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Programme Emel: Un énième scandale au CSA


Actu Mauritanie
Mercredi 8 Mai 2013 - 13:25

Depuis quelques temps, sans aucune réaction officielle, un scandale financier en chasse un autre. Il ne se passe pas une semaine sans que des faits majeurs de malversations de détournement et de corruption présumées ne soient révélés. Rien que dans le cadre d’exécution du programme EMEL2013 c’est le énième d’une longue série. De quoi s’agit-il au juste ?


Programme Emel: Un énième scandale au CSA
Dans le cadre de la mise en œuvre du programme Emel 2013 le Commissariat à la Sécurité alimentaire a sollicité des offres sous plis fermés de la part de candidats éligibles, au regard des critères très particuliers du CSA, pour la fourniture de 30000 tonnes de blé en six lots de 5000 tonnes, de 20000 tonnes de sucres et 8000 000 de litres d’huile végétale. Jusque là rien que de très normal, mais ce que la plupart des non initiés ne savent pas que de tels appels d’offres apparemment anodins donnent lieu aux plus grandes malversations sans que personne ne s’en rendent compte. Pour les experts internationaux auxquels nous avons soumis l’appel d’offre celui-ci est si vague et si imprécis que son prix peut aller du simple au double.

Toujours est-il que nous avons suivi la procédure d’attribution de ce marché auquel ont participé quatre entreprises : TEMWIN, EMNI, MIREX et MATRIX et c’est Temwin d’Ehel Weddady qui remporta le marché en proposant entre 130000 et 134000 ouguiya la tonne de blé. Evidemment ces prix anormalement bas nous alertèrent. Nous nous demandions comment sur un produit qui a un marché unique, une cotation internationale connue, peut il avoir une différence de plus de 10000 ouguiyas à la tonne entre deux fournisseurs ? Sur toute la transaction cela fera une différence de trois cent millions d’ouguiya.

L’explication est pourtant toute simple: Il est impossible que les fonctionnaires du CSA qui travaillent depuis des années dans ce domaine ne savent pas que les blés ne sont pas les mêmes, mais le public lui l’ignore. Alors il suffit de concocter des spécifications technique trop vague et en commun accord avec celui qui va remporter l’appel d’offre convenir d’acheter le bas de gamme et de se partager la différence. Nous avons essayé de connaitre et l’origine et la qualité du blé fourni par Temwin et nous avons pu déterminer que la cargaison de 31000 tonnes qui vient d’arriver en rade du Port de Nouakchott à bord du bateau Mvelenia battant pavillon comorien est de type Soft Red Winter Wheat ou blé tendre rouge d’hiver qui se traite généralement sur le marché de Chicago. Et toujours d’après les informations que nous avons pu obtenir tous les derniers blés qui ont été fournis à la Mauritanie sont tout juste bon à servir d’aliment pour bétail.

Evidemment même à l’heure actuelle il suffit de commander une expertise des blés fournis ces derniers mois à la Mauritanie et bien sûr prélever un échantillon du blé fourni par Temwin pour en déterminer la qualité. Evidement dans l’appel d’offres du CSA sous la colonne spécifications techniques et normes applicables, il est juste noté pour le blé, en sacs de 50kg et production 2011-2012 mais même pour cette dernière spécification, personne ne peut affirmer qu’elle est scrupuleusement respectée. Signalons qu’il ya deux grands types de blé, le tendre utilisé en boulangerie ou en alimentation animale (blé fourrager) et le blé dur utilisé en semoulerie (couscous, pates). Finis les BPS, BPC, BAU, etc. En France par exemple, la récolte des blés est classée en « E, 1, 2 ou 3 ». Les professionnels de la filière céréalière y travaillent depuis plusieurs années. Cette nouvelle grille de classement va permettre de mieux identifier la diversité et les caractéristiques de la récolte en fonction de trois critères technologiques considérés comme essentiels : le taux de protéines, la force boulangère ou W (« travail »), et l’indice de chute de Hagberg.

La teneur en protéines est aujourd’hui recherchée par tous les acheteurs ; en meunerie bien sûr mais aussi dans la filière amidon, où les protéines sont importantes pour valoriser les co-produits ; il en est de même en alimentation animale, où, si le blé apporte un point de protéines en plus, il est possible d’économiser des kilos de soja ou de tourteaux.

La force boulangère, mesurée essentiellement par le W, détermine les caractéristiques plastiques d’une pâte (aptitude à la déformation). Autrefois les meuniers se contentaient d’un W de 120. Aujourd’hui, avec le développement de la panification industrielle, ils sont devenus plus exigeants, ils demandent en général un W de 200 en boulangerie artisanale et de 250 en boulangerie industrielle.

L’indice de chute de Hagberg est utilisé lui pour déterminer l’activité amylasique (ou enzymatique) du blé. Elle est correcte entre 180 et 250. Au-delà de 250, elle peut être corrigée. Par contre, au-dessous de 180, elle peut être préjudiciable à la panification et au-dessous de 120, le blé est considéré comme non panifiable. Et tout juste bon à l’alimentation du bétail.

La nouvelle grille intègre aussi cinq critères physiques : le poids spécifique, le taux d’humidité et le taux d’impuretés, de grains germés et de grains brisés. Autant dire qu’il ya presque autant de blés que de besoins différents et comme nous l’avons souligné le prix peut varier du simple au double. Notons simplement que sur 35 millions de tonnes de blé tendre, 4,3 Mt sont classées en catégorie 3, à cause de leur taux de protéines et temps de chute de Hagberg, pour une valorisation en alimentation animale.(source France agrimer). Au-delà de ces explications techniques le problème reste que chaque qu’il ya de l’argent public à dépenser, de petits malins trouvent des combines pour s’en mettre plein les poches. Aussi il est urgent que les autorités publiques mettent en place des mécanismes crédible et efficaces qui devront traiter de toutes ces questions pointues et cruciales.

En effet la complexité du trading international oblige les états à être vigilants devant cette mondialisation qui fait fi des frontières et qui a transformé la planète en un seul marché. Les traders indélicats sont légions et ceux qui sont prêts à vous fourguer des produits alimentaires transgéniques, périmés, radioactifs, impropres à la consommation se trouvent à tous les coins de rue et le seul moyen de s’en prémunir est de mettre en place des mécanisme de contrôle efficace et à l’abris des tentations nombreuses qui existent dans ce secteur.

Bouna cherif
Pour le quotidien de Nouakchott
Lu sur
Mauriweb.info
Mamoudou Kane


              

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