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Recherche de l’or en Inchiri : C’est confirmé, il y a bien de l’or !


Actu Mauritanie
Lundi 2 Mai 2016 - 12:16

Plusieurs milliers de jeunes, en quête de l’or, se sont rendus le week-end dernier dans la région de l’Inchiri. Cause de cet état de fait : des nouvelles de plus en plus amples de découvertes d’or sur les lieux cibles relayées dans les réseaux sociaux et illustrées d’images et plus, la décision prise en conseil de ministres, la veille, réglementant l’orpaillage ou l’exploitation artisanale à titre privé de l’or en Mauritanie !


Selon les autochtones des campements en place, ils seraient 20. 000 personnes visiteurs qui ont campé, l’espace du dernier week-end, sur le territoire situé entre Akjoujt et Nouakchott ! Selon la Gendarmerie nationale, ils seraient 10.000 qui ont effectué le déplacement ! En tout état de cause, ils ont été extrêmement nombreux, les mauritaniens qui ont abandonné leurs villes, de Nouakchott comme de toutes les autres régions du pays, pour se rendre vendredi, samedi et dimanche derniers dans la zone cible. Il s’agissait des orpailleurs persuadés de l’existence d’or sur les lieux. La veille, les informations distillées sur l’existence de pépites d’or dans la zone venaient en effet d’être confirmées en haut lieu.

D’abord par des messages publiées dans les réseaux sociaux montrant des jeunes en place, les mains pleines le métal précieux, ensuite par le gouvernement qui, dans sa réunion hebdomadaire de la veille a accéléré les procédures d’orpaillage en décidant de délivrer à partir de lundi, le processus de délivrance des permis d’orpaillage. Vendredi, c’était au tour de l’imam central de la mosquée d’entrer en jeu. Lors de son prêche du jour, le mufti Lemrabott Ould Habibourrahman, a évoqué cette frénésie de l’or et prononcé une fatwa sur les règles de la prospection et sur la zaqat (impôt islamique) qui en découle. Les couleurs avaient ainsi bien été données qui ont enclenché une véritable ruée vers l’or dans la région !

Les prospecteurs se sont alors retrouvés sur un rayon de 320 kilomètres, couvrant la région de Bénichab, l’oued de Tasiast, Edewas et Etaal zone de Guelb Ehmeyem, et l’oued de Tijirit qui s’étend jusqu’au bassin de Taoudenni. Certains étaient munis d’appareils détecteurs du métal jaune dont le prix a subitement grimpé de 500 000 UM pour atteindre 1,5 million d’ouguiyas alors que d’autres n’avaient que leurs mains pour fouiller et bécher les sols ou palmer les roches. Ni la forte chaleur du week-end (avec un thermomètre qui affichait par moment plus de 45°), ni la poussière qui s’élevait de partout, ni le manque d’eau et encore moins, les remontrances du ministre de l’Énergie et des mines (qui la veille avait annoncé que toute violation des procédures engendrera des sanctions » n’auront agi sur le moral des chercheurs d’or.

Comme dans une fourmilière, les jeunes se sont investis, bravant toutes les difficultés. Rencontré par nos soins, à 180 kilomètres au nord de la ville de Nouakchott, et au nord-est de la ville de Bénichab, un groupe de cinq jeunes a soutenu avoir quitté la capitale du pays il y a dix jours. « Nous travaillons tous, dans le marché de change à Nouakchott. C’est au début du présent mois que nous avons décidé de cotiser pour cette aventure. Forts d’une autorisation d’orpaillage que nous avons prise en location, nous avons cotisé chacun 500.000 Um, nous sommes parvenus à louer une voiture Tout-terrain, acheter un détecteur de métal, assurer notre provision en alimentation et des équipements de camping. Au début nous étions seuls en place, et n’étions gênés que par les contrôles de la gendarmerie, mais depuis la semaine dernière, les lieux sont envahis de monde » diront-ils. Face à la question de savoir s’ils étaient parvenus à découvrir le précieux métal, ils resteront de marbre soulignant en substance toutefois que les traces d’existence de l’or sont très nombreuses et se rencontrent aussi bien sur le sable que sur les roches, mais plus encore dans les profondeurs des oueds. « Ces traces sont surtout présentes, dans les zones situées aux limites des sites d’exploitation de la société Tasiast » devaient-ils préciser. Non loin de là, un second groupe qui venait fraichement d’arriver sur les lieux. « Nous sommes parvenus à tromper la vigilance de la gendarmerie qui a décidé de sécuriser l’espace » nous lance, un jeune, la trentaine, qui ajoute : « cela fait sept jours que nos sillonnons ces terres. Les résultats sont loin, très loin de répondre à nos attentes.

