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"Présence obligatoire du travailleur " : Les syndicats montent au créneau


Actualité
Mercredi 3 Octobre 2012 - 10:49

La Direction du Travail vient d’instituer une nouvelle règle qui oblige désormais la présence physique du travailleur devant les inspections et le tribunal de travail en cas de conflit social. Une mesure dénoncée par la Confédation libre des travailleurs de Mauritanie (CLTM) qui juge cette décision d’illégale car violant l’action syndicale en Mauritanie.


Samory Ould Beye, SG du CLTM
Samory Ould Beye, SG du CLTM
Dans un communiqué publié à l’occasion, la CLTM souligne que cette disposition instituant présence obligatoire et physique du travailleur en cas de conflit social devant les instances d’arbitrage et qui lui enlève désormais toute possibilité de se faire représenter vide la substance des rôles juridiques dévolus aux syndicats et aux délégués des travailleurs. La CLTM a ainsi exigé dans son communiqué l’annulation pure et simple d’une telle décision, invitant le Bureau international du Travail et l’Organisation internationale du Travail à rappeler la Mauritanie à ses obligations par rapport aux lois et conventions internationales qu’elle a ratifiée. Il s’agit de rétablir la possibilité pour les travailleurs de bénéficier de plus grandes protections sociales, la CLTM relevant que des atteintes de plus en plus graves au droit du travail sont notées en Mauritanie, citant les pressions multiformes et les cas d’abus d’autorité.

La confédération juge que cette décision a été prise dans l’improvisation et n’a pas pris en compte toutes les conséquences qu’elle entraine. Car comment exiger, selon elle, à des centaines de travailleurs d’ester individuellement en cas de conflit social ou d’exiger d’un travailleur exerçant à mille lieux d’une juridiction du travail, d’aller ester pour ses droits, alors qu’il lui est impossible de s’absenter ? La CLTM qualifie en fin de compte cette mesure d’abus dans la mesure où elle touche directement aux fondements juridiques de l’indépendance syndicale, entrave l’action des organisations des travailleurs dans l’exercice de leurs droits et de leurs responsabilités. Cette disposition profite finalement selon la CLTM aux employeurs et au patronat.

Enfin, selon la confédération, cette mesure est une violation flagrante et sans précédent de la liberté syndicale. La CLTM dénonce ainsi l’obligation qui été faite aux travailleurs d’El Ghaïra (150 kilomètres au sud de Kiffa) de se déplacer individuellement dans la capitale régionale pour y rencontrer l’Inspecteur du travail, lequel a refusé de prendre en compte la procuration qu’ils ont signé au profit de leur représentant. La CLTM trouve que cette décision de la Direction du Travail se retrouve ainsi avec une force plus grande que la Constitution de la République qui garantit les libertés générales, y compris la liberté syndicale. Elle viole également la loi 17/2004 portant Code du Travail qui organise les mécanismes et les voies de recours ainsi que les procédures liées aux litiges. Elle viole enfin les dispositions et l’esprit de la Convention générale de travail, les conventions et les accords internationaux relatifs au droit syndical et social.

JOB
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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