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Réfugiés maliens en Mauritanie : "Le HCR nous a abandonnés"


Actu Mauritanie
Vendredi 20 Septembre 2013 - 10:28

Suite à des violences dans le principal camp de réfugiés maliens en Mauritanie, le HCR a suspendu son aide alimentaire. Cette rupture de confiance précipite le retour de centaines de réfugiés vers le Nord-Mali, où une recrudescence de l’insécurité est signalée. Mais ces tensions révèlent surtout l’impatience des réfugiés à voir leur région se stabiliser. Rencontre avec Mohamed Ag Malha, le président de la commission technique du camp des réfugiés de M’béra.


Le camp de M'Berra. Crédit : Noorinfo/MLK
Le camp de M'Berra. Crédit : Noorinfo/MLK
 Alors que le nouveau président malien Ibrahim Boubacar Keïta, célèbre ce 19 septembre, la cérémonie de son investiture publique, avec 26 chefs d’Etats comme invités, les réfugiés maliens en Mauritanie, dans le camp de M’béra, vivent depuis le 5 septembre sans aucune assistance du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR). Mohamed Ag Malha est le président de la commission technique du camp des réfugiés de M’béra. Il raconte le calvaire de ces exilés.
 
Quelle est la situation humanitaire dans le camp aujourd’hui ?

Il y a un grand problème avec le HCR. Le HCR nous a abandonnés depuis le 5 septembre 2013 [suite à des heurts avec leur personnel et des pillages, ndlr]. Ils ne restent plus que les ONG qui s’occupent de la santé et de l’eau, en l’occurrence Médecins Sans Frontières et Solidarités International. Tout le reste est suspendu suite à la décision du HCR d’arrêter ses activités.
 
Qu’est-ce que le HCR a suspendu exactement ?

Le HCR a suspendu l’obtention du statut de réfugié pour les candidats et a supprimé la distribution d’aide alimentaire. Elle a aussi mis entre parenthèses le programme d’assainissement, les activités génératrices de revenus, le programme d’habitat, ainsi que toutes les autres activités couvertes par leurs financements.
 
Comment survivent aujourd’hui les 70.000 réfugiés ?

Nous sommes dans la période hivernale, la situation est très pénible, il y a beaucoup de moustiques. Des maladies diarrhéiques se développent dans le camp, et aussi des pathologies pulmonaires. Donc la situation est vraiment très difficile dans le camp à l’heure actuelle. Chacun se débrouille comme il peut.
 
Combien de gens sont repartis au Mali depuis la suspension de l’aide du HCR et risquent-elles ?

Plus de 500 personnes, principalement vers la région de Tombouctou. Mais ces retours se sont presque arrêtés depuis que l’armée malienne a arrêté 11 personnes près de la ville de Niafunké, et 9 autres personnes dans la zone Ouest, à la frontière Mauritano-Malienne.
 
Donc le Nord du Mali n’est toujours pas sécurisé ?

La sécurité n’est malheureusement toujours pas revenue au Nord-Mali. Il en sera ainsi, tant qu’il n’y a pas eu le retour des réfugiés et des déplacés intérieurs, tant que la ‘’no man’s land’’ n’a pas été occupé par les populations. Il faut aussi que les accords de paix de Ouagadougou soient signés, et que le cantonnement des groupes armés du nord devienne effectif dans la région de Tombouctou, surtout sur l’axe ouest du côté de la Mauritanie. Sinon, la paix continuera toujours à souffrir.
 
Si vous aviez Antonio Guterres (Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, à Genève) en face de vous, que lui diriez-vous ?

Il est tout à fait indispensable de changer le personnel HCR qui travaille au nom du camp de M’béra. Ce personnel n’arrive pas à trouver un terrain d’entente avec les bénéficiaires, il n’arrive pas à adapter les textes du HCR aux spécificités des réfugiés maliens qui se trouvent à M’béra. Il serait mieux que Guterres relève carrément les gens du HCR qui n’arrivent pas à faire le travail ici. D’un autre côté, nous allons lui demander de beaucoup réfléchir à ce camp de M’béra, parce que si les gens pensent que c’est le temps de retourner au Mali, moi je ne partage pas cet avis. Pour nous, la sécurité dans le nord du Mali va demander beaucoup de temps parce que c’est une zone où se sont nidifiés les narcotrafiquants, les terroristes. Ces groupes attendent certainement le repli des forces de la Minusma (casques bleus des Nations unies au Mali), et de Serval (forces françaises) pour refaire surface. Donc il serait mieux que les réfugiés attendent encore sur le territoire mauritanien où ils sont en sécurité.

Propos recueillis par Intagrist El Ansari
Pour info sud 
Mamoudou Kane


              

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