Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Président de… terrain....L’épicier, le tireur et…la Justice


B'il a dit
Vendredi 14 Août 2015 - 00:31


Mohamed Ould Abdel Aziz est un président pas comme les autres présidents. Il aime descendre sur le terrain. Tous les terrains auxquels il voue un amour profond… Il va dans les bureaux, les marchés, les centres hospitaliers, les écoles…


 Dans ces endroits, il y passe plus de temps que dans son bureau présidentiel dans lequel il n’a apparemment strictement rien  à faire.
 
Un bureau juste pour la forme afin de ressembler aux autres présidents qui ont leurs bureaux, leur paperasse, leurs dossiers…  Tant notre président n’aime pas rester cloitré entre quatre murs à lire des rapports et autres choses peu intéressantes de l’administration.
 
Pour cela le président Aziz sort tous les jours de son bureau pour visiter une administration ou aller en brousse. C’est un homme libre qui adore les espaces (lotis ou à lotir).
 
En plus de cet amour pour l’espace, tous les espaces –verts ou arides-, le président possède sa propre manière de remplir sa mission présidentielle, lui-même, en personne. Sans jamais déléguer ses pouvoirs aux autres, à ses yeux, tous voyous et fautifs… Il gère donc le pays de vive voix, en direct et à toutes les heures de la journée.
 
Pas plus tard que la semaine dernière, l’hyper président s’est rendu, en visite ‘’inopinée’’, au siège du ministère des affaires étrangères, le joli bâtiment construit par la république populaire de Chine et tombé entre des mains peu expertes qui ne savent pas souvent entretenir et apprécier la dextérité et le savoir faire millénaire de nos amis de l’autre bout du monde.
 
Bien que la visite est, officiellement, inopinée, tous les fonctionnaires du ministère étaient là parés de leurs plus beaux vêtements et en alerte générale pour accueillir l’homme de la rectification. Même la ministre des affaires étrangères, en congés, a tenu à ne pas rater l’événement.
 
Ici comme ailleurs, comme disent les medias publics, le président a visité tous les services relevant du département et a prodigué ses conseils et orientations ‘’précieuses’’ aux travailleurs afin de rapprocher les services de leur administration aux citoyens…
 
Il faut dire quand même qu’il n’y a vraiment beaucoup qui ont réellement besoin des services du ministère de Mint Soueyné. Ce sont les mauritaniens installés à l’étranger qui sont sensés avec des intérêts pour ce département. Et même les besoins dont ceux-ci peuvent réclamer, de temps à autre, sont rendus dans les consulats et autres représentations diplomatiques de la Mauritanie à l’extérieur. D
 
ans le cas échéant, on ne peut que s’interroger par rapport à pertinence d’une visite présidentielle, fut-elle inopinée, au ministère des Affaires étrangères… Si ce n’est pas pour meubler le temps et donner l’impression à l’opinion, de suivre de près l’action du gouvernement, on n’y voit pas un autre intérêt.
 
Au moment où le pays peine à sortir d’une période de grave sécheresse pendant laquelle les éleveurs n’ont cessé de se plaindre de l’élément de bétail servi par le gouvernement.
 
Autre élément qu’il faut bien noter, le président est apparu peu content ou plutôt très critique du boulot effectué au sein de ce département où les dossiers paraissent ne pas être, selon lui, bien tenus, en plus de l’absence de procédures claires.
 
Ce constat ne concerne pas uniquement ce département ministériel mais tous les services de la République. En réalité, ce ne sont pas les fonctionnaires de l’administration qui portent la lourde responsabilité dans le délabrement de l’Etat mais plutôt celui qui les a placés là ils sont. C’est lui seul qui est sensé avoir un contrat avec les citoyens mauritaniens qui est en est responsable.
 
Et il ne suffit pas de dénoncer le travail des pauvres fonctionnaires pour se dédouaner de sa défaillance devant l’opinion. Il s’agit de son administration, de son propre choix dont il est l’unique et seul responsable…
 
B‘...
 
 
L’épicier, le tireur et…la Justice
 
Dans la nuit de samedi à dimanche, un vendeur dans une épicerie, située non loin de l’hôpital militaire (ksar), s’est disputé avec un client pas comme les autres. Un jeune homme trop exigeant qui a refusé de laisser le vendeur peser les fruits qu’il comptait apporter.
 
Apparemment, il n’aime pas la balance qui est pourtant le slogan de notre justice. Juste un slogan qu’on bafoue à longueur de journée dans l’indifférence générale -et Colonel-. Une rixe aux mains opposa le vendeur et son client qui était accompagné de son épouse restée à l’intérieur de leur 4X4 flambant neuf.
 
L’assistance a réussi à les séparer, mais le client n’a pas supporté ou digéré qu’un modeste vendeur, de surcroit fils d’esclave, ose lever la voix contre lui. Et tant pis s’il était dans son droit et n’a fait que son bouleau. Il devrait, le pauvre, savoir ‘’discerner’’ entre les clients soumis aux règles et ceux qui ont le droit ou presque de les transgresser.
 
Le client enragé s’est donc précipité vers sa maison, a déposé son épouse et est revenu armé d’un fusil de chasse pour ‘’corriger’’ le vendeur ‘’insolent’’. Sans hésiter, il a tiré à bout portant sur lui, le blessant gravement au bras. Sa vie n’est pas en danger, mais cet incident est loin d’être un banal fait divers à cause de ses deux acteurs : un ancien esclave et un parent du président.
 
L’homme qui a tiré appartient à la famille du président Aziz. Celui-là même dont le propre fils avait déjà tiré sur une fille la handicapant à vie. Pourtant, l’affaire n’a pas été portée devant la justice et le tireur n’a pas été longtemps retenu à la police. Des éléments du Basep étaient venus de délivrer…
 
Est-ce que le même scénario ne risque-t-il pas de se répéter aujourd’hui ? La question mérite bien d’être posée même si le tireur contre le vendeur est encore retenu par la police depuis trois jours.
 
Certains évoquent même la colère du président Aziz qui aurait ordonné son maintien en prison. Si cela arrivait à se confirmer, on ne peut que s’en féliciter. Mais des informations concordantes évoquent une éventuelle intrusion du ministère de l’intérieur dans cette affaire. Il parait qu’il est le ‘’parent’’ de la victime.
 
Entendez par là son esclave ou ancien esclave. C’est la même chose dans la mesure où cette relation pourrait bien lui permettre de jouer un rôle, un mauvais rôle, dans l’affaire en l’amenant, lui ou ses parents, à faire un arrangement à l’amiable, loin de la justice et ses interminables circuits, avec le tireur.
 
Il est tout de même inacceptable et vraiment grave que cette affaire finisse par échapper à la justice. On doit apprendre à vivre dans un Etat où s’applique le droit, rien que le droit. Où tous les citoyens sont égaux devant la loi et sont traités strictement de la même manière quelque soit leur statut social.
 
On peut bien, dans le cas échéant, inverser les rôles dans cette rixe et se demander quel aurait été le sort du vendeur si c’est lui qui était le tireur… Au moins la prison à vie… Alors, évitons de tomber dans le piège. C‘est-à-dire la cruelle injustice à travers la règle des deux poids, deux mesures.
 
B‘...

rimbiladi
Noorinfo


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

B'il a dit





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter
Les + populaires