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Qui succèdera à Ban Ki-moon à la tête de l’ONU ? Le processus est lancé


Lu sur le web
Jeudi 14 Avril 2016 - 07:46

Qui succèdera à Ban Ki-moon à la tête de l’ONU ? Le processus est lancé. Le 12 avril 2016, l’Assemblée générale de l’Onu commence à auditionner les candidats à la succession de Ban Ki-moon. L’Onu se lance dans un marathon diplomatique dont elle a le secret.


Qui succèdera à Ban Ki-moon à la tête de l’ONU ? Le processus est lancé
Qui succèdera à Ban Ki-moon à la tête de l’ONU ? Le processus est lancé
Après deux mandats de cinq ans et de bons et loyaux services, Ban Ki-moon s’en ira le 1er janvier 2017. Saluons le diplomate sud-coréen qui n’a pu, certes, empêcher aucune guerre, ne stopper aucun accès d’humeur ou d’orgueil mal placé des nations les plus puissantes, mais a su incarner l’idéal des Nations Unies, porter une parole morale, éthique, dans un monde toujours aussi violent et apprendre le français, langue officielle des Nations Unies, en un temps record.

Pendant son mandat, l’Onu aura réussi quelques coups de maître comme la COP21 qui, sous présidence française, a relancé le processus international de lutte contre le réchauffement climatique.
 
On ne peut reprocher à Ban Ki-moon son bilan. Car si l’on croit que le secrétaire général de l’Onu a tous les pouvoirs, il n’en a (presque) aucun, tant le Conseil de sécurité les concentre tous. Comme il est de bonne guerre à la tête de cette institution, le bilan du secrétaire général, c’est surtout le bilan du conseil de sécurité…
 
Le dernier mot au Conseil de sécurité
 
Le mode de nomination du successeur de Ban Ki-moon est limpide en la matière. L’article 97 de la Charte des Nations Unies stipule que « le Secrétaire général est nommé par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité ». En d’autres termes, l’article 97 crée un processus en deux étapes: une recommandation du Conseil de sécurité suivie par une décision prise par l’Assemblée générale.
 
Pour les huit secrétaires généraux qu’a comptés l’Onu depuis sa création en 1948, la décision de l’institution démocratique (l’Assemblée générale) ne fut qu’une formalité. Tout se jouait au niveau de l’organe politique et exécutif (le Conseil de sécurité).

Cette fois, innovation et audace démocratique, l’Assemblée générale a obtenu, avant le passage en juillet des récipiendaires devant le Conseil, d’auditionner en public les candidats à la succession de Ban Ki-moon. Les neuf candidats répondront même à des questions présélectionnées de la société civile. Les débats peuvent être suivis sur twitter.
 
Ces auditons devraient permettre, selon Mogens Lykketoft, président en exercice de l’Assemblée générale, de changer la donne. Elles permettront surtout, et au mieux, de faire un premier tri. En juillet, les choses sérieuses commenceront: votes à bulletin secret, conciliabules devant les quinze membres du Conseil de sécurité, dont les cinq permanents, on le sait, ont toujours un droit de veto…

Il est toutefois bon de nommer les dix membres non permanents qui auront leur mot à dire dans le choix du nouveau secrétaire général: Angola, Égypte, Espagne, Japon, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Sénégal, Ukraine, Uruguay, Venezuela.
 
Imaginez si, dans la foulée de ces innovations de cette semaine d’auditions publiques, le processus légal avait été totalement inversé: à l’Assemblée générale de voter et de choisir son candidat. Et au Conseil de sécurité d’avaliser le choix proposé par l’Assemblée souveraine… On aurait pu imaginer aussi que les innombrables organisations de la société civile accréditées à l’ONU présentent leur candidat… Autant rêver d’une autre organisation des Nations Unies…
 
Une femme d’Europe orientale pour succéder à Ban Ki-Moon ?
 
Alors, qui pour succéder à Ban Ki-moon ? Deux critères émergent : nommer une femme et/ou une personnalité d’Europe de l’Est, selon la tradition d’un turn-over sur l’origine géographique des secrétaires généraux. Au nom de ces deux critères, l’actuelle directrice de l’Unesco, la Bulgare Irina Bokova – avec laquelle l’auteur de ces lignes a consacré deux années de sa vie, de 2005 jusqu’à leur libération en 2007, à faire connaître le sort des infirmières bulgares condamnées à mort en Libye –, est clairement favorite.
 
L’ex-Première ministre de Nouvelle-Zélande Helen Clark, qui dirige le Programme des Nations Unies pour le développement, est une candidate redoutable. L’ancien haut-commissaire de l’Onu aux Réfugiés, le Portugais António Guterres, l’ex-président slovène Danilo Türk, d’anciens ou actuels chefs de la diplomatie des Balkans, Madame Vesna Pusic (Croatie), Madame Natalia Gherman (Moldavie), Srgjan Kerim (Macédoine) et Igor Luksic (Monténégro) sont également en lice.
 
En fin de semaine, les auditions publiques auront donné le ton et feront certainement émerger les candidats les plus talentueux. Car au final, être secrétaire général, c’est être un excellent porte-parole des valeurs de l’Onu, un très bon communicant pour mobiliser l’opinion internationale quand la politique s’emballe et que la violence prend le pas sur la paix et le respect mutuel…
 
 Ci-dessous une brève présentation des huit candidats déclarés à ce jour:
 
Igor Luksic, 39 ans, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Monténégro.
 
