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Pr Outouma Soumaré : le dernier soninké à plaindre en Mauritanie…


A.O.S.A
Jeudi 4 Septembre 2014 - 13:30


Pr Outouma Soumaré : le dernier soninké à plaindre en Mauritanie…
En écrivant mon dernier billet à propos du célèbre neurochirurgien, j’avais complètement oublié qu’il était depuis quelque temps le directeur de « l’hôpital Dia » car chez nous, nous avons pris l’habitude de ne voir manifester pour une communauté que les chômeurs ou les ambitieux qui veulent un poste quelque part ; de même que nous n’avons pas l’habitude de voir quelqu’un qui a un poste sérieux de la fonction publique oser manifester quoi que ce soit même dans le ton constructif.
 
Nous avons été bernés par l’article sur Cridem qui ne disait rien à propos des revendications de «  ce manifeste des soninkés marginalisés » car c’est cela qui a motivé la sortie du  Conseil Représentatif des Sooninko de Mauritanie (CRSM) suite à laquelle j’ai écrit un petit mot regrettant de voir un éminent intellectuel comme Pr Soumaré verser dans la case ethnique. 
 
Pour en savoir plus, j’ai contacté un ami d’enfance, le jeune frère du professeur, Aboubacar Soumaré, tout aussi brillant dans son domaine puisqu’il est ingénieur sortant de l’une des plus grandes écoles de France et de Navarre, l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées de Paris. Personnage discret, musulman tranquille, il est de ceux qui ont préféré rentrer au pays plutôt que d’avoir une belle carrière en occident. Il développe actuellement son entreprise de forage déjà lancée EREVNA.
 
http://www.erevna.com/

Ainsi, j’ai pu prendre un café avec le Pr Outouma et le rendez-vous fut pris pour ce matin 10h car d’une part je voulais savoir ce qui se passe dans cet hôpital Dia et de l’autre, j’étais curieux de rencontrer le Pr Soumaré. Ainsi j’ai pu lire le manifeste des soninkés, un document de 26 pages à lire tranquillement qui, dès le départ, explique qu’il s’inscrit dans la lignée du manifeste du négro-mauritanien opprimé, suivi de celui des hratines afin que les soninkés ne soient pas en reste. Un document dense à lire où l’on ne trouve que des idées constructives.


10H et des poussières, me voilà à l’hôpital Dia, j’appelle Outouma pour m’orienter mais son téléphone semble éteint. Après m’être renseigné, je le trouve  sur le toit d’un bâtiment en train de donner des instructions à des employés. Il descend et nous allons à son bureau au milieu de mille personnes qui viennent le saluer auxquelles il répond en leur langue tantôt en hassania, tantôt en wolof ou en soninké, peut-être en poular.
 
Dans son bureau, Outouma, toujours très simple loin de l’air pompeux des imposteurs, répond à mes questions en toute franchise et me donne les chiffres que je réclame. Il n’a pas dit un mot de politique ni rien contre quiconque de ses partenaires. Tout ce que je dirai maintenant n’engage que ma vision des choses jusqu’à cette photo où on le voit avec derrière la photo du chef de l’Etat. Cette photo était à sa place, bien en vue, comme c’est le cas quand on rentre dans un bureau de l’administration à ce niveau de responsabilités mais quand j’ai voulu prendre une photo d’Outouma, je ne voyais pas derrière la photo d’Aziz. Alors, je l’ai décrochée et je l’ai mise là sur un coin du bureau en pensant au titre de l’article et à la tête que feraient certains opposants qui se diraient « regardez-moi ça comme il pose avec Aziz ». 
 
Maintenant à propos de l’essentiel, voilà rapidement ce que j’ai appris en allant sur place et j’invite les journalistes à aller interviewer sérieusement le professeur car cela en vaut la peine comme j’invite la télévision nationale à aller faire un reportage sur les changements opérés à l’hôpital depuis l’arrivée d’Outouma Soumaré. Une heure suffirait largement.
 
J’aurais aussi souhaité la visite d’Aziz, qui a visité beaucoup d’hôpitaux, mais j’imagine que s’il ne vient pas c’est qu’il ne veut pas mettre les pieds là où l’Etat mauritanien n’a pas encore sorti un sou alors que tout manquait à l’arrivée d’Outouma : pas de radio, pas de scanner, pas d’échographie, il n’y avait que les lits pourtant l’hôpital Dia a changé de nom comme d’activités.
 
Du temps du docteur Dia jusqu’à Soumaré, c’était le Centre neuro-psychiatrique de Nouakchott, mais depuis un décret de 2013, il est devenu le Centre Hospitalier des Spécialités car Outouma a comme projet de créer un grand hôpital comme il me l’a expliqué avec mille spécialités dans le même domaine. Pour l’instant les spécialités se limitent à la tête, au cou et à l’appareil locomoteur en plus de l’unité de psychiatrie. 
 
La surprise fut d’apprendre que pour s’équiper, Outouma a dû courir à la recherche de dons privés n’ayant rien reçu de l’Etat à part le budget de fonctionnement sans équipements. Et l’autre surprise, fut d’apprendre que c’est Nouéghéit qui a déboursé 154 millions d’ouguiyas pour acheter les équipements. C’est bien la première fois que j’apprends que Nouégheit finance quelque chose gratuitement ; d’ailleurs sa générosité eut des limites dès le départ car sur les 154 millions, 40% sont un don qui a servi à l’achat du scanner, le reste étant un prêt à taux zéro. On est loin des dons de Bouamatou qui finance, équipe et fait tourner un hôpital gratuitement mais c’est mieux que rien.
 
Cela dit, Nouégheit fait mieux que l’autre partenaire  à qui Outouma, dans sa course folle pour trouver des financements, apporta le devis à savoir Ciment de Mauritanie qui ont eu pendant 20 ans le monopole du ciment en Mauritanie autant dire que ce n’est pas 57 millions qui allaient les ruiner. Moins que Nouégheit, ils n’ont pas sorti un sou mais ils ont décidé de payer en nature à savoir faire don du ciment et autres matériaux de construction pour l’unité que Soumaré voulait construire.
 
Je rappelle encore une fois que Soumaré n’a rien dit contre ses partenaires dont il est très content, les remarques n’engagent que moi.

Avec cet argent, l’hôpital peut faire désormais des radios de la tête aux pieds, un scanner complet, ainsi que des échographies à trois niveaux grâce au meilleur appareil sur le marché. Le tout dans le respect des normes de sécurité : on voit partout que les murs et les portes contiennent une épaisse couche de plomb contre les radiations pour protéger le personnel.
 
Il faut vraiment aller voir tout ça de près et écouter le professeur parler avec passion de son projet.

voir les photos et lire la suite...

conseil_representatif_des_sooninko_de_mauritanie__crsm_.pdf Conseil Représentatif des Sooninko de Mauritanie (CRSM).pdf  (726.93 Ko)


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chezvlane


              

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