Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Quand nos marabouts, les zouaïas berbères, étaient les « lahme » des arabes Hassan…


A.O.S.A
Mercredi 3 Septembre 2014 - 16:19


Quand nos marabouts, les zouaïas berbères, étaient les « lahme » des arabes Hassan…
Voici quelques courts extraits d’un livre célèbre que j’espère nos jeunes lecteurs liront pour y voir clair dans nos histoires de berbères et d’arabes pour comprendre comment nos zouaïas qui se revendiquent aujourd’hui arabes furent si méprisés par les arabes qui les ont réduits à la vassalité après la fameuse guerre de « char Baba ». Malheurs aux vaincus car on est toujours le hartani de quelqu’un…
 
 
« A la fin du xiv e siècle se place un événement considérable qui allait changer la face de la Mauritanie. Cet événement, générateur de la situation actuelle, est l'arrivée dans l'Ouest Saharien des bandes d'origine arabe, Cette introduction de Sémites nomades, guerriers et pillards, dans un milieu berbère, devait être une cause de troubles ; et comme elle devait se renouveler, les immigrants, quoique moins nombreux, allaient dompter les Berbères, leur imposer leurs conditions et modifier leur état social. 
 
Les tribus de l'invasion arabe sont parfaitement connues en Mauritanie ; elles portent le nom de Hassanes et sont guerrières. Ce n'est pas à dire que les autres tribus, les tribus maraboutiques, ne prétendent pas être d'origine arabe. Ainsi qu'il a été expliqué plus haut, ne pouvant nier que  leurs ancêtres sont des Berbères venus du Nord de Dra, elles trouvent la solution du problème en rattachant ces Berbères par une chaîne quelconque d'ancêtres à l'un des groupes qui vivaient à La Mecque au temps du Prophète. 
 
Pour les Hassanes, ils tirent leur nom d'un de leurs ancêtres, Hassan, descendant de Maqil. »
 
 
-------------------
 
 
« Ces bandes Maqil se présentaient en deux groupements : les Chebanat et les Béni Hassan. Les Chebanat firent en général cause commune avec les Berbères Lemta qui habitaient du côté de l'Atlas, tandis que les Hassanes contractaient alliance avec les Berbères Guezoula », qui restaient dans le voisinage des sables et du désert. » 
 
« C'est donc sous le nom générique de Guezoula que les tribus Berbères de la Haute Mauritanie étaient alors désignées, qu'elles aient fait partie de cette confédération à titre de fractions constituées, d'alliées, ou de tributaires ; et c'est la fraction hassane des Maqil qui représente chez eux l'élément arabe envahisseur. »
 
« La Seguiat El-Hamra est alors l'extrême limite méridionale des courses des Hassanes, C'est à ce moment, vers 1400, qu'ils vont la franchir pour se répandre dans le Sud. Cette invasion n'est d'ailleurs pas à comparer aux hordes que l'Orient jeta sur l'Afrique du Nord, au XI e et xir 9 siècles. 
 
Vu les possibilités mauritaniennes d'une part, et vu d'autre part le nombre très peu élevé des Hassanes d'aujourd'hui, il est à croire que ces bandes ne se composaient que de quelques familles pillardes et faméliques, qui, suivies de leurs serviteurs et captifs, vinrent chercher fortune vers le Sud. 
 
C'est ce qui explique qu'à l'heure actuelle toutes les tentes Hassanes puissent faire remonter leur ascendance jusqu'à Hassan lui-même. Si ce chef de famille avait été accompagné de nombreuses bandes, on serait en droit de se demander ce que sont devenus leurs descendants. »
 
« Les groupements arabes-hassanes qui, vers 1400, envahissent la Mauritanie sont au nombre de deux, issus des deux fils de Hassan : Oudeï et Delim. De Delim sont issus les Oulad Delim dont il n'y a pas lieu de s'occuper ici, puisqu'ils nomadisent au Nord du Tiris, et qui d'ailleurs ont fait l'objet d'une notice spéciale (1). 
 
C'est d' Oudeï que sont sorties les tribus hassanes qui peuplent le Trarza, et même les Oudaïa du Maroc. Il est opportun de donner ici le tableau généalogique des descendants de Hassan, car on pourra saisir d'une vue d'ensemble les données de la tradition maure. 
 
(1) Bulletin du Comité de V Afrique française : Renseignements coloniaux, mai 1915. »
 
« Le groupement le plus fort, le seul qui compte et qui d'ailleurs donne son nom aux autres est celui constitué par les fils de Terrouz. Il se compose aujourd'hui, comme on le verra par la suite, quand chronologiquement ils entreront en scène, des Oulad Daman et des Oulad Ahmed ben Daman. Mais il faut signaler en outre quelques tentes dispersées ou fondues dans d'autres campements, débris des tribus qui firent successivement sentir leur prépondérance sur la Mauritanie. »
 
 
-------------------------
 
 
 « CHAPITRE II 
La domination des Hassanes Oulad Rizg (XV e siècle) 
 
Le xv e siècle paraît dominé : dans le Tiris et dépendances, par les descendants et bandes de Rizg, fils d'Oudeï, fils de Hassan ; dans l'Adrar et le Hôdli, par les descendants et bandes de Daoud, autre fils d'Oudeï. 
 
