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Quatre ans après la signature de la convention de pêche avec Hong Dong: Où en est-on?


Actu Mauritanie
Mardi 8 Avril 2014 - 11:18

C’est au bord de la route qui mène à Cansado, la cité où loge le personnel de la SNIM, à quelque deux kilomètres du centre de Nouadhibou, sur uHong Dong goudron peche 925n terrain resté longtemps vierge, que la société chinoise de pêche Hong Dong international fishery développement Co.Ltd a choisi de construire son complexe : quai de pêche, usine de traitement du poisson, frigos pour le stockage, bureaux, chantier naval et hôtel.


Quatre ans après la signature de la convention de pêche avec Hong Dong: Où en est-on?
Bref, une petite agglomération sortie du néant. A l’entrée, un gendarme régule le mouvement des visiteurs. Quelques-uns semblent avoir choisi de rester dehors, pour profiter de la douce brise matinale charriée par l’océan. Ses vaguelettes discrètes rassurent les quelques bateaux de pêche à quai, capitaines et équipages procèdent aux derniers réglages, ils partiront bientôt vers le large, dans l’espoir de fructueuses captures. Les côtes mauritaniennes regorgent de ce poisson si diversifié et apprécié partout dans le monde, surtout des asiatiques qui en raffolent. Un des responsables mauritaniens de la société chinoise nous le confirme : ce sont eux les principaux destinataires des milliers de tonnes de poisson que Hong Dong exporte, après traitement complet (écaillage, éviscération, étêtage, lavage, etc.).

Les salles de transformation, d’une capacité de 300T/jour, tournent à plein régime. Sur le nouveau quai que Hong Dong a édifié, c’est le branle-bas. Tout le monde s’affaire. Qui à ses filets, qui à ses hameçons et appâts. Ici, nous explique un autre responsable mauritanien, « on ne perd pas de temps. Une fois que le poisson est débarqué, si le bateau n’a pas de problème, il est immédiatement armé et reprend la mer ». Des camions made in China vrombissent autour de nous. Des travailleurs mauritaniens embarquent des filets dans des cales de bateaux « sagement » alignés sur l’eau. Entre les Chinois et les nationaux, le courant semble bien passer, malgré la barrière de la langue. Les sourires des uns et des autres attestent de cette ambiance bon enfant. Notre guide répète « hi ha », chaque qu’il rencontre un des compatriotes de Mao. L’expression signifierait bonjour.

La pêche : Un secteur qui se cherche

Hong Dong est issue de la tumultueuse convention de pêche que le gouvernement mauritanien a signée, en 2010, avec le groupe Poly Technology International dont elle est une filiale. Cet investissement a coûté, au groupe, la bagatelle de 200 millions de dollars. L’objectif étant de fonder un pôle halieutique régional apte à recevoir les produits de pêche en provenance de toute la sous-région (Maroc, Sénégal, Guinée, Gambie…), les traiter et les transformer. Essentiellement des pélagiques. En 2010, la signature de la convention avait suscité un tollé général, au point de passer pour l’affaire la plus controversée du secteur. Autant l’Etat et ses thuriféraires la présentaient comme des plus profitable au pays, autant ses détracteurs – essentiellement de promoteurs du secteur auxquels elle semblait faire ombrage, risquant d’éclairer leurs agissements et ceux d’une certaine classe politique – la traitaient d’« arnaque monumentale pour légitimer le pillage systématique des côtes nationales, par des pêcheurs en eaux profondes et en eaux troubles, réputés ne jamais se limiter aux dispositions bornant leurs activités ». Pour la dénigrer, on l’accablait de tous les maux : manipulations de groupes mafieux, escroqueries administratives des responsables du secteur, indulgence suspecte de l’Etat… Les expériences passées des sociétés mauritano-étrangères n’étaient, à ce titre, guère encourageantes. Aucune n’avait jamais construit la moindre infrastructure.

A leur fermeture, elles ne laissaient, généralement, que quelques équipements vétustes : vieilles épaves de bateaux abandonnés ou hangars d’(in)fortune désertés ; et des milliers de tonnes de déchets, ainsi que des montagnes d’ardoises impayées. A en croire les experts, la pêche, en Mauritanie, n’avait profité, jusque-là, qu’à une poignée d’hommes d’affaires jongleurs, ordinairement peu regardants des intérêts nationaux. Pour preuve, l’établissement, quelque part en Espagne, au Maroc ou en France, avec force villas cossues et comptes en banques bien garnis, de la majorité de ces hommes, généralement très proches des pouvoirs successifs. Certains immensément enrichis.

