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Rama Diaw, créatrice de mode : Le tradi-moderne du stylisme saint-louisien à Nouakchott


Culture
Mercredi 30 Octobre 2013 - 09:43

Depuis samedi, la saint-louisienne Rama Diaw expose sa collection de vêtements et accessoires 2013 à la galerie d'arts, Zeinart, à Nouakchott. Rencontre avec une grande dame de la mode africaine, à l'orée d'une prometteuse carrière internationale dans la mode.


Dans le jardin de la galerie Zeinart. Crédit : Noorinfo/MLK
Dans le jardin de la galerie Zeinart. Crédit : Noorinfo/MLK
Une rencontre rafraîchissante à la galerie d'art Zeinart : Rama Diaw, créatrice de mode, trentenaire, optimiste, d'une ouverture d'esprit sans bornes. Un état d'esprit porté sur la tolérance qui l'a presque naturellement mené au monde de la création vestimentaire. " J'ai toujours beaucoup voyagé. J'avais 15 ans quand j'ai commencé à m'intéresser à la mode. Je voulais surtout créer à cet âge, pour éviter d'avoir un style similaire à mes copines et ne pas avoir les mêmes modèles qu'elles. C'est là que le déclic m'est venu : pourquoi toujours porter des vêtements européennes alors qu'on a matière à porter nos propres créations" raconte Rama Diaw. Comme disait Amadou Hampaté Ba, il faut que l'arbre ait les racines bien enfoncées dans le sol, avant de pouvoir laisser aller ses branches à tous vents.
 
Une maxime que la saint-louisienne, mariée et mère d'une fillette de huit ans, a fait sienne, avec un design résolument urbain, et un mélange des matières pour passer de la tradition à la modernité. Cotonnades traditionnelles, wax, batik, indigo, sont mélangées à des tissus nobles comme le lin, les dentelles, ou infroissables et légers comme le stretch. Voyages, partage autour d’une petite touche de wax savamment choisie, elle présente des collections qui font cohabiter Occident, Asie, Afrique… Son envie : témoigner d’une Afrique moderne, qui valorise ses produits traditionnels, en faisant qu’ils puissent être portés par tous.

Un modèle de sa collection
Un modèle de sa collection
De la mode à la création d'emplois 
 
Rama a été plébiscitée cette année dans plusieurs fashion show européens:  au Labo Ethnic de Paris, à l’Afrika. Festival Landshut en Allemagne, dédié au Sénégal cette année, la Fashion week de Vienne en septembre dernier où elle a présenté une collection 2013 très "casual", pour un usage au quotidien.
 
Des scènes européennes qui ont aussi pu apprécier l'homogénéité des accessoires (sacs, chapeaux, bracelets, chaussures, bijoux) assortis à ses vêtements, et dont les patchworks rappellent le terreau saint-louisien. Le tout confectionné, depuis 2012, avec la grande aide des femmes du village peul de Pelour1, qu'elle a réuni au sein de l'association AISSATOU (du nom de sa mère- NDLR).
 
"Dans le village peul de Pelour-1, à une trentaine de kilomètres de saint-Louis, ce sont elles qui font les patchworks et tous les accessoires. On a commencé à 6, et là elles sont 14 à travailler avec moi. L'objectif est d'arriver à une salle de formation, de les faire travailler plus, et créer un modèle économique viable pour la région. Cela devrait prouver qu'une industrie de mode, même embryonnaire, peut émerger chez nous" développe la styliste.

Modèle présenté à la fashion week de Vienne
Modèle présenté à la fashion week de Vienne
Une mode urbaine et nomade
 
Avec une perspective résolument africaine, même en se tournant vers l'extérieur, Rama Diaw présentent les différentes expositions internationales auxquelles elle est de plus en plus conviée, comme des occasions "d'échanger et d'affiner sa réserve créative", et présenter une mode africaine ancrée dans le monde urbain, perpétuellement en evolution, et donc nomade, ainsi pas forcément flanquée du label "Ethnique".
 
"La Fashion week à Vienne, en septembre, n'était pas du tout ethnique, mais les collections des deux seuls stylistes africains présents dont moi, sur les 70 invités, est la preuve que le stylisme africain trouve son chemin en international" argue la créatrice de mode. 
 
Une ouverture d'esprit et un syncrétisme vestimentaire qui ont retenu l'œil d'Henry Henriol, qui en a fait la costumière de son film "Les baobabs ne poussent pas en hiver", confirmant son idée forte que la mode africaine devait s'ouvrir au monde.
 
"Nos sœurs africaines n'osent pas encore s'impliquer dans une certaine mode métissée : c'est tout ou rien. Soit on fait du traditionnel pur, soit de l'européen, et il y a un juste milieu, je pense qu'on peut trouver. Mais depuis cinq ans, il y a une mode africaine émergente, composée de quelques stylistes africains qui ont compris qu'il fallait se moderniser. Les créateurs européens également touchent de plus en plus aux matériaux africains, et au style épuré de nos vêtements traditionnels. Donc la mode et la tradition vestimentaire africaines ont un bon fond à faire valoir au monde" conclut la saint-louisienne.
 
Mamoudou Lamine Kane
 
Semaine de la mode à zeinart - Nouakchott  samedi 26 au jeudi 31 octobre 2013
à partir de 10h00 du matin

Site : www.ramadiawfashion.com
Mamoudou Kane


              

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