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Réunion des Etats-majors africains à Abuja : La Mauritanie dans le tourbillon nord-malien ?


Actualité
Mardi 13 Novembre 2012 - 11:18

Les pays membres de la CEDEAO (communauté des états de l’Afrique de l’ouest) auraient décidé, vendredi dernier à Abuja (Nigéria), d’associer d’autres pays comme la Mauritanie, l’Afrique du Sud, le Maroc, la Libye, l’Algérie et le Tchad, à libération du Nord Mali tombé depuis plus de sept mois aux mains de groupes dits terroristes. Ainsi, au lieu de 3.200 hommes comme précédemment arrêté, les stratèges militaires comptent engager une force de 5.500 soldats. La Mauritanie qui était réticente à s’engager sur le terrain des opérations, semble ainsi avoir changé d’avis. Une nouvelle occasion de donner le flanc à l’opposition alors que le pays vit une situation politique et institutionnelle incertaine.


Les chefs d'état-major ouest-africains réunis mardi 6 novembre à Bamako.
Les chefs d'état-major ouest-africains réunis mardi 6 novembre à Bamako.
Selon une source ayant requis l’anonymat citée par des agences françaises de presse en marge de la réunion à huis clos des ministres des Affaires étrangères et des ministres de la Défense des pays de la CEDEAO, tenue à Abuja vendredi 9 novembre dernier, un changement de dispositif a été suggéré. Ainsi, les forces militaires de la CEDEAO qui seront déployées au Mali, devraient être renforcées par des éléments mauritaniens, sud-africains, marocains, libyens, algériens et tchadiens. C’est pourquoi, tous ces pays ont été conviés au Sommet d’Abuja qui s’est tenue hier et au cours duquel les dernières retouches ont été apportées au plan de guerre de la CEDEAO pour la libération du Nord Mali avant sa soumission au Conseil de sécurité de l’ONU.

Le Plan de guerre arrêté par les stratèges africains, épaulés notamment par des experts français et américains, portent à 5.500 hommes, l’effectif qui devra être déployé au Mali pour la reconquête du Nord, au lieu de 3.200 soldats précédemment prévus. D’où l’importance du sommet qui s’est tenu hier, samedi 10 novembre, à Abuja. Il constitue en principe l’avant-dernier top avant le compte à rebours de l’intervention armée prévue dans le Nord Mali.

Ce sommet devra permettre surtout aux gouvernants de la CEDEAO et des autres pays non membres, de débattre du plan d’intervention militaire ficelé par les Chefs d’Etat-major des armées il y a quelques jours à Bamako. Entre autres, les mécanismes et les outils détaillés de l’intervention militaire, l’appui logistique et le niveau de mobilisation des financements nécessaires pour la libération du territoire malien contrôlé par les forces djihadistes. Les hommes politiques ont exprimé leur impatience par rapport au lancement des opérations militaires.

Cependant, la participation mauritanienne à l’action militaire dans le Nord Mali suscite moult interrogations. En effet, le pays vit depuis le 13 octobre dernier une situation inédite, avec un pouvoir diffus depuis l’évacuation du président Mohamed Ould Abdel Aziz en France. Aujourd’hui, la question qui se pose avec acuité est de savoir "qui dirige la Mauritanie ?". Ould Abdel Aziz a disparu depuis plus de vingt-cinq jours, sans la moindre apparition ni signe de vie, à part une campagne "d’entretiens téléphoniques fantômes" devenue une mode chez ses partisans, avec de temps en temps des clichés non vérifiables qui tentent d’apaiser l’opinion.

En l’absence physique de Mohamed Ould Abdel Aziz ou d’une preuve irréfutable de sa capacité à gouverner à partir d’un lit d’hôpital, les Mauritaniens se demandent en effet qui peut décider à engager le pays dans la guerre ? La déclaration de guerre étant l’apanage exclusif du Parlement (Article 58 de la Constitution), et ce dernier bien qu’illégitime ne s’étant pas réuni pour se prononcer, les Mauritaniens ont le droit de savoir qui a le droit d’engager la Mauritanie dans la guerre au Nord Mali ?

Certes, le Conseil de sécurité donnera sans nul doute son feu vert à l’action envisagée par la CEDEAO pour libérer la partie malienne occupée par des groupes jugés terroristes, ce qui donnera aux opérations tout leur caractère légal sur le plan du droit international, mais est-ce une raison pour qu’au niveau de la Mauritanie, les règles de la légalité institutionnelle soient bafouées ? En l’état actuel du droit, la Mauritanie ne peut légalement s’engager dans la guerre dans le Nord Mali, comme le soutiennent certains constitutionnalistes et des juristes. Comme tout le reste, cette décision devrait faire l’objet d’un consensus politique, le seul canal disponible alors qu’aujourd’hui toutes les institutions de la République ont perdu de leur validité.

Cheikh Aïdara
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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