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Remaniement ministériel : Palme d’or pour le Gorgol


Actu Mauritanie
Mercredi 8 Mai 2013 - 10:22

Avec trois ministres, en plus d’un Secrétaire général du Gouvernement et un Secrétaire général à la Présidence de la République, le Gorgol est l’une des régions les plus représentées au gouvernement, quitte à faire des jaloux au Brakna à côté. Si l’arrivée du jeune Dia Mamadou Malal vient renforcer l’écurie régionale, dans une sorte de transmission générationnelle avec Sow Adama Demba parti à la retraite, la nomination de Mohamed Lemine Ould Mamy à la Cour des Comptes et celle de Hamed Ould Hamouni au Maghreb Arabe relève d’autres considérations. Si la première dénote d’une politique de débauchage si récurrente dans la stratégie du pouvoir, l’autre dénote d’un total manque de vision objective dans le domaine diplomatique.


Remaniement ministériel : Palme d’or pour le Gorgol
Le dernier mini-remaniement ministériel de la semaine dernière continue de faire des vagues. Si au niveau du Gorgol, les cadres se frottent les mains, leurs concurrents les plus proches, le Guidimagha et le Brakna notamment, restent frustrés de se voir ravir la palme de la représentativité au sein du gouvernement Ould Laghdaf. Mais qui sont les niveaux nominés de la dernière vague ?

Dia Mamadou Malal

Dia Mamadou Malal est un jeune économiste, promotion 1990 de l’Université de Nouakchott, au même titre qu’une autre désormais collègue du gouvernement, Matty Mint Hamady qui est en train de se blanchir les os au sein du tentaculaire ministère de la Fonction Publique et du Travail. Titulaire d’un baccalauréat série D arabe, comme toute la nouvelle génération Peulh, consciente que l’ascension politique et sociale dans cette Mauritanie arabisée passe par la maîtrise de la langue officielle, Dia Mamadou Malal n’en est pas moins un parfait bilingue, arabe-français. Il a poursuivi des études de DEA en Contrôle et Edit à l’ENA de Tunis, une formation sélective dont il sortira avec brio.

A son retour en Mauritanie, il passe avec succès le concours des administrateurs de Régies financières à l’ENA de Nouakchott. A la fin de sa formation, il est nommé successivement comptable à Jérusalem puis à Johannesburg.

De retour à Nouakchott il y a un peu plus de trois années, il est affecté d’abord comme comptable à Radio Mauritanie, puis Directeur administratif et financier au Trésor Public. Une année après sa nomination en 2012 à ce poste, le voilà bombardé ministre de l’Enseignement Fondamental.

Une fonction qui malheureusement continue d’être considérée comme un simple service relevant du ministère d’Etat à l’Education Nationale, Mohamed Ould Bahiyan, continuant de traiter ses deux ministres délégués comme des obligés sans pouvoir de signature.

Politiquement, Dia Mamadou Malal, considéré comme proche du Secrétaire général du gouvernement, Bâ Ousmane, milite au sein du parti-Etat, l’Union Pour la République (UPR). Socialement, le nouveau ministre appartient à la tribu des Bossoyabé, la plus populeuse tribu Peulh vivant à cheval entre le Brakna et le Gorgol. Mais en réalité, Dia Mamadou Malal n’a pas de passé politique connu, même si aujourd’hui il se prévaut d’une certaine audience dan sa zone géographique d’origine. Ceux qui le connaissent le décrivent comme un cadre intègre et compétent.

Les observateurs de la scène politique voient dans la nomination de Dia Mamadou Malal une simple transmission de flambeau entre deux générations, surtout après le départ à la retraite de Sow Adama Demba, pendant plusieurs décennies, président de la Cour des comptes. Il s’agit d’une passation du témoin entre une jeune génération de Peulh arabophone et une ancienne en voie d’extinction nourrie à la sève de la francophonie pure et dure.

Ce qui est certain, l’accaparement par les cadres du Gorgol du quote-part réservé à la communauté négro-africaine fait grincer des dents, aussi bien en Assaba, au Brakna qu’au Guidimagha. Pourvoyeuses de ministres dans les régimes précédents, surtout sous Ould Taya, ces régions regrettent aujourd’hui leur sous-représentativité au sein de l’appareil gouvernemental. Un conflit de préséance entre zones géographiques qui risque de préfigurer les contours des prochaines consultations électorales.

Mohamed Lemine Ould Mamy

Ancien ministre dans le deuxième gouvernement de Yahya Ould Ahmed Waghf, Mohamed Lemine Ould Mamy était jusqu’il y a un mois, membre du directoire du parti ADIL. Il a quitté cette formation politique lorsqu’elle décida de basculer dans l’opposition. Il fait partie des membres du sérail qui ont décidé de rester fidèle à la mouvance présidentielle, en l’occurrence Mint Menkouss, Yahya Ould Sidi Moustaph et Sidi Ould Khlifa, tous aujourd’hui casés dans des hauts postes de responsabilité.

Certains voient ainsi dans la nomination de Mohamed Lemine Ould Mamy à la tête de la Cour des Comptes une des gymnastiques préférées du pouvoir qui a toujours tendance à débaucher dans les parties réfractaires.

Hamed Ould Hamony

L’ancien ministre de l’Enseignement Fondamental, Hamed Ould Hamony a été consolé par une nomination à la tête d’un Secrétariat d’Etat délégué chargé du Maghreb Arabe. Pointé comme Islamiste, Hamed Ould Hamony qui a été propulsé du néant dans un poste de Secrétaire général au ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, coiffe ainsi un département qui est le plus volatile de l’ère azizéenne.

Ce Secrétariat d’Etat qui existait déjà à l’arrivée de Mohamed Ould Abdel Aziz sera d’abord recalé comme département incrusté au sein du ministère des Affaire étrangères.

A sa place, un Secrétariat d’Etat chargé des affaires africaines, qui ne fit pas long feu, sera érigé sous la conduite de Coumba Bâ. Puis, ce Secrétariat disparut comme par enchantement. Aujourd’hui, c’est sa pendante maghrébine qui prend la relève, comme si la Mauritanie ne peut à la fois être maghrébine et africaine.

Même si le regard de la Mauritanie arabe a tendance à lorgner plus vers le Nord que vers le Sud, il est incontestable que son absence sur le plan africain l’handicapera plus que sa présence dans un Nord qui ne parvient même pas à régler ses problèmes de frontière et de circulation.

Cheikh Aïdara
Pour lauthentic.info
Mamoudou Kane


              

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