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Noorinfo

Réfugiés ou migrants ? L’Europe doit aider les Syriens en fuite


International
Mercredi 19 Août 2015 - 13:56

Cette séquence dessinée, passée plusieurs fois sous mes yeux sur les réseaux sociaux ces derniers jours, est le meilleur résumé de l’information du moment, réunissant par un lien logique deux « histoires » généralement traitées séparément.


Réfugiés ou migrants ? L’Europe doit aider les Syriens en fuite
 Il faudrait juste en faire une deuxième version, selon les jours, avec Bachar al-Assad dans le rôle du tueur, après le nouveau bombardement d’un marché de Douma, dans la banlieue de Damas, dimanche, faisant 96 morts, principalement des civils selon les témoignages, et 240 blessés.
 
Au même moment, on apprend que plus de 20 000 « migrants » sont arrivés en Grèce au cours de la seule semaine écoulée, dont 82% sont Syriens. Soit, en sept jours, 50% de ceux qui sont arrivés dans le pays pendant toute l’année 2014.
 
Alors, migrants ou réfugiés ?
  
Aucun rapport de cause à effet ? Quand arrêtera-t-on de qualifier de « migrants » des hommes, femmes et enfants qui ont le droit d’être considérés comme des « réfugiés », fuyant une guerre terrible ?
 
Les voisins immédiats de la Syrie – Jordanie, Liban, Turquie – abritent des millions de réfugiés, alors que l’Europe se montre incapable, faute de volonté politique, d’en prendre sa part de manière humaine et organisée.
 
Une Europe politique digne de ce nom, qui n’existe pas et n’est pas réellement à l’ordre du jour, prendrait l’initiative au lieu de subir et de se déshonorer. Une double initiative :
 
pour accueillir et héberger, le temps qu’ils puissent rentrer chez eux, ceux qui fuient la guerre et la barbarie que nous dénonçons par ailleurs chaque jour ;
pour mettre fin de manière collective à ce massacre qui a déjà fait au moins 240 000 morts et ravagé le pays.
 
Quatre ans de guerre civile
 
Cela fait plus de quatre ans que la guerre civile fait rage en Syrie, et le monde, une fois constatées son impuissance et ses divisions, a détourné son regard.
 
Ce désintérêt a entraîné une descente aux enfers d’autant plus dramatique qu’il n’y a plus deux « camps » comme au début du soulèvement pacifique réprimé dans le sang par un régime discrédité, mais une guerre civile éclatée.
 
Il existe aujourd’hui des dizaines de milices locales, des « seigneurs de la guerre » contrôlant une ville ou une route, et plusieurs « familles » claniques ou idéologiques. Celles-ci vont du régime Assad prêt à tout pour s’accrocher au pouvoir, jusqu’à Daech, l’Etat islamique autoproclamé, en passant par les partisans d’Al Qaeda, des forces séculières, ou encore les combattants kurdes.
 
Le tout sous les bombes jusqu’ici inefficaces des avions de combat ou des drones de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, surtout active en Irak mais aussi en Syrie, sans réellement changer le rapport de forces.
 
« Bruit de fond » de l’actualité
 
Les atrocités de Syrie, celles de Daech ou celles du régime Assad, font de plus en plus partie du « bruit de fond » de l’actualité internationale, comme autant d’événements égrenés avec le fatalisme de l’heure.
 
Les afflux de « migrants » sur les côtes grecques, surtout de Syriens, mais aussi d’Erythréens fuyant une dictature africaine, de Somaliens fuyant un « Etat failli », la misère, la guerre, les islamistes, ou encore d’Afghans quittant une guerre plus lointaine encore, font régulièrement la une, comme autant de menaces.
 
Relier les deux informations ne suffira pas à résoudre ces problèmes gigantesques qui sont le reflet des dérèglements de notre monde, mais ce serait au moins le début d’une compréhension globale de ce qui se joue. Et, si on est optimiste, le début d’une approche plus politique, globale, collective, et, pourquoi pas, humaine.
 
rue89.nouvelobs.com
Noorinfo


              

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