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Pouvoir/Opposition: L’heure de la mobilisation


Actualité
Jeudi 22 Décembre 2011 - 15:39

Au moment où la scène politique commence à s’agiter, après un long sommeil, pouvoir et opposition multiplient les manœuvres pour faire entendre leurs voix. La Coordination de l’Opposition Démocratique (C.O.D) a organisé, à la fin de la semaine dernière, un imposant meeting populaire. On s’en réjouit dans les cercles de la C.O.D. On s’en réjouit jusqu'à faire preuve de suffisance. Une conclusion à l’inverse de celle qu’aurait tirée le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, du meeting organisé, quelque temps auparavant, par l’Union Pour la République (U.P.R), le parti-Etat, dans la capitale économique, Nouadhibou.


Des membres de l'UPR lors du meeting à Nouadhibou (photo K. Sow)
Des membres de l'UPR lors du meeting à Nouadhibou (photo K. Sow)
Il faut dire que la C.O.D a, peut-être, une bonne raison de se congratuler de la mobilisation pour son meeting ce jour-là. Une mobilisation, où le rôle de la jeunesse de Tawassoul, qui roulait, politiquement parlant, depuis quelque temps, si on ose dire, au ralenti, et qui a mis, cette fois-ci, les bouchées doubles, pour ce meeting, a été déterminant.
Déterminant, aussi, et significatif était l’apport des dissidents de l’Alliance Populaire Progressiste. Le meeting de la C.O.D était l’occasion pour les transfuges de l’APP, Ould Bourbouss et Samory Ould Boye et leurs amis, de montrer que la mobilisation des Harratines n’est pas un secret, dont seul Messaoud Ould Boulkheîr détiendrait la clé.
Mais, est-ce là une raison objective pour tirer des conclusions hâtives sur le succès d’un tel rassemblement ? Si on devait convoquer le passé, toujours présent, de la C.O.D, les velléités, en son sein ainsi que les combats d’arrières gardes et guerres de chapelles, on est bien en droit de douter sur une cohésion pérenne.

Cela est d’autant vrai que la réussite de la dernière sortie s’attribuerait plus à des facteurs exogènes, ou presque. Ou en tout cas, des paramètres qui ne sont pas le fruit d’un travail en commun, à même de mettre les différentes voix de la C.O.D en musique. Car, la couleur donnée par, d’une part, la jeunesse de Tawassoul et des Harratines dissidents de l’A.P.P, d’autres parts, participerait, dit-on, de ce qui s’apparenterait beaucoup plus à un agenda propre à ces deux groupes, qu’à une philosophie commune à la C.O.D, dans son ensemble. Il est bien permis à Tawassoul, de prendre un peu plus d’air, et pourquoi pas, s’approprier les performances enregistrées par leurs confrères islamistes du Maghreb. La victoire des mouvances islamistes, au Maroc et en Tunisie, pourrait servir de carburant aux amis de Jemil Mansour. Tandis que Bourbouss et Ould Beye s’inscriraient dans un défi d’existence, en dehors du Père. C’est un peu, pour ces derniers, le meeting qui atteste le Parricide.
Mais quel que soit le facteur déterminent dans la réussite du dernier meeting de la COD, celle-ci pourrait difficilement ‘’fructifier’’ ce succès dans sa lutte contre le régime. Tant il est presque chimérique de croire qu’elle puisse maintenir la mobilisation dans le temps afin de créer des problèmes pour le pouvoir. Ou du moins, il n’y a pas de programme annoncé par cette coalition pour poursuivre son action de mobilisation politique dans la rue. Juste une pierre jetée où ne s’est pas où, s’exclame un observateur…

Le pouvoir bouge

Le grand meeting de l'oppostion, la semaine passée
Le grand meeting de l'oppostion, la semaine passée
De son côté, Mohamed Ould Abdel Aziz, lui, est dans une autre logique. Il s’emploierait déjà à préparer les prochaines élections législatives. Il faut dès à présent penser à canaliser tous les mécontentements de l’U.P.R. Et, trouver des cadres politiques qui permettraient aux candidatures non retenues, au sein de l’U.P.R, de s’exprimer, en restant toujours dans le sillage de la majorité. C’est pourquoi, l’on assiste à la création d’un panel de partis, déclinant, à peu-près tout le spectre politique possible.

On parle dans ce cadre de la naissance de nouvelles formations dont certains porteraient le label islamiste, version pouvoir. On cite le nom de Boubecrine Ould Ahmed pour diriger le parti d’obédience religieuse, version-pouvoir. On évoque d’autres personnalités cooptées pour d’autres obédiences. Ainsi, on arrive à installer, à la veille des législatives, où il n’est plus possible d’aspirer à être élu en mode indépendant, des partis-points-de-chûtes pour accueillir les candidats déçus des choix de l’U.P.R ou de sa manière de fonctionner.
Comme on l’a déjà évoqué, pour la C.O.D, le futur appartient à la mobilisation continue. Elle ne parle pas d’élection. Elle l’ignore, pour le moment. Elle serait en train de mettre en place un programme progressif de mobilisations. Qui va de manifestations, à sit-in, à tous les stratagèmes visant à pousser le pouvoir à la faute. Parviendra-t-elle, vraiment, à entretenir une telle flamme ? Les jours à venir en diront plus. Diront, aussi, plus sur la capacité du président de la République à pouvoir parachever le processus de réformes décidé dans le cadre de l’accord politique. Dont, justement, l’organisation des élections législatives et municipales, dans des conditions acceptables. Un défi. Irréalisable pour la C.O.D, en tout cas.

A.V.M
Mamoudou Kane


              

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