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Prise d'otages en Algérie : épilogue sanglant avec la mort d'au moins 23 otages


Actualité
Dimanche 20 Janvier 2013 - 10:35

L'armée algérienne a mis fin, samedi 19 janvier, à quatre jours d'une prise d'otage spectaculaire par un groupe islamiste lié à Al-Qaida sur le complexe gazier d'In Amenas, dans le sud-est de l'Algérie.


Lors de l'assaut final donné samedi par les forces spéciales algériennes, sept otages étrangers auraient été tués ainsi que onze islamistes. | AFP/FAROUK BATICHE
Lors de l'assaut final donné samedi par les forces spéciales algériennes, sept otages étrangers auraient été tués ainsi que onze islamistes. | AFP/FAROUK BATICHE
A la mi-journée, les forces spéciales algériennes ont donné l'assaut final contre les ravisseurs, qui avaient indiqué être retranchés avec sept otages étrangers sur le site de l'usine de Tiguentourine. Onze militants islamistes ont été tués dans l'assaut, après avoir exécutés leurs sept otages étrangers, a indiqué l'agence de presse algérienne APS citant une source sécuritaire algérienne.

Selon un bilan officiel provisoire du ministère de l'intérieur algérien, cité par l'agence APS, 23 otages seraient morts depuis mercredi, ainsi que 32 ravisseurs. Les forces algériennes ont pu libérer "685 employés algériens et 107 étrangers", a ajouté le ministère de l'intérieur. "Le groupe terroriste, qui a accédé au territoire national à partir de pays limitrophes, à bord de plusieurs véhicules tout terrain, était constitué de 32 criminels, dont trois Algériens, avec des spécialistes en explosifs", précise la même source, ajoutant que "les autres criminels sont de différentes nationalités".

L'armement récupéré est composé de "6 fusils-mitrailleurs (FMPK), 21 fusils PMAK, deux fusils à lunettes, 2 mortiers 60mm avec roquettes, 6 missiles de type C5 60 mm avec rampes de lancement, 2 RPG7 avec 8 roquettes, 10 grenades disposées en ceintures explosives", a indiqué la même source, ajoutant que l'opération a permis la récupération de "tenues militaires étrangères et d'un stock de munitions et d'explosifs", ajoute l'APS. L'opération de déminage du site gazier se poursuivait toujours en fin de journée. "Il a été constaté que l'usine a été minée dans le but de la faire exploser", a indiqué la compagnie Sonatrach dans un communiqué.

L'IDENTITÉ DES VICTIMES RESTE INCERTAINE

Selon une source au sein de la sécurité algérienne, citée par l'AFP, les sept otages étrangers, tués samedi et dont la nationalité n'a pas été communiquée, auraient "été assassinés en représailles". Toujours selon cette source, l'armée aurait été forcée à intervenir après qu'un feu se soit déclaré dans l'usine. Vendredi, les islamistes ont annoncé à l'agence mauritanienne ANI détenir trois Belges, deux Américains, un Japonais et un Britannique. Bruxelles a toutefois dit ne disposer d'aucun indice sur des Belges parmi les otages. Selon le ministre de la défense français, Jean-Yves Le Drian, il n'y avait plus samedi matin d'otage français détenu à Tiguentourine.

Samedi, le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a déclaré que cinq Britanniques étaient morts ou disparus, mais que la grande majorité des citoyens britanniques étaient désormais sains et saufs.

Le premier ministre japonais Shinzo Abe a déclaré avoir reçu des autorités algériennes "une information grave" sur la situation d'otages japonais. Le porte-parole en chef du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, a précisé peu après que les informations données par Alger "parlaient de mort" et évoquaient les Japonais employés sur le site, dont on est toujours sans nouvelles.

Quatre des employés de BP sont également portés disparus, a indiqué le groupe pétrolier britannique qui craint qu'il y ait "un ou plusieurs morts" à déplorer parmi eux. "Au moment de l'attaque, il y avait 18 employés de BP" sur le site et 14 sont "sains et saufs", a précisé l'entreprise. Mais "ni les autorités sur le terrain, ni les gouvernements internationaux, ni BP n'ont pu localiser quatre d'entre eux". Le PDG de l'entreprise norvégienne Statoil, Helge Lund, a indiqué être sans nouvelles de cinq employés norvégiens sur les 17 présents lors de la prise d'otages.

