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Retour des réfugiés/passif humanitaire : "On n'a même pas effleuré le sommet de l'iceberg"


Société
Dimanche 25 Mars 2012 - 12:06

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz préside ce 25 mars 2012 à Rosso, la cérémonie de clôture de l'opération qui a permis le rapatriement de plus de 20 000 réfugiés mauritaniens du Sénégal. Mais pour plusieurs associations de la société civile, la réconciliation demande un vrai processus consensuel. Ce qui est pour le moment très loin d'être le cas.


Retour des réfugiés/passif humanitaire : "On n'a même pas effleuré le sommet de l'iceberg"
Entre 1989 et 1991, de violents affrontements communautaires en Mauritanie ont conduit à l'expulsion de dizaines de milliers de citoyens d'origine négro-africaine vers le Sénégal et le Mali. C’est ce qu’on désigne aujourd’hui sous le terme euphémique de «passif humanitaire».

Le Collectif des veuves et des rescapés des événements de 1989, le Forum national des associations des droits de l’homme, les associations anti-esclavagistes SOS Esclave et l'initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA-Mauritanie), autant d’organisations qui ont signé ce samedi 24 mars cette Plateforme.

Pour Outouma Soumaré, président du comité de suivi de la Plateforme, malgré la clôture ce dimanche de l’opération de rapatriement des Mauritaniens du Sénégal, la question du passif humanitaire est loin d’être réglée : « certes, c' [l'opération de rapatriement, NDLR] est une solution puisque certains des réfugiés ont été identifiés et sont revenus mais il s’agit d’une solution partielle pour la simple raison que l’ensemble des réfugiés au Sénégal n’ont pas été tous identifiés faute de moyens. Selon les chiffres que nous avons, ils sont encore 15 000 à réclamer leur identification comme réfugiés mauritaniens au Sénégal, suite aux évènements de 1989. Il faut signaler qu’au Mali, les réfugiés n’ont pas été du tout identifiés ».

Pour les signataires, la réconciliation ne pourra se faire qu’après un examen de conscience national et consensuel comme l'indique Outouma Soumaré : «C’est une lutte contre l’oubli mais c’est aussi une lutte pour une véritable réconciliation nationale. Notre ambition est de prôner la mise en place d’une commission vérité, justice et réconciliation qui va avoir comme tâche, non seulement de rechercher la vérité en écoutant les victimes et les ayants droit, ainsi que les auteurs présumés, mais aussi à travers ce travail à l’échelle de tout le pays, permettre au processus du pardon de se mettre en place qui peut être spontané ou consenti après avoir pris en compte les préoccupations légitimes des victimes rescapées et des ayants droit».

Retour des réfugiés/passif humanitaire : "On n'a même pas effleuré le sommet de l'iceberg"
L'ANAIR inutile?

"Le processus de rapatriement fait l’objet de manquements qui ont été dénoncés par les associations de réfugiés et les organisations de défense des droits de l’homme" souligne Mamadou Sarr, secrétaire général du FONADH. Les rapatriés mauritaniens, une fois de retour dans leur pays, n’ont nullement bénéficié depuis 2008, pour la plupart d’entre eux, de la part des autorités politiques, d’un quelconque règlement des litiges nés des événements de 1989 et liés à leurs expulsions, à l’expropriation de leurs biens, de leurs terres de culture, de leurs bétails, de leurs habitations…

L'ANAIR est pointée du doigt. Créée dans le sillage du retour des déportés, cette structure ne serait selon les dires des associations de réfugiés contactés, qu'une institution où l'argent des déportés est utilisé à "autre chose" comme le soutient Moustapha Diop, coordonateur des associations de réfugiés. Il trouve indécent le luxe dans lequel se complaisent les fonctionnaires de cette institution, alors que les mauritaniens en état de précarité avancée dont ils sont sensés s'occuper, baignent dans le marasme financier et social, le plus complet. "Rien n'a été fait pour ceux qui sont rentrés. Rien n'est réglé. Le retour n'est qu'une première étape. Des droits doivent être restaurés" soutient péremptoire Moustapha Diop.

Et sans oublier que la question de la réintégration de nombreux fonctionnaires de l’administration, qui avaient été rejetés du corps des fonctionnaires avant d’être déportés, na pas été réglée.

Noorinfo avec RFI
Mamoudou Kane


              

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