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Rentrée scolaire 2012-2013 : Déjà des problèmes


Société
Lundi 24 Septembre 2012 - 08:53

Comme chaque année, les préparatifs de la nouvelle rentrée scolaire ne se passent pas sans problèmes. La ferveur qui entoure les affectations des enseignants (professeurs du Secondaire et instituteurs) n’a d’égal que celle qui précède la sortie des résultats concours et examens de fin d’année (bac, brevet, entrée en première année des collèges). Particularité pour cette nouvelle rentrée : Les affectations, connues depuis mardi dernier, sont dénoncées par deux syndicats de professeurs, le SIPES et le SNES, comme des mesures de répréhension contre des professeurs qui se sont faits remarqués, l’année dernière, dans leur rôle d’avant-garde dans la mobilisation pour la grève.


Rentrée scolaire 2012-2013 : Déjà des problèmes
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Selon le Syndicat indépendant des professeurs du secondaire (SIPES) et le Syndicat national de l’enseignement secondaire (SNES), plus de 120 professeurs ont été victimes de ces affectations qui ne sont rien d’autre qu’une sorte de " punition " ou de tentative de chantage que le ministère d’Etat chargé de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique cherche à exercer sur ces " meneurs " de grève dans la perspective de les amener à de meilleurs sentiments.

Un fait qui s’explique par le fait qu’en mettant un terme à leurs manifestations l’année dernière, pour permettre l’organisation des concours et examens nationaux dans de bonnes conditions, les professeurs avaient promis de reprendre leur mouvement de protestation à la prochaine rentrée. C’est dans ce cadre que l’on peut imaginer que le Ministère a voulu prendre les devants et "éparpiller " ce Directoire de la grève en envoyant ses membres dans des établissements secondaires hors de Nouakchott et des grands centres urbains qui sont les plus prompts à répondre favorablement aux appels à la grève, étant les plus confrontés aux difficultés inhérentes à la vie moderne (logement, transport, eau, électricité, enseignement dans les établissements privés, etc).

Et même si le ministère d’Etat chargé de l’Education se défend d’avoir usé de son plein pouvoir pour sévir contre les " meneurs " de grève - qu’il aurait également privés de la correction du bac et du brevet l’année dernière - il est évident que la polémique que suscite les affectations de cette année donne un avant-goût de ce que sera le bras de fer entre les professeurs et leur tutelle. L’année qui s’annonce est donc prédisposée à troubles qui risquent d’être plus intenses et plus étalés sur l’année, dont le début pourrait même troubler la quiétude du ministre d’Etat, Ould Bahiya, et du ministre délégué en charge du Secondaire, Oumar Ould Matalla.

Les hostilités sont ouvertes

Alors qu’on est encore en vacances (pour une semaine encore), les syndicats ont choisi de répondre à cette ouverture des hostilités de la part des responsables de l’éducation nationale, en fustigeant, dans un communiqué conjoint, ce mouvement des professeurs qu’ils qualifient de " mesure inique " et de provocation. Elle ne serait donc rien d’autre qu’un acte de répréhension dont l’objectif est de mettre la pression sur des professeurs pour qu’ils renoncent à leur volonté de continuer à narguer un super ministère dont le patron a les pleins pouvoirs pour mener les réformes nécessaires. Sauf si le blâme dont parlent certains médias lors de la visite du chantier d’extension de l’Université de Nouakchott, à cause du retard pris par les travaux, peut faire changer d’avis à Ould Abdel Aziz pour chercher un homme plus consensuel à placer à la tête de ce ministère à problèmes.

C’est dire que Ould Bahiya, qui a jusque-là relativement bien manœuvré pour maintenir le cap des réformes telles que pensées par Ould Abdel Aziz (priorité donnée à l’enseignement des sciences et techniques, réhabilitation des infrastructures scolaires et universitaires, valorisation des ressources humaines) dit éviter, à tout prix, que la nouvelle année scolaire s’ouvre par des confrontations avec les professeurs. Ce sera alors la pire des perspectives pour celui que d’aucuns considéraient déjà, vu son statut de seul ministre d’Etat dans le gouvernement de Moulay Ould Mohamed Laghdaf, et de principal négociateur de la Majorité lors du dialogue avec ce qui est désormais la CAP (Coalition pour une alternance pacifique), comme un Premier ministre bis.

Parmi les voies susceptibles de mettre fin à ce début de crise, il y a celle qui s’offre à lui et qui est de chercher à apaiser le climat en revoyant, dans la mesure du possible, les revendications des professeurs - des enseignants de manière générale - en vue de leur trouver une solution. Car il est évident que l’annonce d’une augmentation des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat ne suffit pas à calmer les esprits de ceux qui ont toujours considéré qu’ils sont d’une discrimination et d’un manque d’égards qui justifient tous les disfonctionnements que connait aujourd’hui le secteur de l’éducation. Pour ces syndicats d’enseignants, les réformes dont on parle depuis plusieurs années déjà - et qui doivent avoir pour cadre de concertation l’étape décisive des états généraux de l’éducation, au plan national après les assises régionales - passent par la revalorisation de leur statut moral et matériel. Ce qui ne peut avoir, comme début d’exécution, ces sempiternelles querelles de procédures entre un ministère de l’Education fort de l’autorité de l’Etat, et des syndicats qui, il faut le reconnaître, ont tendance à placer la barre très - trop - haut.

MOMS
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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