Hong Dong international : Un véritable complexe industriel

Fondée il y a deux ans, Hong Dong est devenue un véritable complexe frigorifique, doté de superbes composantes connexes qui assurent la réelle émergence d’un pôle halieutique, traitant les produits de pêche jusqu’à leur cuisson : filets, darnes, cubes, tartare, goujonnettes, anchois, marinés, sardine sauce, boulettes chinoises, brochettes, farine des déchets… Une vraie première expérience de pêche côtière, un projet-pilote de valorisation des ressources pélagiques qui devrait permettre d’intégrer, à l’économie nationale, le secteur de la pêche, jusque-là exploité par des bateaux étrangers, via des licences libres. En plus de moderniser la pêche artisanale et locale, à travers la fabrication, sur place, de cent embarcations modernes, entièrement équipées suivant les normes internationales, le projet tend à pérenniser deux mille cinq cents emplois, dont un millier au profit des femmes et deux cent cinquante pour les techniciens, cadres moyens et supérieurs.

A tout cela s’ajoutent la formation, le transfert de technologies, la définition et la valorisation d’un label Mauritanie, ainsi que la contribution à la sécurité alimentaire nationale, via l’écoulement des produits élaborés sur le marché local. Selon le directeur général de la société, Zheng Jin Chai : « […] accroître la valeur ajoutée, rationnaliser la ressource, valoriser les espèces pélagiques à faible valeur marchande, par la transformation et l’élaboration de produits finis, tels sont les points forts de notre projet. Nous procédons également à des actions sociales régulières, comme la distribution de quantités de nos produits aux populations nécessiteuses et le sponsoring des activités sportives locales, comme le marathon de Nouadhibou ». peche 925 Hong Dong

Un projet largement en avance

En deux ans, la société a déjà réalisé 95% de ce qu’elle prévoyait faire en six. Le programme d’investissement est donc largement en avance sur les délais fixés par la convention. La base à terre (usine) est vraiment impressionnante, avec ses diverses salles de traitement, l’atelier de congélation et de surgelage rapide par contact – dix tunnels d’une capacité de 300t/j, comme on l’a dit plus haut – l’atelier d’emballage, d’une capacité de 200t/j ; l’entrepôt de stockage, la fabrique de glace, l’atelier de réparation et de construction navale (en cours de construction), la base de vie, l’infirmerie, le centre de formation, le centre sportif, le centre de protection et de prévention civile, le tout agrémenté de plusieurs salles de prière. La construction du petit port d’accostage de bateaux est achevée : pontons et quais, unité de traitement et de recyclage des eaux usées, flotte de pêche totalement neuve, pour l’approvisionnement de l’usine, avec deux senneurs, deux ravitailleurs, huit palangriers, quatre fileyeurs, quatre caseyeurs, huit chaluts à bœuf pélagiques, dix chaluts de fond et vingt embarcations. Deux autres usines – traitement des déchets et construction d’embarcations artisanales – sont en cours de réalisation. Deux ans après son démarrage, Hong Dong emploie, aujourd’hui, 829 travailleurs – 425 au sol, 404 en mer, dans « les meilleures conditions salariales localement admises », soulignent les services comptables – et ses activités engendrent 600 emplois indirects.

Contraintes et perspectives

Hong Dong déplore, cependant, quelques travers, surtout dans l’exploitation de plusieurs de ses navires : manque de performance de quelques palangriers – quatre sont immobilisés depuis huit mois – de chaluts à bœuf – une paire n’est plus fonctionnelle depuis quatre mois – qui ont démontré certaines limites, juste après la fin de la période expérimentale accordée à la société. Les licences des navires, distillées par trois mois renouvelables – l’annuité eût été préférable – constituent une autre contrainte, ainsi que l’exploitation irrégulière, selon l’esprit de la convention, des embarcations artisanales et l’incertitude du règlement définitif de la taxe sur la valeur ajoutée, qui conditionne la réalisation des autres composantes du projet. Par ailleurs, si les pratiques des garde-côtes mauritaniens, à l’encontre des navires de Hong Dong, frisent l’acharnement, les récurrentes perturbations des services vitaux, comme l’eau, l’électricité, l’assainissement et la connexion aux réseaux (Internet et autres), rendent particulièrement difficiles les conditions de travail de l’opérateur chinois.

Malgré tout, l’espoir est grand que le nouveau cadre de concertation institué par le ministère de la Pêche favorise les meilleures conditions de dialogue permanent, pour l’ancrage d’un véritable partenariat. Les navires de Hong Dong doivent être traités exactement comme les navires nationaux ; profiter, le cas échéant, des mêmes conditions et avantages qu’accordent les lois et règlements régissant le secteur. Tout comme il est urgent que des dispositions soient prises, pour trouver des solutions salvatrices de l’environnement à proximité du complexe : le taux de pollution de certaines usines dépasse déjà les limites internationales communément admises. Mais le directeur de Hong Dong reste optimiste. « Tous les problèmes finiront par être réglés, avec le temps, et chaque partie trouvera son compte dans l’application de la convention », conclut-il.

Source:Lecalame
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