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Rachida Belkhadem, coordinatrice de l’ONG Paz y Desarollo : "On disait que la religion justifiait l'excision, maintenant on sait que c'est faux"


Société
Dimanche 24 Juin 2012 - 14:14

71% des femmes mauritaniennes âgées de 15 à 49 ans ont déclaré avoir subi une forme de MGF. Depuis deux ans, et qu'une fatwa a été prononcée par les imams mauritaniens, ce taux tendrait à légèrement baisser. Mais pas suffisamment, selon Rachida Belkhadem, coordinatrice de l’ONG Paz y Desarollo, qui vient de commencer la diffusion d'une telenovella sensibilisant sur les mutilations génitales féminines. Entretien.


Rachida Belkhadem, coordinatrice de l’ONG Paz y Desarollo : "On disait que la religion justifiait l'excision, maintenant on sait que c'est faux"
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C’est un curieux format, la telenovella, que vous avez utilisé pour sensibiliser sur les mutilations génitales féminines…

La telenovella est un véhicule de transmission inédit en Mauritanie. Et c'est un bon vecteur de transmission pour les populations branchées sur les telenovellas brésiliennes ou indiennes.

La présentation au centre culturel marocain du film a permis de le diffuser auprès des bailleurs de fonds et des ONG locales comme l’AFCF d’Aminetou Mint El Moctar, qui ont fortement apprécié le format et support utilisés pour la sensibilisation sur la lutte contre l’excision en Mauritanie.

Là c'est participatif et plus marquant émotionnellement. On est sûr que le message passera.

Des moments vous ont particulièrement marqué durant la production et/ou la diffusion du film ?

Le film va être également préparé pour les sourds-muets. Ce sont les seuls qui ont réagi logiquement par une révolte spontanée sur les pourquoi de cette situation anormale, où prive des femmes d’une partie de leur corps. Cette journée avec les malentendants a été la plus belle que j’aie passée depuis ma présence en Mauritanie.

Ils font partie des grands oubliés des combats pour les droits humains en Mauritanie.

Etes-vous optimiste quant à une extinction définitive de cette pratique, prochainement en Mauritanie ?

Depuis douze ans que je suis la, je me rends compte que le tabou est de moins en moins présent. On disait que la religion le justifiait. Maintenant on sait que c'est faux. Pour informer sur l'excision il ne faut pas avoir peur d'être crue, sans être vulgaire.

On a eu pas mal de témoignages de mères qui ont excisé leur première fille mais pas les suivantes, toutes ethnies confondues. C’est bien la preuve que les mentalités évoluent et comprennent que l’excision est une pratique dégradante pour la femme.

Je souhaite que cette pratique disparaisse. Et quand je vois des ONG du Guidimakha, du Gorgol, ou des hodhs, demander avec force des exemplaires pour les diffuser, je suis optimiste!

Propos recueillis par Mamoudou Lamine Kane
Mamoudou Kane


              

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