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Pouvoir/Opposition : Les lignes bougent


Actualité
Dimanche 18 Novembre 2012 - 09:39

Cela est passé presque inaperçu mais c’est quand même un évènement : pour la première fois, depuis le déclenchement de la crise politique en Mauritanie, pouvoir et opposition ont accepté de s’asseoir autour d’une même table pour s’entretenir de questions ayant trait à l’avenir proche de la Mauritanie.


Pouvoir/Opposition : Les lignes bougent
C’est la Coordination de l’opposition démocratique (COD) qui a franchi le premier pas, en annonçant, d’abord, son intention de prendre contact avec tous les acteurs politiques, et en rendant visite, lundi dernier, au parti au pouvoir, l’Union pour la République, dans son siège.

Les formations politiques de la COD et de la majorité présidentielle se sont rencontrées. Première du genre de l’ère Aziz, cette rencontre s’est déroulée lundi au siège de l’UPR. Deux enseignements majeurs peuvent être tirés d’un tel évènement. D’abord, la sortie de sa coque du parti au pouvoir est un indice sérieux sur la solennité, pour ne pas dire la gravité, du moment. Et même s’il ne faut pas pousser le pessimisme jusqu’à dire qu’un tel changement d’attitude pourrait être lié au sort du président Mohamed Ould Abdel Aziz, il est évident que les lignes commencent à bouger. Dans le sens peut être d’un compromis permettant aux hommes politiques mauritaniens de tous bords de retrouver les réflexes ayant permis, en juin 2009, de sortir le pays de la crise par l’organisation d’une élection présidentielle consensuelle. Ensuite, l’opposition, la Coordination de l’opposition démocratique plus précisément, adopte une nouvelle stratégie qui ne met plus en avant la confrontation et la surenchère. Les nouvelles circonstances, et notamment la maladie du président Ould Abdel Aziz, lui dicte de ne pas trop tirer sur la ficelles, sachant pertinemment que le peuple qui joue le rôle d’arbitre dans pareil cas, n’est pas prêt à la suivre dans cette voie.

C’est pour toutes ces raisons que le parti au pouvoir et la COD se sont accordés sur le minimum, après avoir consenti à se voir : L’organisation d’une concertation nationale élargie qui pourrait buter, cependant, dans les prochaines semaines, sur la détermination de certains concepts (la vacance du pouvoir, par exemple) et des pré-requis indispensable à un dialogue sérieux entre les différents protagonistes. L’on sera amené, dans ce sens, à chercher la parade, côté pouvoir, pour ne pas heurter la sensibilité de " l’autre opposition ", la Coalition pour une Alternance pacifique (CAP) déjà engagée dans la mise en œuvre des résultats d’un dialogue national qui date d’un an déjà. On sait, dans ce cadre, que le camp du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, du président d’Al Wiam, Boidiel Ould Houmeid, et du leader du parti Sawab, Abdessalam Ould Horma, ont toujours refusé ce qu’ils considèrent comme un retour en arrière quand on évoque l’éventualité d’un dialogue bis permettant à la COD de rattraper le train.

Et même si l’initiative de Messaoud, appelant à une large concertation nationale, avec à la fin, la composition d’un gouvernement d’union nationale devant permettre l’organisation d’élections municipales et législatives, il n’est pas évident que la formule permettant de fusionner le plan B (du nom du président de l’Assemblée nationale) et le plan C (pour la COD) soit facile à trouver. Dans une période trouble comme celle-ci, les appétits politiques des uns et des autres vont jouer à fond. Surtout que, du côté de l’UPR, l’engagement dans un tel processus de rapprochement est encore au stade primaire, s’agissant seulement de poursuivre, avec la COD, ce qu’ils ont appelé " un travail commun pour trouver un terrain d’entente pour la concertation ".

Vers une nouvelle transition ?

Apparemment, l’option d’une nouvelle transition devient, de plus en plus, une option hautement probable. Même en cas de retour du président Aziz au pouvoir, il n’est pas sûr que ce dernier ait encore la force - et surtout le goût - de continuer à gérer un pays où les problèmes " s’accumulent ", pour utiliser une expression cher au pouvoir lui-même. La sortie d’Aziz était même évoquée, avant l’incident de Tweïla, pour dire qu’il pourrait partir avant, terme ou, à la rigueur, ne pas se représenter à la magistrature suprême pour un second mandat. Cette dernière perspective sort, presque avec certitude, de l’hypothèse à la réalité. Pour autant, on sera dans l’obligation d’attendre encore pour voir ce que sera l’évolution de la situation dans les prochaines semaines. Tout reste lié à l’évolution de la santé du président.

Et, pour parer à toute éventualité, la COD n’oublie pas de maintenir la pression. Comme lundi dernier, à l’ouverture de la première session parlementaire 2012 - 2013, les députés de l’opposition ont encore réclamé la transparence sur la vacance du pouvoir qu’ils jugent être de fait maintenant. Une vision des choses que l’UPR est loin de partager, pour le moment, ne cessant de répéter que les affaires de l’Etat marchent " à la régulière ". Alors que, souligne fort justement la correspondante de Rfi à Nouakchott, " cela fera un mois (…) que le président mauritanien est en convalescence en France ". En interpellant le Premier ministre, les députés de l’opposition affiliés à la Coordination de l’opposition démocratique veulent obtenir des explications sur trois points : les circonstances du tir qui a blessé le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, la réalité de son état de santé, ainsi que savoir qui gère l’Etat en son absence.

Tout le monde espère cependant que l’appel lancé par le président de l’Assemblée nationale, à l’ouverture de la session ordinaire du Parlement, lundi dernier, sera entendu. Messaoud Ould Boulkheir, qui se positionne de plus en plus en rassembleur, a appelé à l’union des Mauritaniens et de la classe politique face à la double menace des " dangers de dérapage " suscitée par l’absence du président, et de l’intervention militaire à venir au Mali voisin. Le président de l’Assemblée nationale ne fait qu’exprimer l’angoisse de plus en plus perceptible chez de nombreux Mauritaniens. Bien que la marche du pays, il faut le concéder aux partisans du pouvoir, continue sans perturbations majeures, à part peut être le fait que l’activité hebdomadaire du Conseil des ministres est suspendue depuis cinq semaines. Et qu’on ne sait pas quand est-ce qu’elle va rependre. Avec ou sans le président Ould Abdel Aziz comme maitre de cérémonie.

Sneiba Mohamed
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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