M. Luksic a occupé le poste de Premier ministre du Monténégro pendant deux ans depuis décembre 2010, et a été ministre des Finances de 2004 à 2010.
 
En 1998, il obtient un diplôme de la Faculté d’économie de l’Université du Monténégro à Podgorica. En 2002, il obtient un master à l’Université du Monténégro et en 2005 un doctorat.
 
Outre sa langue natale, M. Luksic parle couramment anglais et parle également italien, français et allemand.
 
Irina Bokova, 63 ans, directrice-générale de l’UNESCO, Bulgare.
 

En tant que directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), Mme Bokova est la première femme, qui plus est de l’Europe de l’Est, à diriger l’agence culturelle de l’ONU. Elle a servi de ministre des Affaires étrangères de Bulgarie de 1996 à 1997 et a également été ambassadrice de Bulgarie en France et à Monaco respectivement.
 
Mme Bokova est diplômée de l’Institut d’Etat de Moscou des Relations Internationales et a étudié à l’Université du Maryland (Washington) et à l’Ecole JFK de l’Université de Harvard.
 
Elle prône et défend l’égalité des genres et une éducation de qualité pour tous. En plus de sa langue maternelle, elle parle anglais, français, espagnol et russe.
 
Mme Bokova est mariée et a deux grands enfants qui vivent et travaillent aux Etats-Unis.
 
Antonio Guterres, 66 ans, ancien haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés de 2005 à 2015.
 
A la tête de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR), M. Guterres a géré certaines des plus grandes crises de déplacement dans le monde des dernières décennies, notamment les conflits en Syrie et en Irak. De 1995 à 2002, M. Guterres a été le Premier ministre du Portugal.
 
Il est diplômé de l’Institut supérieur technique du Portugal où il a obtenu un diplôme en ingénierie. Il parle couramment le portugais, l’anglais, le français et l’espagnol.

Danilo Turk, 64 ans, ancien président de la Slovénie de 2007 à 2012.
 

M. Turk a été le premier ambassadeur slovène aux Nations Unies de 1992 à 2000 et secrétaire général assistant de l’ONU chargé des affaires politiques de 2000 à 2005. M. Turk parle slovène, anglais, français et serbo-croate.
 
Après son diplôme de la Faculté de droit de l’Université de Ljubljana en Slovénie en 1975, il a obtenu un master en droit à l’Université de Belgrade en Serbie en 1978. En 1982, il a obtenu un doctorat de la Faculté de droit de Ljubljana.
 
M. Turk est marié à Barbara Turk depuis 1976. Ensemble, ils ont une fille et une petite-fille.
 
Vesna Pusic, 63 ans, ancienne ministre croate des Affaires étrangères.
 
Mme Pusic est la vice- présidente du parlement croate depuis le 3 février 2016. De décembre 2011 à janvier 2016, elle a occupé le poste de ministre des Affaires étrangères et européennes.
 
Elle est diplômée de l’Université de Zagreb où elle a obtenu un diplôme de sociologie et de philosophie en 1976. En 1984, elle obtient également un doctorat en sociologie. Mme Pusic parle le croate, l’anglais et l’allemand couramment. Elle est mariée et a une fille.
 
Natalia Gherman, 47 ans, ancienne ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration européenne de Moldavie.
 
Mme Gherman a été ministre moldave des Affaires étrangères et de l’Intégration européenne et de vice-Premier ministre de 2013 à janvier 2016. Elle a également été autrefois ambassadrice moldave en Autriche et ambassadrice en Suède, en Norvège et en Finlande. Elle est la fille de Mirea Snegur, le premier président de la Moldavie.
 
Mme Gherman a obtenu une licence en lettres de l’Université d’Etat de Moldavie. En 1999, elle a achevé une maîtrise en lettres au King’s College de Londres. Elle parle le roumain, l’anglais, le russe et l’allemand. Mme Gherman a un fils.

Helen Clark, 66 ans, administratrice du Programme de l’ONU pour le Développement.
 

Elle a été la première femme Premier ministre de la Nouvelle-Zélande de 1999 à 2008 (trois mandats consécutifs). Depuis 2009, Mme Clark est la première femme à occuper la troisième position la plus élevée de l’ONU en tant qu’administratrice du Programme de l’ONU pour le Développement (PNUD).
 
Mme Clark est diplômée d’une maîtrise ès arts en études politiques de l’Université d’Auckland. Elle a longtemps enseigné les études politiques à l’université.
 
Srgjan Kerim, 67 ans, ancien Premier ministre de Macédoine et ancien président de l’Assemblée générale de l’ONU.
 
De 2000 à 2001, M. Kerim a été ministre des Affaires étrangères de Macédoine. Il est devenu représentant permanent de Macédoine aux Nations Unies de 2001 à 2003. De 2007 à 2008, M. Kerim a été président de la 62ème session de l’Assemblée générale de l’ONU. Entre 2008 et 2009, il a occupé le poste de représentant spécial du secrétaire général de l’ONU sur le changement climatique.
 
M. Kerim est titulaire d’un doctorat en sciences économiques de la Faculté d’économie à l’Université de Belgrade. Il parle neuf langues: le macédonien, l’anglais, le français, l’allemand, l’espagnol, l’italien, le serbe, le croate et le bulgare.
 
M. Kerim est marié et a trois enfants et deux petits-enfants.
 
Par:Michel Taube
french.xinhuanet.com
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