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Rosso : Enjeux de la nouvelle ville


Société
Dimanche 30 Décembre 2012 - 10:55

La ville de Rosso offre aujourd’hui aux visiteurs le visage d’une ville qui lutte pour sa survie. Ville frontalière avec le Sénégal, " Legwareb " (les bateaux), nom que les Rossossois donnent sans hésiter à leur ville, n’est plus le plus important point de transit du fret et des passagers, quand la ville était alors la porte de la Mauritanie sur l’Afrique subsaharienne (Cote d’Ivoire, Guinée, Burkina Faso, Gambie, etc). Depuis les évènements d’avril 89, elle a perdu de son aura de ville-frontière, de carrefour d’échanges commerciaux, culturels et sociaux au profit de l’axe Bamako-Néma par lequel entre maintenant la plupart des marchandises importées (produits alimentaires et matériaux de construction).


L'Institut Supérieur d'Enseignement Téchnologique de Rosso, un des symboles du nouveau souffle que les autorités veulent instiller à Rosso
L'Institut Supérieur d'Enseignement Téchnologique de Rosso, un des symboles du nouveau souffle que les autorités veulent instiller à Rosso
Cet aspect de la perte de vitesse de la ville de Rosso dû à l’émergence d’autres axes de contact et d’échanges (Rabat-Nouakchott, Bamako-Nouakchott) est rendu plus complexe aujourd’hui par les crises intermittentes du transport entre la Mauritanie et le Sénégal.

La dernière en date a conduit les autorités de Nouakchott à demander aux camionneurs sénégalais à ne plus " dépasser la frontière " et à laisser le soin à leurs homologues mauritaniens d’acheminer la cargaison jusqu’à la Capitale. Bien évidemment, la réciproque est appliquée de l’autre côté de la rive. Si Rosso n’a pu conserver son statut privilégié de ville commerçante, elle peine également à devenir un pôle de production agricole. Les milliards de capitaux publics et privés investis depuis le milieu des années 80 du siècle dernier n’ont pas réussi à stopper la lente dégénérescence de la vie économique dans cette ville sur laquelle s’abattent aussi, de temps en temps, les catastrophes naturelles.

Les dernières inondations ont poussé les autorités à vouloir trouver une solution radicale à cette question. Déplacer les quartiers à risques à 7 kilomètres sur l’axe Nouakchott-Rosso. Des aménagements faits dans ce sens (terrassement, traçage des voies urbaines, réseaux d’eau et d’électricité) ne semblent pas avoir convaincu les populations de la nécessité de quitter les lieux.

D’aucuns pensent que le projet de " nouvelle ville " n’est qu’une manière de décongestionner un espace urbain (Sattara) où l’Etat a entrepris la réalisation de goudron et de caniveaux pour l’évacuation des eaux. Les nouvelles infrastructures créent de nouvelles conditions urbanistiques qui font grimper le prix du mètre carré et font leurs premières victimes au sein de la communauté des pauvres. Tel cet homme qui a vendu son terrain, peu avant la construction de l’un des goudrons de Sattara, à 1.000 000 d’ouguiyas et qui a vu le même terrain revendu plus tard à 8 millions d’UM ! C’est dire que le nouveau plan d’urbanisme de la ville de Rosso n’est pas vu seulement comme un programme d’habitat social à l’image de ce qui a été réalisé à Nouakchott et à Nouadhibou, mais comme une opportunité de réoccuper l’espace.

Un espace où les aménagements agricoles comptent de plus en plus comme la future grande activité de la ville mais aussi ce qui pourrait être son tendon d’Achille : L’espace urbain créé près des aménagements agricoles fera l’objet d’une rude bataille pour l’occupation des places stratégiques (carrefours, proximité des commerces, etc) qui, dit-on, dans la ville, a déjà commencé.

Sneiba
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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