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Présidentielle 2012 au Sénégal : Le PDS en «désordre» de bataille


International
Mercredi 18 Janvier 2012 - 14:26

A quelques semaines de la campagne électorale, le président Wade fait face à la colère de certains de ses alliés et militants. Les signes d’agacement et l’envie d’aller voir ailleurs constituent un danger pour le camp libéral. Une perspective maussade pour le « Pape du Sopi » qui doit engager dans les semaines qui viennent ce qui apparaît comme son ultime combat politique.


Présidentielle 2012 au Sénégal : Le PDS en «désordre» de bataille
Au Pds, les frustrations sont nombreuses. Il y a les responsables qui se sentent exclus, les alliés qui considèrent qu’ils ne sont pas récompensés à la hauteur de leur engagement, mais il y a aussi ceux qui pensent que Me Wade refuse de marcher dans le sens de l’histoire en maintenant urbi et orbi sa candidature.

Abdou Fall, responsable libéral à Thiès et membre du Comité directeur du Parti démocratique sénégalais (PDS), a mis un terme à ses activités politiques mais n’a pas démissionné.

Officiellement directeur de cabinet politique du président Wade, Fall ne dispose pas de bureau à la présidence. Il s’est senti exclu des activités politiques de son mentor. Ce qui justifie le début de rebellion qu’il a engagé. « Je ne peux plus continuer dans un parti où je n’ai plus le droit à la parole ; c’est maintenant qu’il faut poser les actes forts. Si on ne le fait pas, le président reste fort et, ceux qui sont autour de sa proximité en profitent. Il est temps que le président Wade joue le rôle d’arbitre », a déclaré le tonitruant Abdou Fall qui ajoute : « je compte être acteur. Si les choses ne changent pas, je retrouve ma liberté. Mais je ne serais derrière personne, que ce soit Idy ou Macky Sall ».

Massokhna Kane, célèbre avocat, membre fondateur du Parti d’Abdoulaye Wade, a préféré démissionné du Pds après l’investiture du président. Pour lui, cette candidature est de trop.
« Je vous notifie ma démission du Parti démocratique sénégalais avec beaucoup d’amertume et d’inquiétude sur la tournure que peuvent prendre les prochaines échéances électorales’’, écrit Me Kane dans sa lettre.
Me Kane pense que des responsables obnubilés par la préservation de leurs intérêts matériels empêchent le président Wade d’avoir la lucidité et le sens de l’histoire qui ont caractérisé sa longue lutte politique.

‘’Les raisons objectives de mon opposition à cette candidature résident […] à trois niveaux : le premier est, sans conteste, la lourde incertitude de la recevabilité de votre candidature ; le deuxième est d’ordre éthique, relativement au respect de la parole publiquement donnée à travers les média. Le troisième concerne votre âge qui est un facteur de gêne et de haut risque », a-t-il ajouté.

Avant la démission de ce militant libéral, le ministre de la Communication Moustapha Guirassy a déposé sa lettre de démission du gouvernement. Une démission que le président Wade et son Premier ministre n’ont pas accepté. Responsable du Parti démocratique sénégalais dans la région de Kédougou, Guirassy n’a pas apprécié que l’on mette en selle son rival politique. Elhadji Cissé a été nommé coordonnateur des élections dans la région de Kédougou. Un casus beli pour Guirassy qui s’est battu pour la reconquête de Kédougou dont il est le maire.

A la suite d’un réaménagement ministériel qui « charcute » son ministère , Abdoulaye Baldé a été sommé par sa base politique de Ziguinchor de démissionner du Pds et de ses fonctions. Une requête à laquelle il n’a pas encore donné suite.

«Je leur demande de me faire confiance et de garder leur calme et leur sérénité, parce que la décision de nommer ou de mettre fin à une fonction d’un ministre dans le gouvernement est une prérogative du président de la République. Je connais leur intérêt et j’invite les militants à se tenir là et à continuer la mobilisation pour les combats futurs», a dit le maire de Ziguinchor en ajoutant : « Pour l’instant, je suis au Pds ».

Après ses militants, Wade est sur le point d’être lâché par un de ses fidèles alliés. Me Mbaye Jacques Diop, président honoraire du Conseil constitutionnel et ancien maire de Rufisque, souligne qu’il regrette d’avoir fusionné son parti avec le Pds. «On ne peut pas nous dire que les leaders des partis alliés sont plus représentatifs que nous. Mais ils sont au gouvernement, à l’Assemblée nationale, au Sénat, au Conseil économique et social et même dans les ambassades et dans les directions. Les partis alliés sont mieux représentés que les partis qui ont fusionné. Moi, j’en suis ravalé au rang de président honoraire. Mes amis sont laissés en rade et nous aussi nous sommes là comme des figurants».

Frustré, Me Mbaye Jacques Diop menace : «Il y a des candidats à l’élection présidentielle qui pensent que notre frustration est si grande au point de prendre contact avec nous, qui ont demandé qu’on les appuie. Nous allons continuer avec le Président Wade pour le faire réélire. Pour l’instant, nous avertissons que nous ne pouvons pas continuer avec une telle situation, parce que c’est par devoir républicain d’avoir assumé cela en 2000 et de pouvoir continuer ce serment en 2012. Nous verrons.»

Avant eux, Me Doudou Ndoye a été exclu du Comité directeur du Pds pour avoir adhéré au Mouvement du 23 juin qui réclame le retrait de la candidature de Me Wade.

Les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets, certains observateurs avertissent le camp libéral qui semble oublier que si Abdou Diouf a perdu le pouvoir en 2000, c’est parce que Moustapha Niasse et Djibo Ka ont quitté le Ps à la suite de querelle du même genre. Avec la perte de deux anciens Premiers ministres et numéro 2 (Macky Sall et Idrissa Seck), un ancien ministre des Affaires étrangères (Cheikh Tidiane Gadio), une ancienne ministre d’Etat (Aminata Tall) et les menaces tous azimuts qui secouent le Pds, Wade pourra-t-il tenir? Réponse le 26 février.

Ndeye Khady Lô
Pour Slateafrique.com
Mamoudou Kane


              

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