Les Oulad Rizg, comme les appelle la tradition, comprenaient les campements de ses cinq fils, à savoir : les Oulad Merzouq, les Oulad Aid, les Djaafra, les Sekakna, et les Rehamna (ou Rehamin), respectivement issus ou dépendants de Merzouq, Aïd, Djaafer, Sekkoun, et Ralimoun fils de Bassim. 
 
Des Oulad Rizg, il convient de dire que subsistent aujourd'hui dans le Trarza, mais fort amoindries numériquement et politiquement, quelques petites fractions restées hassanes indépendantes : les Oulad Moussa, -les Oulad Beniouk, les Oulad Khalifa, les Oulad Ben AH, qui marchent dans le village des Oulad Ahmed Ben Daman. Les autres : Oulad Aïd, quelques tentes Bassim, sont fondues chez les Arroueïjat et dans le Brakna, ou sont Télamides des Ahel Barik Allah ; et enfin quelques tentes Rehamna et Zebeïrat qui ont été réduites, à ,la suite de guerres malheureuses, à l'état de tributaires des Oulad Ahmed ben Daman. Ils sont guerriers néanmoins et marchent en rezzou avec leurs suzerains. 
 
Les Oulad Daoud, dont les destinées se sont tournées vers l'Est ont donné naissance à plusieurs des nombreuses et indociles tribus du Hodh (Oulad Allouch...) Ils comprennent en outre le campement des Agcharat, qui marchait de préférence à l'Ouest avec les Oulad Rizg. Les descendants des Agcharat vivent toujours, sous ce nom et sous celui d'Oulad Agchar dans l'Adrar et le Trarza. Si la branche de l'Adrar constitue une importante tribu, celle du Trarza n'est qu'une petite fraction d'une dizaine de tentes, inféodée à l'heure actuelle à l'émir Ahmed Saloum III. 
 
Les Oulad Rizg et les Agcharat étaient appelés alors Arabes Regueïtat, c'est-à-dire dans la terminologie maure, Arabes qui occupent un territoire inhabité, sorte de zone neutre, sise entre deux Etats auxquels elle n'appartient pas. »
 
 
« Cette oppression des Berbères par les Arabes se continua d'ailleurs pendant la durée des XV e et xvi c siècles sous les formes les plus diverses. Si les Arabes se montraient inlassablement batailleurs et pillards, les Berbères se signalaient alors « par leur persistance inébranlable à ne pas payer de « redevances aux Hassanes et autres peuplades, et la persévérante solidarité qu'ils montrèrent à cet égard. » Ils aimaient mieux se laisser piller que de payer tribut, et entre deux maux choisissaient le premier et le supportaient avec sérénité. Cette solidarité qu'ils opposaient aux fauteurs de désordre qu'étaient les Hassanes se traduisait par la fidélité à leurs institutions coutumières et par une intime union entre tribus ; ils n'hésitaient pas à rejeter de leur sein tout individu, quelle que fût sa situation, qui n'acceptait pas les  décisions des Djemaa, ou voulait instaurer une politique personnelle. 
 
Ils poussaient leur désir de faire bloc devant l'ennemi jusqu'à sacrifier leurs intérêts et leurs droits, plutôt que de soulever des contestations qui les eussent affaiblis. Le Chiamez-Zouaïa signale comme une énormité un litige qui s'éleva un jour entre deux cousins des Id Atjfagha au sujet d'esclaves dont chacun réclamait la propriété. Le Cadi Sid El-Fadel, devant qui fut porté le différend, ordonna de le cacher et fît séquestrer les plaideurs, considérant cet événement, sans précédent chez les Tachomcha, comme une honte. Il le régla sans entendre les parties et sans même prononcer leurs noms, en prescrivant à l'un d'eux de donner une esclave à l'autre. La partie succombante, Abou Habib Allah Moussa ben Abou Baker Chella, s'exécuta ; et depuis ce jour beaucoup de ses descendants crurent de leur honneur de faire don de temps en temps d'un esclave aux descendants d'AboU Fadel, la partie gagnante. 
 
Ces belles qualités morales auxquelles on pourra joindre, si l'on veut, toutes celles que cite le Chiamez-Zouaïa : douceur, patience, charité, hospitalité et toutes les vertus domestiques, n'étaient pas suffisantes. Entre ces deux peuples dont l'un ne cessait d'affirmer ses droits à l'existence aux dépens des autres par les exploits de Sa valeur guerrière, et dont l'autre uniquement adonné aux arts de la paix : « forage a incessant des puits, recherche des pâturages, élevage des « troupeaux, commerce », se refusait à défendre, les armes « à la main, sa vie sociale et sa civilisation, la lutte était « inégale. Elle devait se terminer, comme on le verra plus loin, par le triomphe politique des Hassanes et l'assujettissement complet des Berbères. 
 
Cet effacement des Berbères paraît tout à fait regrettable. S'ils avaient voulu résister fermement aux envahisseurs, leur nombre et leurs richesses leur permettaient facilement de dompter ces quelques pillards et de les rejeter au loin ou de les assimiler. La civilisation berbère, pratique et progressiste, valait bien les coutumes arabes, négatives ou oppressives, issues d'un nomadisme invétéré, impropre, à toute évolution sérieuse. Au point de vue économique le Sahara Occidental, méthodiquement mis en valeur par la ténacité âpre et presque cupide du Berbère, serait vraisemblablement beaucoup plus riche qu'il ne l'est maintenant...

lire la suite...
chezvlane


              

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
Inscription à la newsletter
Les + populaires