’il y a de moins en moins de formations qualifiées. «Au niveau de la maîtrise moyenne et supérieure, il y a beaucoup de départs, alors que les arrivants demandent plus de temps pour adapter leur enseignement théorique et capitaliser l’expérience de leurs ainés». Tout l’appareil d’encadrement de la SNIM est formel : la formation du personnel et son utilisation constitueront un blocage très bientôt.


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S comme Sahara… c’est tout près d’ici et même si les armes se sont tues depuis longtemps, le problème continue de peser sur l’entreprise et sur son environnement sociopolitique et sécuritaire. Il est facile de traverser la frontière sans s’en rendre compte. Le chemin de fer, en contournant le massif de l’Adrar est déjà dans le Sahara. Dans le temps, on avait creusé un tunnel dans cette montagne pour permettre le passage du train en terre mauritanienne. Quand la Mauritanie a annexé «sa» partie saharienne, on a abandonné le tunnel. Mais c’est une situation qui ne peut durer et qui sera posé dès que les protagonistes dans cette affaire auront à régler concrètement la question. C’est comme pour Lagweira qui est un bout de ce territoire qui se trouve en nous. Tout au long du «couloir» et de nos frontières, l’on voit les installations marocaines de surveillance sur le fameux mur de protection du «Sahara utile». De grandes antennes s’offrent aux regards des passants qui peuvent en certains lieux profiter des réseaux téléphoniques du Maroc. Même en temps de paix, c’est une zone de haute sécurité difficile à contrôler et à stabiliser. Cette tension qui persiste a créé une précarité qui oblige les populations – toujours victimes de ces situations – à développer des moyens de survie en bravant souvent les interdits. L’économie de guerre qui s’est greffé sur ce qui reste du conflit du Sahara, s’est organisée autour du trafic des denrées alimentaires qui sont moins chères à Zouératt qu’à Nouakchott par exemple. Il y a quelques années encore, c’était le trafic de cigarettes et d’armes qui avait infesté la région. Depuis trois ans, l’Armée mauritanienne a repris le contrôle de cette partie du territoire et y impose une zone militaire sécurisée. Du coup, le marché du crime a déserté les lieux. Aujourd’hui, des unités de l’Armée sillonnent tous les espaces «ouvrant» sur les immensités que constituent les espaces sahariens à la frontière avec l’Algérie et le Mali. Quelques bases ont été installées à Aïn Bentili, Chegatt, Lemghayti… la plus importante d’entre elle est celle de Lemreye qui doit pouvoir recevoir des avions de grands calibres.

T comme Tazadit, c’est simple : tout T prononcé à Zouératt renvoie forcément à la partie de la montagne qui s’appelle Tazadit. T dans T1-2-3-4-5-6 désigne la fosse qui a été exploitée depuis le début et qui contient le minerai riche. Aujourd’hui, la société exploite de nouveau quelques poches dans Tazadit. Elle lance TUM (Tazadit underground mines) avec les Chinois de MINMETTALS (voir plus haut). Mais le moins connu des acronymes liés à Tazadit est le TZFC…

TZFC, ne cherchez pas à déchiffrer. Retenez tout simplement qu’il s’agit d’un «produit SNIM», c’est-à-dire que cette qualité de produit a été développée par l’entreprise nationale qui a trouvé ici le moyen de régler plusieurs problèmes. Mais avant de dire lesquels sachez qu’il s’agit d’un mélange de différents minerais : une proportion de minerai riche+du mixte+du concentré+le phosphoreux pour avoir le TZFC très prisé aujourd’hui sur le marché mondial, notamment pour sa teneur à 62% de fer.

Avec les petites quantités de minerai riche à exploiter, la SNIM ne pouvait pas supporter des exploitations sur des mines qui donnaient peu. En face, il y avait par contre des centaines de millions de tonnes de minerai ayant une haute teneur en phosphore, ce qui accentue l’acidité et diminue considérablement la qualité au moment de l’utilisation dans les hauts-fourneaux. En 2008, le gouvernement de l’époque avait trouvé une formule avec les Chinois de MINMETALS – encore eux. Ils achetaient le produit avec une forte décote qui faisait perdre à la SNIM l’occasion de gagner plus et mieux de son produit. Puis, la recherche et le département commercial de Paris ont trouvé l’astuce : il fallait mélanger le produit et créer une nouvelle gamme, cela a marché. Même très bien parce que la production a rapidement évolué : de 200.000 tonnes en 2009, on est passé à 3,9 millions de tonnes en 2010, puis à 6,8 millions tonnes en 2011, pour finir en 2012 à 7,4 millions tonnes.


