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Noorinfo

Ramadan: Une hausse des prix entre «stabilité» et «anarchie»


Société
Mercredi 3 Août 2011 - 17:08

Dans les premiers jours du Ramadan, les cris indignés se multiplient pour critiquer les «hausses anarchiques de prix». À la protection du consommateur, l'indice des prix est relativement stable comparé aux dernières années.


Au marché SOCIM
Au marché SOCIM
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«C'est encore et toujours l'anarchie» accuse Malick Diaw, un jeune père de famille venu faire ses courses au marché SOCIM. La formule est péremptoire, mais révèle l'état d'esprit des consommateurs, particulièrement sollicités en cette période de Ramadan. «voyez ces deux kilos de tomates à 1200 ouguiyas que je viens d'acheter. Le prix a plus que doublé en quelques jours à peine!» dénonce-t-il en agitant un sachet bleu où se cognent des tomates dans un bien piètre état.

À la direction de la concurrence et de la protection du consommateur, le ton est plus mesuré, chiffres du jour à l'appui. «Les gens ont l'impression, partiellement justifiée, que les produits de première nécessité connaissent une hausse vertigineuse des prix. Mais constatez par vous-même que si les prix ont fortement augmenté ces jours-ci pour une gamme de quatre ou cinq produits importants, pour d'autres gammes, les prix sont stables depuis quelques semaines, voire même pour certains, ont baissé» explique Abdoul Aziz Sy, chef du service à la concurrence.
Si le kilo de tomates atteint aujourd'hui 600 ouguiyas le kilo, et «pour des tomates de très mauvaises qualité en plus» souligne Abdoul Aziz Sy, il faut noter parallèlement que le prix du sac de sucre a baissé de 100 ouguiyas, passant de 12 500 à 12 400 ouguiyas.

Pour El hadj Ould Sid'Ahmed, chef de service régional au contrôle des prix, à la Wilaya de Nouakchott, dans l'ensemble «il y a une relative stabilité des prix pour un début de Ramadan, comparé à ces dernières années». Considérant des éléments du panier de la ménagère nouakchottoise, comme l'huile ou la viande, «qui ont vu leurs prix stables depuis plusieurs jours, si ce n'est le cas du kilo de viande qui est passé de 1200 à 1400 ouguiyas, et encore cela a eu lieu il y a plus de deux semaines déjà», le contrôleur des prix estime qu'il y a des efforts faits pour contenir la montée en flèche des prix de certains produits, mais que pour d'autres, leur rareté fixe leur prix. «La loi de l'offre et de la demande» soupire-t-il.

Les prix des sacs d'oignons et de pommes de terre sont dans la ligne de mire des critiques des ménages. «Ils ont trop augmenté les prix à la veille du ramadan. Ce n'est pas normal qu'en une semaine il y ait des augmentations de prix de plus de mille ouguiyas sur ces deux produits parmi les plus consommés par tous les ménages mauritaniens, quelque soit leur condition sociale.» s'insurge Malick, qui pense que l'anarchie règne et que pour ces deux produits au moins, on ne peut pas parler de «jeu d'offre et de la demande», aucun manque de ces deux légumes n'ayant été constaté.
En une semaine, le sac d'oignons est passé de 3800 à 4300 ouguiyas, et le sac de pommes de terre, de 3600 à 4800 ouguiyas. Mais pour le responsable de la concurrence, «cela découle naturellement du jeu transparent de la concurrence, et on n'y peut pas grand-chose».

Les boutiques de solidarité dans tout ça

Les fameuses boutiques de Solidarité, avec un montage décrié avec les grossistes du pays lors de leur création, ne permettrait pas de lutter efficacement contre la baisse du pouvoir d'achat des ménages mauritaniens. Et en cette période de Ramadan, les ménages ne voient pas trop l'utilité de ces boutiques. «Ces boutiques vendent de l'huile d'une qualité dégueulasse; pareil pour le riz; du coup, la plupart des ménages préfèrent payer un peu plus mais pour manger plus convenablement» témoigne Boubacar Sidibé, charretier à Basra, qui dans la queue, dans une des boutiques à Basra, à l'arrêt des bus.

La classe moyenne mauritanienne se paupérise, et c'est d'une «gravité extrême pour le tissu économique du pays». On assisterait à une dichotomie de la société mauritanienne: «d'un côté vous avez les plus en plus riches, de l'autre les plus en plus pauvres» se désole Malik Diaw. «Et cela transpire durant le Ramadan» continue-t-il.

Mamoudou Lamine Kane
Mamoudou Kane


              

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