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Pr Abdel Wedoud Ould Cheikh envoie aux zouayas une flèche d’obédience mkheitirienne…


A.O.S.A
Jeudi 18 Juin 2015 - 15:15


Pr Abdel Wedoud Ould Cheikh envoie aux zouayas une flèche d’obédience mkheitirienne…

Quelques amis m’avaient alerté à propos de cette interview audacieuse du célèbre professeur par un non moins célèbre journaliste, l’impayable Oumeir qu’on a vu mettant à profit sa tribune pour s’égosiller à la celle de monsieur 48% alors en campagne. Une célébrité en partage qui chez l’un correspond à une notoriété dans son domaine de compétence quand chez le second il est autrement notoire qu’il ne s’agit que de l’émir de la Tribune.

 

Sachant que le premier ne poserait aucune question piquante et que le second n’est pas connu pour ses sorties médiatiques d’intérêt public, je n’ai pas pris le temps de regarder la chose faute de temps à consacrer à une promesse d’ennui. Grossière erreur ! Interview à voir pour ceux qui ne l’ont pas vue. C’est assez court, 41 minutes qui passent vite grâce aux divers thèmes effleurés d’une langue maraboutique occidentalisée suite à des questions journaleuses certifiées A.O.C c’est-à-dire qu’il s’agit juste de faire parler l’invité sans le déranger pour animer le débat, seulement pour le laisser s’exprimer et glisser quelques piques ici et là.

 

C’est très intéressant surtout pour nous qui sommes de la génération enfumée. C’est très intéressant aussi de voir ce que cela peut donner si des intellectuels du gabarit du professeur Cheikh plongeaient dans la mêlée pour ne pas laisser la place aux imposteurs et autres dangereux trafiquants d’histoire relatée comme frelatée.

 

Sortie courageuse du professeur car il faut oser dire ce qu’il a dit en ces temps d’inquisition qui s’installe en Mauritanie pendant que les sachants de bonne foi se taisent par peur des représailles, ce qui est parfaitement sinon humain du moins, scientifiquement parlant, parfaitement anthropologique ou anthropolo-gisant.

 

Dommage que cela soit en français car les arabisants ont plus besoin des lumières d’un tel professeur vu que le monde arabisant et hassanaphone souffre le plus d’être replié sur lui-même et tourné surtout vers le monde arabe dans l’état que l’on sait à tous les niveaux politiques, économiques, culturels et même religieux.

 

D’abord, le professeur explique que ce qu’il a à dire, en digne anthropologue, ne s’adresse pas au plus grand nombre, aux « multitudes » surtout chez nous où il est plus difficile qu’ailleurs d’être sûr que les mots qu’il emploie arriveront aux oreilles qu’il souhaite étant entendu que sa science et celle de ses collègues utilise les mots de tous les jours contrairement aux mathématiciens, de là que le risque de malentendu est partout présent. Il a raison. C’est d’ailleurs là l’un des plus pénibles complexes des chercheurs en science sociale que cette éternelle quête de scientificité, le complexe d’être une « science » de l’observation, découpe et remballe, qui n’a de scientifique que le gazrage du terme avec comme circonstance atténuante que l’intention vaut le fait car à l’impossible nul n’est tenu en attendant de pouvoir rendre carré un regard circulaire porté sur des choses « dont le centre est partout et la circonférence nulle part ». Il s’agit, ironie du sort, d’une façon académique d’administrer l’invisible pour reprendre une formule du professeur à propos zouayas…

 

Merci donc au professeur de parler pour la première fois aux « multitudes » même si s’exprimer en français à la télévision mauritanienne limite les « multitudes » et donc les premiers concernés par cette ordonnance intellectuelle à savoir les hassanophones surtout quand le tout est administré avec un humour subliminal  qui l’eût été moins si quelques charmants rictus de son administrateur, comme une goutte débordant du vase, ne venaient signifier une sorte de regret de n’avoir pas dans l’assistance un autre bel esprit pour les goûter. L’habitude des sourires de salon et autres salles de conférence au public comme il faut.

 

Ainsi Oumeir a reçu la première flèche quand le savant lui a dit à propos du discours de la méthode «  peut-être en avez-vous déjà entendu parler ». Ce à quoi Oumeir  répondit par le silence pour rétorquer qu’il sait au moins que qui ne dit mot consent mais Oumeir s’est vengé plus tard quand le professeur dit, à force de modestie portée en étendard : « peut-être que je me trompe beaucoup » pour dire « il est difficile que je me trompe mais enfin… ». C’est alors qu’Oumeir répondit « je crains hélas que vous ne vous trompez pas beaucoup ». Face à l’aplomb d’Oumeir, le courtois professeur encaissa ce verdict estimant son erreur potentielle en pensant : «  me voilà jugé et jaugé par cet epsilon, quelle journée ! ».

 

Plus sérieusement, de quoi a-t-il été question ?

 

Apparemment l’éminent professeur a participé récemment à un colloque à Nouakchott to the happy few à propos notamment de la difficulté de l’enseignement de la chose scientifique selon le rapport d’Oumeir. Le professeur assure qu’il a été surpris par la distance prise par rapport à ses propos car il croyait certainement qu’il allait se faire lyncher vu qu’il expliqua à l’assistance que les documents historiques qu’il a pu étudier prouvent que nos intouchables savants de l’enseignement traditionnel ne sont pas à jour car leur savoir s’est arrêté au niveau disponible au 16ème siècle dans «  ses composantes épistémologiques essentielles, mathématiques, médecine, astronomie » car ce monde a été coupé du reste de l’univers même arabe… Jusqu’à ignorer que l’héliocentrisme a remplacé le géocentrisme…

 

Il a raison, on comprend mieux que de nos jours encore, nos populations fuient dans les mosquées à l’heure d’une simple éclipse.

 

Le professeur est donc surpris de la distance par rapport à ses propos car une partie du public comme il faut a tout de même manifesté de façon civilisée sa désapprobation. On imagine bien entendu le parterre en question dès qu’on a assisté une fois à une sortie des gardiens du temple en carton même si le château de cartes est de plus en plus inviolable faute de souffle courageux pour le balayer car pour cela il faudrait plusieurs débats en hassanya à la télé et à la radio. Qui oserait cela dans un pays où le savoir est caché sinon crypté notamment par les zouayas comme le dira le professeur. Chez nous la rétention d’information est une colonne vertébrale de notre culture comme l’hypocrisie est une sorte d’anxiolytique. Les formules ne sont pas du professeur qui a parlé maraboutiquement avec ici et là l’audace scientifique d’un indigène lettré en orbite occidentale loin de la gravité de l’ouguya.

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chezvlane


              

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