Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Quand Carla Bruni défend Valérie Trierweiler pour accabler François Hollande


Culture
Mercredi 26 Août 2015 - 18:00

Dans un livre à paraître, Carla Bruni évoque le destin de Valérie Trierweiler pour mieux accabler Hollande. La vie privée du président, arme de destruction massive du couple Carla Bruni-Nicolas Sarkozy?


Défendre Valérie Trierweiler pour mieux accabler François Hollande. Dès qu’il s’agit de l’actuel président, Carla Bruni, épouse de Nicolas Sarkozy, demeure une arme de destruction massive. Preuve en est les propos que tient l’interéssée dans un livre à paraître la semaine prochaine ("Vie Privée-Vie Publique. Un voyeurisme d'état. Le roman vrai des Présidents"-First Document).
 
Pour la première fois, Carla Bruni y évoque le livre publié l’an passé par l’ancienne compagne du Chef de l’Etat, "Merci pour ce moment". Et comme rien n’est anodin, ni accidentel dans la famille Sarkozy dès lors qu’il est question de communication, il n’est pas possible de ne pas faire une lecture politique de ce plaidoyer en faveur de Valérie Trierweiler.
 
A contresens apparent, Carla Bruni commence par défendre le principe même du livre, que le Tout Paris politique et médiatique a pourtant condamné à l’unanimité. "Ce livre de Valérie Trierweiler m’a semblé une mise au point.
 
 Il répond d’abord à une humiliation". Sans hésiter, Carla Bruni accorde les circonstances atténuantes de rigueur à celle qui partagea une dizaine d’années la vie de François Hollande, le tout au nom de la douleur de l’héroïne.
 
La double-peine de Valérie
 
"L’infidélité, c’est déjà quelque chose de douloureux" dit Carla Bruni, qui ajoute : "Alors lorsque cette infidélité est publique, ça double la peine en quelque sorte".
 
S’ensuit un développement compatissant : "On se sent humilié. Valérie Trierweiler est une femme de son temps qui a été placée dans un endroit sans y avoir été préparée. C’est une journaliste pas une personnalité publique".
 
Puis, le passage obligé par la case empathie et transfert, légitimé par le partage d’une expérience commune et peu ordinaire, le passage dans le rôle de Première dame de France : "Elle ne connaissait pas ces vagues incessantes de médisances et de diffamations".
 
Enfin, l’explication des causes initiales du malheur : "Elle n’était pas en position de légitimité, n’étant ni mariée ni pacsée. Et quand, en prime, cette histoire est arrivée, elle a craqué. Elle a été dévastée. Aucune femme n’aurait tenu le choc".
 
Le plaidoyer en faveur de Valérie Trierweiler se révèle, in fine, réquisitoire contre François Hollande. Le nom n’est jamais prononcé, mais l’ensemble du propos est construit de telle manière que le lecteur finit par en déduire que le seul responsable, voire coupable, au sujet de la sortie de ce livre, c’est le Président de la république lui-même.
 
L'omniprésente Carla
 
Certes, le jugement de Carla Bruni relève du peopolitique, à ce détail près que l’épouse de Nicolas Sarkozy n’est pas un peopolitique comme les autres. Depuis qu’elle est entrée dans la vie publique française aux côtés de celui qui était déjà président quand elle est devenue sa femme, elle n’a cessé d’être un élément clé de la communication sarkozyste.
 
Hors cas exceptionnel, tel que l’entretien Tour de France et vélo accordé au Parisien magazine en juillet dernier, il est rare que les apparitions médiatiques de Nicolas Sarkozy soient mises en scène sans la présence éthérée de l’ancien mannequin-chanteur. Du défilé du 11 janvier aux photos souvenirs de Corse, Carla est omniprésente, voire omnipotente.
 
Ainsi les traditionnelles photographies de l’été publiées par Paris Match sont toujours le prétexte à la représentation de la vie de rêve d’un couple uni, en harmonie et uni pour la vie.
 
Les clichés de l’été 2015, où l’on peut contempler Nicolas Sarkozy enlacer Carla Bruni en bikini tel Alain Delon Romy Schneider dans La Piscine attestent du message décliné autant que possible depuis l’affaire Closer, soit depuis janvier 2014 : le président normal, celui qui ne cache pas sa vie de couple après une rupture de tragédie grecque, c’est Nicolas Sarkozy.
 
 En subliminal, le message du couple Carla et Nicolas est répété à l’infini, de telle sorte qu’il finisse par devenir vérité : François Hollande est cet homme qui se cache pendant ses vacances, laissant planer le flou sur sa destination et ceux qui partagent ses loisirs. Qu’a-t-il à cacher François Hollande, qui n’est même pas capable de pouvoir dire où il passe ses vacances, et avec qui?
 
Une leçon de vertu et de morale
 
Avec les propos tenus dans le livre à paraître, une étape supplémentaire est franchie dans l’exploitation politique de la vie privée de François Hollande. Du subliminal, qui jouait des contrastes entre l’affichage de son bonheur de couple et l’opacité qui entoure la vie privée du président, on passe à la leçon de vertu et de morale. Dans le livre à paraitre, François Hollande est dépeint, en creux, comme un personnage à la personnalité peu estimable.
 
Dans le couple Sarkozy, on sait que les petits ruisseaux de communication finissent par faire les grandes rivières électorales. Rien n’est ignoré, tout est exploité. En l’état, la question de la vie privée du président étant un problème pour lui, il ne faut pas s’étonner de voir cette faille dans la cuirasse hollandienne exploitée par l’adversaire autant que faire se peut.
 
Faut-il rappeler, quoi qu'il puisse en déplaire aux bonnes âmes, qu'une élection présidentielle, c’est d’abord et avant tout une question de personnalités et de caractères, voire une affaire d’hommes et que la perception que les Français ont du tempérament et de la psychologie de celui qui aspire à les gouverner compte plus que le programme du candidat? Dans un tel contexte, la com' du coeur est devenu un enjeu crucial pour tout postulant à la présidence de la république.
 
Il est possible, et même probable, que plus l’on avancera dans le temps, plus le couple Sarkozy continuera de mettre en avant sa blanche vertu, l’opposant au flou moral qui entoure la vie et les mœurs de François Hollande.
 
C’est en cela qu’il ne faut pas prendre à la légère la sortie de Carla Bruni dans le livre de Philippe Labit, en ce qu’elle annonce une offensive de grande ampleur sur une thématique personnelle qui est encore un point faible de François Hollande. L'Obs lui-même n’a-t-il pas consacré une enquête au problème politique que pose au président la gestion publique de sa vie privée ?
 
 Pour autant, cela ne signifie pas que l’opération de communication du couple Sarkozy ne soit pas elle-même dépourvue de faiblesse. Comme son mari, Carla Bruni ne résiste pas à la tentation d’en faire un peu trop.

Quand elle ose dire, évoquant l’Elysée, que "Ce n’est pas un endroit où l’on peut aller sans amour", un sourire narquois étreint le lecteur. Que vient faire l’amour dans cette galère? France, Sarkozy, Elysée, Pouvoir, Amour : cherchez l’intrus.

challenges.fr
Noorinfo


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter
Les + populaires