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Pugilats politiques : Quand les studios radios servent de ring


Actu Mauritanie
Lundi 10 Juin 2013 - 10:19

Pas un jour ne passe, sans qu’une ou plusieurs radios privées n’abritent des joutes oratoires dont les acteurs les plus prisés sont souvent des leaders ou cadres de la majorité et de la Coordination de l’opposition démocratique (COD). En manque cruel de programmes et d’inspiration, les animateurs de ces moyens de communication meublent ainsi l’essentiel de leur tranche par des pugilats politiques où les verdeurs et les empoignades verbales sont sensées servir un public mauritanien dont l’existence est à trois quart nourri de "politique".


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Certains débats atteignent parfois le seuil de la tolérance zéro, les contradicteurs vedettes frôlant le crêpage des chignons. L’excitation provoquée par de tels échanges, très suivis en terra Mauritania, constitue pour ces médias en déficit de communication une obole en termes d’audiences. Mais qu’en gagnent la démocratie et le règlement des problèmes quotidiens des citoyens ?


Crées souvent sous le sceau de l’improvisation, malgré des cahiers de charge satisfaisants mais sans emprise sur le réel, les radios privées en Mauritanie semblent avoir jeté leur dévolu sur la matière la plus prisée par les Mauritaniens, la politique. Après avoir gagné la palme du pays aux Millions de poètes, la Mauritanie est en effet le pays des Millions de politiciens. Chacun s’y intéresse, du cadre centralien au charretier fraîchement débarqué de son Aftout natal. Aussi, la radio reste l’objet le plus vendu dans un pays qui se faisait appeler jusqu’à une date récente, "Bilad Essayba" ou le pays de la Grande vadrouille. Après la religion, la politique vient en effet en seconde position dans l’ordre des priorités.

Les nouveaux médias émergents, radios et télés privées, sites électroniques, n’avaient même pas besoin d’un sondage d’opinion pour connaître le produit médiatique le plus vendu ici.

Ainsi, en longueur de journée et de soirée, impossible de rater une joute oratoire. Les acteurs de ces productions radiophoniques ou télévisuelles, sont la plupart de la majorité présidentielle et de l’opposition la plus radicale, la COD. La tension soutenue entre ces deux extrêmes de la scène nationale en font des cibles privilégiées. Pendant une ou deux heures d’horloge, les auditeurs ou téléspectateurs se saoulent jusqu’à l’overdose, oreille et yeux rivés sur les échanges de verdeur, d’arguments contradictoires, s’amusant presque du jeu virtuel des acteurs qui échangent à coups de salives sur la couleur du ciel.

"Rose " dit l’un, "Faux, jaune " s’égosille l’autre. Tels des boxeurs dans un ring sans cordes, les combattants tapent dans le vide, avec un public participatif qui apporte son grain de sel. Chacun des protagonistes comptabilisent ses supporters anonymes, ripostant non plus à un seul adversaire, mais à plusieurs tapis dans l’ombre de leur poste radio ou de leur télévision.

Un spectacle qui dure depuis que la déferlante de l’audiovisuel national a envahi les foyers et le paysage médiatique. Même les radios et la télé publique, jusque-là porte-voix de l’ordre régnant, se sont mis au jeu de la diversité, profitant de cette manne médiatique pour capter une partie de l’auditoire, qui semble de plus en plus s’éloigner de leurs lisières.

Ainsi, les derniers matchs qui alimentent aujourd’hui le fil de l’actualité mauritanienne, sont ces magnifiques combats qui ont opposé sur les ondes de Radio Mauritanie, d’une part Yarba Ould Sghaïr, Secrétaire exécutif du parti Union Pour la République (UPR) et Mohamedou Naji Ould Ahmed, cadre du parti Union des forces du progrès (UFP), et de l’autre, l’épique duel entre Yarba Ould Sghaïr et un autre ténor de l’UFP, Babana Ould Gawad.

Les tribuns de la COD et ceux de la majorité continuent ainsi leur show médiatique musclé, dans une guerre de sourds, où aucun des intervenants ne parvient réellement à emporter la manche. Contre la Mauritanie Nouvelle des partisans, où tout est historique et nickel, s’oppose la Mauritanie des opposants, où tout est sombre et dramatique. Entre les deux, les citoyens s’agrippent à leurs convictions partagés entre pro et anti. Même pour les élections législatives et municipales, en retard de plus d’une année par rapport au délai constitutionnel, le consensus semble être loin d’être réalisé. Elles constituent ces jours-ci un bon plat de résistance sur lesquelles, radios, télés et sites électroniques se jettent goulument.

Pendant ce temps, les préoccupations massives des populations sont laissées en rade. Les problèmes quotidiens des squatters, les cris de détresse d’une société livrée à de nouveaux types de prédateurs, la hargne paupérisante des gros commerçants, etc.Toutes ces amères réalités vécues au quotidien n’occupent que des places congrues dans les émissions et programmes.

Source:Lauthentic
Noorinfo


              

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