Mais, il paraît que l’or se trouverait en quantité suffisante dans ces parages ». Si aucun des nos interlocuteurs n’a voulu se prononcer sur les quantités d’or qu’ils auraient découvertes, nous avons rencontré plus loin, vers l’est, des jeunes plus loquaces : « j’ai deux amis qui ont changé du jour au lendemain de situation, après la découverte de quantité d’or » soutient l’un d’entre eux qui s’empresse de nous ouvrir son Iphone et nous montrer des images réconfortant ses propos. « C’est de l’or que j’ai découvert auprès d’u berger. Il nous a dit que depuis toujours, le sol dans ces zones nord, brille au contact des rayons de soleil. Malheureusement, ces zones cibles sont désormais sous haute surveillance de la gendarmerie nationale ». « L’or est bien là, mais n’est pas donné à qui veut » nous dit un autre jeune nommé Sidi Ould Kleib qui a eu à travailler dans la société Tasiast : « pour 100 kg d’or/jour, cette société exploite 20 tonnes de sable qu’elle plonge dans des centaines de m3 d’eau remplies de produits chimiques… alors les chercheurs traditionnels d’or, que peuvent-il recueillir de ces sols quand ont sait leurs moyens ? » lance-t-il, non sans exhiber des roches étincelantes et du sable qui brille par endroits. Alors que nous parlions arrivent plusieurs jeunes la mine effilochée et qui manquaient manifestement de sommeil : « cela fait quatre jours que nous investissons les lieux, en vain. Nous avons fouillé partout, sans résultat. Cette histoire d’or n’est que bluff » avance l’un d’entre eux qui dit ne plus savoir à quel saint se vouer ! « Comme moi, beaucoup de jeunes ont contracté des crédits pour se lancer dans cette aventure. Comme moi, ils sont ruinés.

Le retour à Nouakchott sera douloureux. Si l’on y prend pas garde, les conséquences de cette histoire d’or peuvent être catastrophiques pour les jeunes qui se sont endettés, pour leur entourage, mais aussi pour le pays ».

Autre lieu de discussion, autre monde : au crépuscule du jour, dans l’oued de Tijirit à quelques kilomètres de la ville d’Akjoujt, des milliers de jeunes, garçons et filles, se sont installés. Qui dans des tentes, qui dans des abris de fortune dressés à l’aide de morceaux de voile ou de tôles. Ici, tout le monde s’affaire en creusant le sol mou, tout en tachant de ne pas laisser son voisin immédiat voir le sable extrait des trous. Le silence de la nuit est trahi par des bruits provenant des appareils de détection de métal, de pelles et de râteaux. Interrogés, tous se refusent de parler. Mais la cadence dans le travail et l’engagement des orpailleurs dans la tâche, d’un côté, et de l’autre, le refus de s’exprimer devant des « curieux » prouvent que les sols sont riches et que le travail des orpailleurs rapporte. Plus, l’arrivée de plus en plus importante sur les lieux, de personnes, parfois de familles compètes est aussi un gage de la richesse des sols.

JOB
 


Quitus du gouvernement
Commentant les résultats du dernier conseil des ministres, le ministre du pétrole, de l’énergie et des mines, M. Mohamed Salem Ould Bechir, a souligné : « les semaines passées ont vu des opérations de recherche et de prospection de l’or qui déroule de façon anarchique et non conforme au cadre réglementaire et juridique existant dans le pays.

"Le gouvernement dont le premier souci est de faciliter aux citoyens les conditions de vie a géré ce sujet avec beaucoup de souplesse et axé son intervention sur la sensibilisation sur les mesures organisationnelles de ce genre d’activité", a souligné le ministre.

Ce dernier a ajout qu’un certain nombre de dispositions a été prises pour préserver la sécurité des citoyens et que le gouvernement, sur instruction du Président de la République, à accompagner l’opération par la création d’un cadre légal permettant l’exercice de cette activité suivant les meilleures conditions, sans toute fois, violer les lois déjà existantes.

Au sujet des conditions de l’exercice de l’activité, le ministre a précisé le cadre juridique sera opérationnel dès lundi prochain et qu’il délimite la zone de recherche afin que l’État soit en mesure de garantir la sécurité des citoyens et d’épargner les zones objet d’autorisation de prospection au préalable.
Il a ajouté que le gouvernement a simplifié les procédures afin de permettre à chaque citoyen jouissant d’un état civil fiable, sans distinction aucune, d’obtenir l’autorisation de prospection, notant que ce genre d’activité nécessite des équipements performants.

’’Pour l’obtention de l’autorisation de prospection, toute personne désireuse effectuer ce travail doit verser un montant de 100.000 Ouguiyas au trésor public et se conformer à la zone indiquée. Toute violation de ces procédures engendrera des sanctions dont d’une amande de 500 à un millions d’Ouguiyas par jour, la mise en détention pour une période allant de 1 à 3 mois et la saisie des équipements’’, a conclu le ministre.

 


Source: L'Authentic
Noorinfo


              

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