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Remember…


Tribunes
Mardi 22 Janvier 2013 - 15:30

«Il vaut mieux s’exposer à l’ingratitude que de manquer aux misérables». En soutenant le futur président des pauvres, Mohamed Ould Bouamatou (MOB) ne pensait certainement pas avoir affaire au moins reconnaissant d’entre eux.


Remember…
Et pourtant : Mohamed Ould Abdel Aziz (MOAA) atteint des sommets d’amnésie envers les bienfaits de son cousin qui n’aura eu de cesse de faire accepter le poupinet putschiste auprès des Guéant, Bourgi, Wade et consorts, avant d’aligner quelques deux milliards pour sa rectification électorale, assistant à ses meetings et appelant à voter pour lui… A peine deux ou trois mois après, voilà MOB convoqué à la police économique et interrogé, comme un vulgaire malfrat, pour l’affaire dite des «hommes d’affaires» à laquelle il est totalement étranger.

Désormais concurrencé par l’Etat et la parentèle de MOAA dans ses affaires, l’homme voit son empire menacé par diverses requêtes fiscales simultanées. Trois sociétés dans lesquelles il a des actions (GBM, BSA Ciment et Mattel) ont reçu des avis de redressements fiscaux pour un total de 4.1 milliards d’ouguiyas. Le plus aberrant dans l’affaire est que BSA Ciment a vu ses comptes épluchés sur les cinq dernières années, alors qu’en matière de fiscalité, la prescription est de trois ans, même si la fraude est avérée. Certes, il y aurait à redire, sur cette commodité si propice à la distraction intéressée, mais, tout de même, on ne peut modifier la loi sans quelque décret et, surtout, n’en appliquer les excès qu’à des cibles «privilégiées»… Pire : alors qu’un juge a ordonné que le milliard cent vingt millions d’ouguiyas que les impôts réclament à la cimenterie soit bloqué sur un compte au Trésor public, en attendant que la justice statue sur le fond, le directeur des impôts a refusé de tenir compte de cette décision et carrément envoyé la police fermer l’usine. On comprend que Bouamatou ait quelque lourdeur sur l’estomac et préfère vivre en exil, pour ne plus supporter les vexations de son cousin.

A dire vrai, on se demande si MOB n’aurait pas, ici ou là, laissé échapper quelque doute sur les capacités gestionnaires et politiques de son ex-poulain. Car celui-ci semble avoir désormais choisi d’utiliser l’arme du fisc comme moyen de pression sur ses opposants ou, plus généralement, ceux qui douteraient qu’il faille rentrer dans les rangs. «L’Etat, c’est moi», pérorait, en France, Louis XIV. En Mauritanie, c’est MOAA et cela suffit à faire, pour l’instant, recette et variance comptable. Limam Ould Ebnou, le PDG de Mauritanie-Leasing, a reçu il y a quelques mois, un redressement fiscal de plus d’un milliard d’ouguiyas. Comprenant vite d’où venait le boulet, il a immédiatement juré – Ouallahi ! – de ne plus jamais soutenir un opposant. Et, par un de ces mystères de la divine rectification six aoûtarde, le milliard s’est transformé en deux cent millions d’ouguiyas, bonifiés d’un agrément pour fonder la Banque Populaire de Mauritanie (BMP). Amine.

Le groupe MAOA continue, lui, à traîner le péché originel d’être constitué de cousins à Ould Taya. Son président éponyme a été traîné dans la boue, accusé d’avoir siphonné les comptes de la Banque centrale et envoyé en prison. Lui aussi avait pourtant mis la main à la poche pour les besoins de la campagne de MOAA. D’autres soutiens de l’Ego Rectificateur de tout – surtout de ses dettes – n’ont guère plus été payés en retour. Le groupe Azizi, dont le patron a débloqué des centaines de millions pour la campagne du président des pauvres, fait l’objet d’un ostracisme à peine voilé, lorsqu’il soumissionne à un marché public. Quelle incidence tout cela aura-t-il sur les prochaines (hypothétiques) élections ? Apparemment, notre guide éclairé n’a plus seulement l’intention de renouveler la classe politique. Il veut aussi propulser sur le devant de la scène des hommes d’affaires qui lui répondent au doigt et à l’œil. Garde-à-vous ! Repos ! Main à la poche ! Mais voilà : l’ingrat oublie beaucoup plus vite que celui qui en subit la noirceur. Ingratitude d’autant plus amère et noire que le bienfait fut grand, comme dit le dicton. Et, donc, d’autant plus rude, le retour de bâton. MOAA risque fort d’avoir en s’en souvenir d’ici peu…

Ahmed Ould Cheikh
Pour le Calame


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