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Pourquoi cherche-t-on à détruire Pizzorno ?


Actualité
Mardi 18 Décembre 2012 - 10:08

Que veut-on à la société de salubrité publique Pizzorno ? Visée depuis son arrivée en Mauritanie par des tirs croisés qui lui proviennent de toutes parts et surtout de ses concurrents nationaux locaux, elle vient de recevoir un commandement du Maire de Ouad Naga qui lui intime l’ordre de s’acquitter dorénavant d’un droit de passage de 250 000 Um par mois pour l’accès à son site d’enfouissement. Coup sur coup, c’est un certain Aboubecrine Dahoud qui l’assigne en justice pour obtenir le prix du loyer pendant toutes les années d’exploitation dudit site dont il réclame la propriété, puis c’est l’ADU qui lui exige de prendre en charge la réparation du pont bascule situé au CET(Centre d’enfouissement technique)


Pourquoi cherche-t-on à détruire Pizzorno ?
Pizzorno dérange, gêne et priverait nombre de personnes d’affaires alléchantes…. Sinon comment comprendre l’acharnement dont elle est victime de la part de l’administration publique comme de la part de particuliers mauritaniens ? Ils sont en effet nombreux les administrateurs, et les milieux des affaires gênés par la présence de cette société, si ce n’est sa réussite dans l’opération de salubrité de la ville de Nouakchott. Arrivée en 2007 à Nouakchott, l’entreprise française Dragui Transport filiale du groupe Pizzorno Environnement a effectivement réussi son challenge de collecte et de ramassage des ordures ménagères de l’agglomération de Nouakchott, au grand dam des milieux d’affaires locaux sous équipés, habitués jusque lors à la collecte " artisanale " des déchets.

Très rapidement, Nouakchott " ville poubelle " avait pris les allures d’une ville moderne et propre. On se rappelle encore du temps où les détritus jonchaient les rues de la capitale, où l’odeur pestilentielles des cadavres d’animaux empestait l’air, où des monticules de déchets s’élevaient continuellement, comme des pyramides, dans les périphéries de la ville. Pour combler les déficits rencontrés dans les rares opérations d’enlèvement des ordures, la pratique la plus courante était l’incinération, sans aucun souci pour la santé des riverains et encore moins pour l’environnement. Ces pratiques appartiennent depuis, au passé. Le pari " impossible " de la salubrité a été tenu : dès l’entame de son mandat, Pizzorno a mis en place à 23 kilomètre de Nouakchott un CET (Centre d’enfouissement Technique) répondant aux normes internationales.

Plus de trois mille containers de diverses contenances, ont été répartis dans les différents quartiers de Nouakchott. Des équipes rodées au travail ont été affectées pour le nettoiement quotidien le ramassage et le transport de centaines de tonnes de déchets produits par Nouakchott. Quotidiennement, la société ramasse entre 600 et 700 tonnes d’ordures alors que l’étude prévisionnelle à la base du contrat de Pizzorno, prévoyait une production moyenne de 350 tonnes par jour de déchets ménagers et assimilés. Aujourd’hui, Pizzorno compte 1200 collaborateurs mauritaniens et plus de 90 camions et engins tandis qu’elle ne devait mobiliser qu’un effectif de 600 collaborateurs exploitant une quarantaine de bennes de collecte. Malgré ces résultats acquis à la force du travail et au respect de l’engagement, Pizzorno, ne jouit pas de circonstances atténuantes pour mener à bien sa mission : les premiers anicroches, elle les rencontre auprès de l’Etat mauritanien qui peine à honorer ses engagements financiers Les paiements qui doivent se faire tous les 45 jours peuvent accumuler des retards qui vont jusqu’à un an entraînant des frais financiers et une révision des prix de certains fournisseurs locaux. Conséquences : la semaine dernière elle était sous la menace d’une fermeture et mise en chômage technique du fait de sa banque qui constatait que son découvert était très important. Heureusement qu’en dernier recours, l’Etat a finalement consenti à un versement qui lui a permis à la société d’éponger une partie des arriérés. Mais la société n’avait pas fini de gouter à cette bouffée d’oxygène que d’autres nuages s’amoncelaient à l’horizon.