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U comme Usines… Il y en a plusieurs. Celle qui est installée au Point Central dans l’aire du port minéralier et dont le rôle est de calibrer le minerai pour répondre à la demande des hauts-fourneaux (0,1 mm). Celle qui est fonctionnelle depuis 1984 au Guel el Gheyn, non loin de Zouératt et qui permet d’exploiter et d’enrichir de grandes quantités de minerai. La deuxième qui usine du Projet Guelb II est en construction. Elle jouera le même rôle que la première. De 40 à 60 millions de tonnes de stériles sont traités aujourd’hui. La deuxième usine va mobiliser 6 pelles supplémentaires et près de 40 camions de 200 tonnes pour pouvoir traiter dans les 62 millions de terrassements par an. Les deux usines doivent produire environ 9 millions de tonnes de concentrés dans les deux ans à venir. Ce sera leur part dans les prévisions concernant 18 millions de tonnes à l’orée de 218. Reste à dire que le plus cher dans ces usines, c’est bien le broyeur qui demande le plus d’investissements. Dans le cas du Guelb II, il n’a pas été difficile de convaincre les bailleurs traditionnels de la SNIM et les banques commerciales pour les engager à ses côtés.

V comme vision… Le mot-clé de la stratégie développée par la SNIM pour la décennie à venir est bien le mot «vision». Elle s’articule autour d’un programme de huit axes : 1. Recherche géologique ; 2. Augmentation de la production ; 3. Efficacité opérationnelle ; 4. Promotion des compétences ; 5. Positionnement sur le marché ; 6. Développement du partenariat ; 7. Développement durable ; 8. Cadre de vie et intégration à l’économie nationale.

La philosophie d’un tel programme découle de la nécessité d’avoir «une stratégie industrielle contrôlée», selon les termes des hauts cadres de la société. La stratégie part d’un diagnostic qui permet d’envisager de compter parmi les cinq premiers exportateurs de fer dans le monde. Pour ce faire, deux impératifs : ne pas perdre de temps et trouver obligatoirement le minerai de qualité. Les tergiversations ou la non réalisation des objectifs de production peuvent fatalement entrainer la fin de l’entreprise. Rien que «l’efficacité opérationnelle» développée en prélude de la réalisation des grands travaux, rien qu’elle peut déjà faire gagner dans l’ordre de 20% à la production. Il s’agit, à partir de la réorganisation, en vue de les améliorer, des méthodes de travail, d’avoir un résultat meilleur et un niveau de production supérieur à celui qu’on avait. Elimination de tous les «petits gaspillages», standardisation du travail, pérennisation du processus… ce sont là quelques-uns de piliers de la «transformation opérationnelle» mise en œuvre par la SNIM avec le concours d’un cabinet international. Tout cela pour atteindre le chiffre des 40 millions de tonnes à exporter par an pour un coût de production inférieur à 40 dollars la tonne.

W comme wagon… «elwiig» pour le pluriel, «el waaga» pour le singulier… c’est comme ça qu’on appelle les wagons du train localement. Le chemin de fer est l’artère autour de laquelle s’organise la vie dans un couloir long de 700 km environ. Une voie unique où se trouve quelques évitements, aujourd’hui une dizaine, bientôt plus dans la perspective de l’augmentation du trafic grâce à l’augmentation de la production. Il y a six trains réguliers qui passent quotidiennement : trois vides qui remontent vers Zouératt (V3, V5, V9) et trois chargés de mines (M2, M4 et M6). Il y en aura beaucoup plus dans les années à venir. On comprend mal que la SNIM qui a lancé le marché de réalisation de nouveaux évitements, a confié le suivi du travail à quelqu’un qui n’a aucune expérience en matière de transport ferroviaire. Jusque-là les dizaines de wagons du «train le plus long du monde» étaient tractés par 3 à 4 locomotives de 3.300 CV. Aujourd’hui, la SNIM a acquis de nouvelles locomotives dont une seule suffit à tracter ce poids qui peut dépasser 22.000 tonnes. L’une d’elles peut remorquer, à son démarrage, une rame de 86 wagons de 120 tonnes.