Vue aérienne du complexe gazier d'In Amenas en Algérie, près de la frontière libyenne. | AFP/DIGITALGLOBE
Vue aérienne du complexe gazier d'In Amenas en Algérie, près de la frontière libyenne. | AFP/DIGITALGLOBE
Parmi les otages confirmés morts jusqu'à vendredi figurent notamment des ressortissants de France, des Etats-Unis, de Roumanie, de Grande-Bretagne et d'Algérie. Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères a annoncé vendredi soir la mort d'un otage français originaire du Pays-Basque lors de "l'opération de libération" lancée par l'armée algérienne, mais indiqué que trois Français avaient la vie sauve.

La victime, Yann Desjeux, 52 ans, avait pu jeudi répondre à quelques questions du quotidien Sud-Ouest. L'information a été confirmée samedi sur France 3 Bretagne par le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian : "Il y a aujourd'hui, à notre connaissance, un Français qui a été tué, malheureusement, et des Français qui ont été libérés." Le corps de la victime a été reconnu et est actuellement en cours de rapatriement sur Alger, a indiqué son entourage familial.

Alors que le département d'Etat américain a également indiqué vendredi soir la mort d'un de ses ressortissants, le sort d'un certain nombre d'otages restait incertain samedi matin. La chaîne de télévision américaine NBC News a pour sa part assuré que deux Américains s'étaient échappés et que le sort de deux autres demeurait inconnu.

UN COMMANDO INFILTRÉ DEPUIS LE NIGER

Abdoul Rahman, dit "le Nigérien", aurait été à la tête du commando d'une quarantaine de djihadistes qui a perpétré la prise d'otages sur le site de In Amenas, dans le sud-est algérien. | AFP/ANI
Abdoul Rahman, dit "le Nigérien", aurait été à la tête du commando d'une quarantaine de djihadistes qui a perpétré la prise d'otages sur le site de In Amenas, dans le sud-est algérien. | AFP/ANI
Depuis le lancement de l'opération militaire, quatre importants chefs djihadistes participant au commando ont été tués, indique le quotidien algérien El Watan. Il s'agit de Abdelrahmane, dit "le Nigérien", du chef "des fils du Sahara pour la justice islamique ", Lamine Moucheneb, alias Taher, de l' Algérien Abou Al-Baraa et du mauritanien Abdallahi Ould Hmeida. D'après les sources djihadistes citées par ANI, le commando était dirigé par Abdelrahmane, dit "le Nigérien" et est composé d'une quarantaine de personnes originaires d'Algérie, d'Egypte, du Niger, du Tchad, de la Mauritanie, du Mali et du Canada qui se seraient infiltrés en Algérie depuis le Niger.

Citant des sources au sein du groupe des "signataires du sang" de Mokhtar Belmokhtar, commanditaire de la prise d'otages, l'agence ANI a affirmé que ce dernier avait proposé "à la France et à l'Algérie de négocier pour l'arrêt de la guerre livrée par la France" dans le nord du Mali. Mokhtar Belmokhtar, un djihadiste algérien, voulait en outre "échanger les otages américains détenus par son groupe" contre un Egyptien, Omar Abdel-Rahman, et une Pakistanaise, Aafia Siddiqui, emprisonnés aux Etats-Unis à la suite d'accusations liées au terrorisme. "Les Etats-Unis ne négocient pas avec les terroristes", lui a rétorqué le département d'Etat américain.

Le ministre de la défense français, questionné sur la présence éventuelle d'un djihadiste français parmi les preneurs d'otage, a par ailleurs indiqué qu'il ne pouvait "pas assurer que ce djihadiste français, qui s'appellerait Le Guen, soit présent sur le site". "On le saura assez vite", a-t-il ajouté, en précisant que ce djihadiste "n'a pas quitté la France hier: il était au Mali depuis plusieurs semaines".

Source : AFP et lemonde.fr
Mamoudou Kane


              

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