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Noorinfo

Retour du Taayisme : Sans avenir, une certaine jeunesse mauritanienne bêche dans le passé


Société
Dimanche 9 Décembre 2012 - 11:45

L’initiative qui vient d’être lancée par de jeunes Mauritaniens pour faire revivre l’héritage du Taayisme sonne le glas d’une crise profonde qui risque d’emporter l’existence de la Mauritanie. C’est en parti l’avis de l’ancien Envoyé Spécial des Nations Unies, l’ambassadeur Ahmedou Ould Abdallahi, dans une interview qu’il vient d’accorder à notre confrère "Essevir". En effet, la jeunesse mauritanienne, qui représente plus de 66% de la population, cherche des repères où s’accrocher, face à un horizon obstrué. Enfermée dans le cercle vicieux du chômage et prisonnière d’un univers où les antivaleurs et les chamailleries politiques servent de référence, la jeunesse crée ses propres codes où la déviance devient souvent une panacée. Analyse.


L'ancien président mauritanien, Maouiya Oul Sid'Ahmed Taya, lors d'un forum aux Nations-Unies à New York.
L'ancien président mauritanien, Maouiya Oul Sid'Ahmed Taya, lors d'un forum aux Nations-Unies à New York.
Un groupe de jeunes a pris l’initiative de faire revivre l’héritage de l’ancien président Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya (1984-2005). L’idée, explicitée au cours d’une conférence de presse organisée à ce sujet et à laquelle avait pris part un public nostalgique de ce régime, serait de recenser les prétendues réalisations de ces vingt et une années de règne sous prétexte qu’il s’agirait de faits et de gestes historiques à conserver et à restituer aux prochaines générations.

A écouter les épanchements des uns et les réminiscences des autres, à assister à certaines transes à la limite de l’illumination sur cet "âge d’or" de la Mauritanie qui ont émaillé cette rencontre avec les médias, on mesure combien la peur du présent et le vide ressenti face à un avenir sombre, peuvent susciter des retours nostalgiques au passé, même si ce passé est synonyme pour d’autres de terreur, de fantôme d’âmes assagis par l’injustice et la barbarie, de gabegie, de faux chiffres macroéconomiques, etc. Ce sentiment qui mine la jeunesse mauritanienne a été talentueusement analysé par l’ambassadeur Ahmedou Ould Abdallahi, ancien Envoyé spécial des Nations Unies, dans une interview accordée hier au périodique "Essevir".

Selon lui, aussi bien les régimes politiques qui se sont succédés à la tête du pays que l’élite intellectuelle sont responsables de la situation dramatique que vit aujourd’hui cette jeunesse. Celle-ci ne dispose pas de l’expertise ni de l’expérience des anciennes générations plus imprégnées des réalités, soulignera-t-il, ajoutant que le mal de la jeunesse mauritanienne est qu’elle a perdu toute confiance en l’avenir. Pour elle, l’horizon est un mur imperméable où viennent buter invariablement leurs plus ordinaires ambitions, décrocher un emploi, trouver un revenu stable pour vivre et faire vivre leur famille, et par delà tout, participer à la construction nationale, consolider les assises de l’Etat et réaliser le bonheur de tout un peuple. Ainsi, le mal de la jeunesse mauritanienne serait indépendant de sa volonté et relèverait de ce qu’il appellera la responsabilité collective de la société, faisant remarquer que plus de 66% de la population a moins de 30 ans et vit sans aucune perspective d’emploi.

La plupart d’entre les jeunes sont partis à l’aventure dans l’espoir de réaliser leur rêve, même au prix d’un statut d’apatride ou celui de citoyens d’ailleurs. Pour Ahmedou Ould Abdallahi, cette situation est grave et menacerait l’unité et l’avenir du pays d’une manière générale. Même Nouakchott, dira-t-il en substance, la capitale du pays, est sur le plan économique plus fragile que d’autres capitales comme Ouagadougou ou Bamako, "ne parlons même pas de Dakar, de Casablanca ou d’Alger" semble-t-il regretter.

L’amère réalité que vivent aujourd’hui les jeunes mauritaniens, selon l’ancien envoyé spécial des Nations Unies, est qu’ils sont à la recherche désespérée d’un avenir culturel, économique et social. Sans résultat. Pour Ahmedou Ould Abdallahi, cette situation est un réel danger pour notre avenir en tant qu’Etat normal où sa jeunesse ambitionne de travailler et de produire pour son pays. Il trouve dans cette recherche éperdue du filet protecteur, la source de toutes les déviations qui minent la jeunesse. Le désespoir et le mal de vivre poussent cette frange vers la conquête de nouveaux espaces d’expression et d’épanouissement qui ne sont pas forcément légaux ou moraux.

Ce qui expliquerait le basculement de beaucoup d’entre eux dans la violence, et expliquerait en partie la présence de plus en plus importante de jeunes combattants mauritaniens dans les rangs des réseaux terroristes dans le Nord Mali. D’autres partent gonfler les rangs interminables des candidats à l’émigration clandestine ou intègrent les gangs criminels de trafiquants d’armes et de drogue, s’ils ne s’inscrivent dans le banditisme urbain. Les plus malchanceux, ce que le président Mohamed Ould Abdel Aziz nomme dédaigneusement les diplômés littéraires (juristes, économistes, géographes, historiens, etc) viennent fleurir la "piraterie électronique" et tirent par sites interposés sur tout ce qui bouge. Les moins inventifs se rabattent sur des icônes désuets, comme l’ancien président Ould Taya, pour s’en servir comme épanchais ou comme trompe-la-faim.

Cheikh Aïdara
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              


1.Posté par Samba le 11/12/2012 18:08
Les 20 ans de Taya se résume en ces mots: racisme, tuerie, élimination ethnique, désordre, impunité pauvreté du pays au profit des seuls "smacides",.....
Et ceux qui veulent faire son bilan, nous vous avons à l'oeil...

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