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X comme XSTRATA… le géant suisse n’était pas réputé pour ses activités dans le fer, mais plutôt le cuivre, le charbon, le zinc, le chrome, l’or… Son arrivée en Mauritanie après son rachat de l’actif de SPHERE, a été célébrée comme un grand signe d’encouragement de la part des investisseurs. Aujourd’hui, si vous lancez le XSTRATA dans un moteur de recherches comme Google, dans les dix premières pages, vous ne trouverez pas trace de sa présence en Mauritanie tellement l’investissement qu’il injecte est insignifiant pour lui. C’est en milliards de dollars que l’on chiffre ici et que l’on parle.

La société qui a été dénoncée en Amérique latine pour le non respect de l’environnement, est accusée, avec GLENCORE qui est en train de l’absorber, d’avoir rasé tout un village en Colombie pour s’ouvrir la voie de l’exploitation d’une mine de charbon. C’est dire combien de tels géants sont dangereux pour des petits pays comme le nôtre qui ne peuvent tenir devant leur diktat. Surtout que depuis la fin d’année 2012, la fusion de GLENCORE et de XSTRATA a donné naissance au premier groupe minier du Monde, avec 64 milliards dollars de capitalisation et 130.000 employés répartis sur quarante pays. Cette société va assurer 40% de la production de zinc en Europe et aura en charge 75% de son négoce. En réponse à un journaliste suisse qui lui aurait posé la question de savoir pourquoi tant de gigantisme, le patron de la société, le nommé Ivan Glasenberg, aurait répondu : «Profits, profits, profits, profits». Cela en dit long sur ce qui nous attend.

Y comme Yaghraf… Rien à voir avec la SNIM ou son environnement immédiat, sauf que c’est un village qu’on traverse quand on veut aller à Zouératt. C’est à partir d’ici qu’on quitte la route goudronnée qui relie Akjoujt à Atar pour foncer vers Choum, puis faire cap sur la ville minière du Nord. Yaghraf mérite l’intérêt de la Fondation SNIM. Surtout qu’il ya une population laborieuse et forte. Bon an mal an, des cultures sont pratiquées dans la plaine de Yaghraf. Les populations ont trouvé l’astuce de construire des réserves de pâturages pour les animaux. Et quand on y passe, on est frappé par on ne sait quel air de détermination à s’accrocher à une terre qui ne fait rien pour être aimée et qui est pourtant attachante.

Z comme Zemmour qui, couplé avec Tiris donne la région du Tiris-Zemmour dont la capitale est F’Dérick. J’ai fait appel à Wikipedia qui dit : «Le Tiris Zemmour est une vaste étendue désertique soumis aux alizés puisqu'il est traversé par le tropique du Cancer. La piste impériale relie Choum à Bir Moghreïn en passant par F'Derick. Le paysage est monotone, plat, relevé de dunes de sables et de quelques montagnes de faible altitude. La température y est élevée avec une humidité relative proche de zéro. La pluie est anecdotique mais maintien le remplissage des gueltas. En 1973, trois jours de pluie ininterrompue ont fait reverdir le désert (la Normandie selon les français présents à Zouérate). En tombant trop au nord, elle a provoqué des migrations des troupeaux du sud ; la végétation se raréfiant à nouveau rapidement, a entraîné la mort de nombreux animaux.
Les ressources minérales sont principalement des salines (Sebkhra d'Idjill), et les mines de fer de la Kédia d'Idjil ou des guelbs à magnétite.

La végétation, rare, se compose de "fech-fech", une herbe, d'acacias gommiers ou épineux et de tamaris.
La faune est assez varié : gazelles, fennec, chacal, gerboise, souris, outarde, corbeau, vipère à cornes, gecko et lézard, bousiers, scorpion, tarentule, mouches, grillon, blatte. Et pas de moustiques ! Lors des pluies, de curieux petits animaux préhistoriques ressemblant à des limules, sortent de terre pour nager dans les flaques. On dit qu'il y aurait des grands Koudous (on trouve des cornes) et des autruches (on trouve des coquilles de leurs œufs). En 1965, des cigognes en migration se sont reposées à Zouérate. Dans les années 1970, des vols de criquet pèlerin ont perturbé la cité.

Le sud du Tiris Zemmour est encore traversé par des caravanes de dromadaires. Les troupeaux de moutons et de chèvres ne sont pas rares. Leur aliment reste le carton et le papier ! L'âne est l'animal de bât par excellence».

De notre envoyé spécial
Ould Oumeïr (La Tribune)




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Noorinfo


              

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