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Réfugiés maliens : Les défis humanitaires en milieu nouakchottois


Société
Vendredi 11 Janvier 2013 - 21:00

En Mauritanie, les autorités locales et le HCR ont demandé aux réfugiés qui souhaitaient bénéficier de l'aide humanitaire de rester dans le camp de Mbéra, situé à l'est du pays. Cette exhortation s'adresse particulièrement aux réfugiés arrivés directement à Nouakchott, plutôt que de transiter par M'Berra.


Une mère malienne avec son enfant atteint de malnutrition, dans le camp de réfugiés de M'Berra
Une mère malienne avec son enfant atteint de malnutrition, dans le camp de réfugiés de M'Berra
Quelque 57 000 réfugiés maliens ont été enregistrés dans le camp de Mbéra, mais l'Association des réfugiés et des victimes de l'Azawad et la Communauté urbaine de Nouakchott (CUN), qui représente les autorités des neuf arrondissements de la ville, estiment que 15 000 Maliens supplémentaires ont fui vers la capitale. En l'absence de processus d'enregistrement des réfugiés en milieu urbain, aucun chiffre officiel n'est disponible.

Le HCR n'a pas encore prévu de répondre aux besoins des personnes réfugiées à Nouakchott. «Les autorités se sont montrées très claires - l'aide humanitaire est destinée aux personnes installées dans le camp. Notre stratégie ne prend pas en compte les réfugiés de la capitale», a précisé Elise Villechalane, porte-parole du HCR à Nouakchott.

« Notre priorité immédiate est de sauver des vies. Elle évoluera peut-être au fil du temps, mais, pour l'instant, c'est notre priorité ».

Les Maliens réfugiés à Nouakchott sont arrivés du nord du Mali, région contrôlée par les islamistes; de Kati et Bamako, au sud du pays, depuis le coup d'État militaire de mars 2012. Bon nombre de ces réfugiés sont d'anciens fonctionnaires ou des personnes qui ont des moyens financiers ; ils ne seront donc pas tous éligibles à l'aide distribuée aux personnes vulnérables, ont noté des groupes de réfugiés.

Les réfugiés qui rejoignent les capitales établissent souvent un « processus d'auto-sélection », car ils sont en général plus instruits et ils ont les moyens financiers nécessaires pour atteindre ces villes.

Les agences d'aide se gardent cependant de partir de l'hypothèse que seuls « des hommes jeunes et en bonne condition physique rejoignent les capitales », explique Jeff Crisp, directeur du Service de développement et d'évaluation des politiques du HCR. « Nous savons que parmi les réfugiés il y a des femmes, des enfants, des hommes, des handicapés et d'autres personnes vulnérables » continue-t-il.

Bon nombre de Maliens arrivent à Nouakchott sans rien, car ils ont utilisé toutes leurs ressources lors du déplacement, témoigne de son côté Zakiatou Oualette Alatine, ancienne ministre malienne de Kati et actuelle porte-parole de l'Association pour les réfugiés et les victimes de l'Azawad. «Bon nombre d'entre nous sommes arrivés les mains vides. Certains jeunes ont trouvé du travail, mais une grande partie d'entre eux sont exploités, car ils n'ont pas le statut de réfugié. La plupart dépendent de leurs proches. Une minorité fait la manche», a dit à IRIN l'ancienne ministre.

Mme Alatine et Safia Mint Moulay, représentante de Karama, une association qui représente les réfugiés maliens vivant à Nouakchott, ont indiqué les personnes réfugiées en milieu urbain ont avant tout besoin de documents d'identité. Sans carte de réfugié, ils ne peuvent pas trouver de travail ou aller à l'école, a dit Mme Moulay. «Ces personnes ont des besoins réels. Obtenir des papiers - c'est LA clé. S'ils ont des papiers, ils pourront bénéficier de l'aide alimentaire, obtenir des couvertures, un abri et une protection», a-t-elle dit.

Ces réfugiés ne souhaitent pas aller à M'Berra, car ils n'y trouveront pas de travail, a dit Mme Alatine. Les réfugiés se sont plaints des conditions de vie dans les camps et de l'absence d'école.

La CUN et l'Association internationale des maires francophones (AIMF) ont collecté 60 000 euros (78 500 dollars), "une somme qui permettra de fournir une aide alimentaire aux réfugiés urbains", souligne Mohamed Fouad Berrada, conseiller du président de la communauté urbaine de Nouakchott, "mais l'argent devrait provenir d'autres organismes à l'avenir".

Source : IRIN
Mamoudou Kane


              

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