Ce fut d’abord le Maire de Ouad Naga qui lui envoie un commandement lui signifiant que ses camions en route pour le site d’enfouissement doivent désormais s’acquitter d’un droit de passage de 250 000 Um par mois faute de qui il les empêcherait de passer !! Une décision qui ne viserait que Pizzorno. Puis, c’était au tour de M. Aboubecrine Dahoud qui lui l’assigne en justice réclamant le prix du loyer découlant de l’exploitation du site de terre plein de ramassage qui a été mis à la disposition de la société par l’Administration en application de la convention signée avec l’Etat. Et ensuite ce fut l’ADU qui la somme de prendre en charge la réparation du pont bascule situé au CET (Centre d’enfouissement technique) pour un cout de prés de 50000 euros alors que cette société n’a rien à voir avec son installation. Autres pressions et entraves qui sont posées à la société, ces dizaines de plaintes formulées par ses désormais ex-employés dont le coût est estimé à prés d’un milliard et demi d’ouguiyas ! Parmi celles-ci celle de cet employé licencié pour défaut de rentabilité qui réclame une indemnisation de 47 millions d’ouguiya ou celle de l’autre employé licencié pour avoir provoqué un incendie qui a ravagé le CET et malgré les images de la vidéo surveillance qui prouvent la faute lourde, obtient une condamnation de la société pour lui verser plus de 45 millions d’ouguiya ! En 2009, après une saisine de l’Inspection Régionale du travail concernant leur plateforme revendicative, les travailleurs par l’intermédiaire de la CGTM ont assigné Pizzorno qui malgré les efforts notables dans le sens de l’amélioration des conditions des travailleurs a été condamnées à payer plus de 33 millions à des travailleurs au titre de compensation pour l’usage de certains équipements que pourtant la société a toujours distribué. Suite aux désaccords récurrents et après saisine du Conseil d’arbitrage, l’expert désigné aux fins d’évaluer certains points des demandes des travailleurs, a rendu ses conclusions en mars 2011 évaluant lesdits droits à la somme de 1 183 000 000 UM. Un montant qui représente plus de 50% des recettes annuelles brut que Pizzorno tire du contrat qui la lie avec l’Etat. ! Plus, un autre employé qui se trouve en prison pour escroquerie et qui a donc été licencié pour abandon de poste réclame lui aussi plusieurs millions en dommages et intérêts mais la palme revient à l’cet autre employé qui avait été engagé à l’essai et au terme de ce essai jugé non concluant il y a été mis fin. Celui-ci a saisi l’inspecteur du travail pour réclamer 20 842 000 UM !!!! Les cas sont légion.

Aujourd’hui, la société de plus en plus acculée dans son travail, attend le verdict tout prochain des juridictions mauritaniennes auront à se prononcer sur tous ces différends. De ces décisions, dépendra sans nul doute l’avenir de la société dans notre pays. Amis au-delà, c’est la confiance qu’auront les investisseurs en notre système judiciaire et en sa protection qui est en jeu.

Sans une justice fiable et devant laquelle seul le droit prime aucun investisseur ne pourrait s’aventurer chez nous. Bien entendu il est hors de question de donner la primauté à l’étranger mais il ne faut pas non plus le considérer comme une vache à lait à la merci de tous les pans de pouvoir en Mauritanie. Il faut reconnaitre que Pizzorno est allée bien au-delà de ses obligations légales pour venir en aide à ses travailleurs. La société paie déjà un treizième mois. Elle a ouvert un dispensaire gratuit pour ses employés et leurs familles… Il faut bien le reconnaître, avec Pizzorno, il fait dorénavant mieux vivre à Nouakchott. Alors sachons reconnaître le mérite des autres et essayons de préserver cet outil axé sur les transferts de technologie, sans lui jeter des peaux de banane.

JOB
Pour L'Authentic


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