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Respecter la vie !? Et puis quoi encore ?


Tribunes
Jeudi 16 Juillet 2015 - 13:55

Fichtre ! Je vais ici parler de choses sérieuses : respecter la vie, rien que ça ! La vie ne demande qu’à nous sourire, faudrait voir à pas l’oublier. Partons de l’idée ici que mettre fin à l’esclavage serait bien pour la vie. Ça devrait même être révolutionnaire.


Respecter la vie !? Et puis quoi encore ?
Le respect de la vie, c’est le thème de cette journée événement du 26/9 prochain et le prétexte de ces posts un peu longs qui se succèderont jusqu’à cette date. Respecter la vie, c’est accorder le droit à vivre, et non pas seulement survivre. Et ça a été cette grande avancée du fait libéral : que l’individu puisse offrir librement sa force de travail sur un marché ; mettant fin en cela à l’esclavage.
 
L’esclavage, c’est le déni de la vie, c’est dire à l’autre ‘non, tu n’as pas le droit de vivre’ – quand je dis vivre, entendez « entrer en compétition pour une retraite confortable » ! ‘Même l’espace que tu occupes et l’air que tu respires, tu vas payer pour ça’.

Parmi les arguments pour l’abolition de l’esclavage, l’économique avançait que le coût d’achat additionné aux coûts d’entretien de l’esclave représentait un total plus élevé pour le producteur qu’un système de salariat. L’abolition a donc été rationnelle, d’autant que le consommateur libéré et rémunéré offrait le potentiel de nouveaux débouchés.

Elle était aussi plus en phase avec la mécanisation, à l’époque très demandeuse de bras pas spécialement qualifiés. ‘L’esclavage c’est vieux comme le monde’. C’est sans doute ce que rétorquaient les anti-abolitionnistes, enfin les esclavagistes, les racistes, et les sans-opinions, lorsque ledit monde s’est battu pour l’abolir.

C’est vrai, notre civilisation est née avec l’esclavage, suivant en cela celles qui l’ont précédée. Les arguments éthiques se sont vraisemblablement cristallisés tandis que la concurrence du salariat poussait à la recherche de gains de productivité dans l’esclavage devenu une industrie et se traduisant par des conditions de vie intolérables.
 
L’abolition a pris du temps, les Anglais ont été les plus francs dès le départ, la Mauritanie aurait été la dernière. Entre 1835 et 1981. Il y a de mauvaises idées qui sont tenaces. On parle présentement d’esclavage moderne, dissimulé, plus ou moins maquillé : la tolérance de la société pour des conditions de vie difficiles a un curseur très mobile.

Ceux qui pratiquent aujourd’hui l’esclavage « moderne » sont officiellement des escrocs, c’est bien pratique. Et l’écran de fumée de l’industrie, indécelable, permet de ne pas trop savoir.

Enfin, le rêve américain démocratisé fait que même en payant des prix de misères, et donc des salaires de misère, on donne sa chance à quelqu’un qui, en théorie au moins, a les moyens de s’en sortir ; à lui d’être malin, et s’il ne l’est pas, on n’y est pour pas grand chose. Même le chantier du mondial du Qatar n’émeut pas beaucoup. Mais tout ça est tellement compliqué ! C’est comme les enfants soldats, qu’est-ce qu’on peut faire ?
 
Il y a encore aujourd’hui une industrie de l’esclavage dont le produit est très simple à repérer et à exclure de sa consommation ; une industrie dont on ne peut taxer les esclaves de ne pas savoir prendre leur chance – même si certains la tentent néanmoins… Je veux parler de l’esclavage des animaux non humains.

Cet esclavage est souhaité, désiré même, légal et légiféré avec la conscience que le bien-être général a bien des raisons d’être incompatible avec cette industrie de la souffrance et de la mort : des individus, vivants, sensibles, sont produits (naissent) ou sont capturés à seule fin d’être tués, ou exploités voire torturés, ou encore mis en prison à perpétuité.
 
Le dédain de l’humain pour les autres animaux, accompagné de plus ou moins d’affection, est aussi vieux comme le monde. C’est probablement la meilleure raison d’en changer. Finalement tout ce qui est vieux comme le monde : l’esclavage de l’homme par l’homme, trainer la femme par les cheveux, l’homophobie et l’excision, la guerre… Vive le changement !

Et le sentiment de certains d’entre nous que ces traditions ne sont pas le meilleur reflet de nous-même est sans doute aussi ancien. Pour ce qui est de la viande et du lait, il ne faut pas cracher dans la soupe : manger des animaux nous a sans doute aidé à évoluer, à grandir, à trouver des protéines de manière efficace.

Il existe néanmoins des peuples qui ont quasi- toujours été végétariens, et ils ne s’en portent pas plus mal. Qui plus est, force est de constater que notre régime ultra-lacto-carnée rend plutôt gras et lourd à l’heure actuelle, non ? L’obésité se répand depuis peu en Asie, avec l’adoption de plus en plus partagée du mode d’alimentation occidental.
 
Depuis que l’humanité réfléchit, elle a la triste révélation de son infinie insignifiance : non, nous ne sommes pas le centre de l’univers, la Terre n’a pas été créée pour nous, nous sommes des animaux comme les autres, nous avons même eu un parent commun avec les plantes, etc. plus nos microscopes seront précis, plus nous serons petits.

Notre culture se doit de suivre nos connaissances : la philo-génétique, l’éthologie, la biologie, la recherche médicale, l’écologie, l’éthique nous commandent d’évoluer comme espèce rationnelle en considérant que nos cousins les animaux sont des Terriens comme nous qui ont le droit de vivre sur cette planète ; et même l’économie nous y incite, car l’esclavage des animaux non humains conduit aux mêmes blocages d’innovations et de nouveaux marchés que fut celui des humains au XIXe – en particulier, l’alimentation lacto-carnée est une technologie totalement dépassée et inefficace dans notre monde contemporain,  il est plus efficace de prendre nos protéines directement dans les végétaux, c’est d’ailleurs là que les animaux condamnés à notre alimentation les trouvent.
 
Nous avons besoin, une fois encore, d’élargir notre conception de l’égalité.
 
La place des animaux dans notre culture est un choix sociétal, c’est-à-dire finalement que ce n’est pas spécialement le sien propre. En reconsidérant ce qui fonde ce choix, nous pourrions réajuster ces fondements à nos connaissances actuelles ; réévaluer notre choix. Cela nous permettra en plus de définir un point d’entrée pour un changement culturel global et concret, vers le respect de la vie.

mediapart
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