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Pour mémoire : Alexandre Dumas est un hartani de souche


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Lundi 26 Septembre 2011 - 05:32

N’ayant plus rien à lire, j’étais l’amoureux des lettres le plus malheureux de la terre. Mes amis m’envoyaient des livres mais un livre comme un parfum cela ne s’offre pas sauf à connaître le destinataire mieux que lui-même or personne ne peut me comprendre en la matière. Il n’y a que 3 maîtres en toute la littérature française : Racine, Balzac et Dumas ; tout le reste n’est que suite… Ces trois-là sont ce qu’il faut pour être un écrivain immortel : des humanistes, des philosophes, des poètes, des anthropologues, des historiens, des théologiens, des peintres et j’en passe…


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Pour mémoire : Alexandre Dumas est un hartani  de souche
Au sommet de leur art, chacun de leurs chefs-d’œuvre semble une créature du Ciel se développant avec sa propre mécanique ; impossible de trouver nulle part l’auteur qui pose... Quelquefois, on en trouve une trace dans tel vagabond complexe qui, en une phrase, une remarque, embrasse la vie par un trait d’humour ou de cynisme. Diable ! Lequel a été plus proche de Dieu que Racine ? Plus au cœur de la société dans sa sublime cruauté que Balzac ? Plus amoureux de la vie que Dumas allant jusqu’à la magnifier sans qu’on trouve une trace du maquillage ?
 
Lire Racine d’un trait, c’est lire le plus haut degré de la perfection en poésie française. Quelle pureté du vers qui atteint la perfection jusqu’au bout du mot juste à sa place comme par miracle sans la sueur du mot de trop comme arrivé là par nécessité au lieu d’en être par la force de l’inspiration ! Quelle mécanique divine dans la progression du drame ! Quelle hauteur d’âme des personnages ! Quand on pense que Racine est au-dessus d’eux cela donne le vertige ! On lit comme on prie et à chaque ligne, à la moindre strophe, on s’arrête en se demandant comment est-ce possible une âme d’écrivain pareille ?
 
Lire le meilleur de Balzac c’est Racine en romancier, la foi en moins ! Balzac c’est la vie telle qu’elle est ni plus ni moins. Autant Racine a embrassé l’âme des esprits trop grands pour être humains autant Balzac n’a laissé aucun secret ni aux hommes ni aux femmes ni aux enfants. Mais je ne lirai pas Balzac deux fois, une fois suffit, on lit, on encaisse le sublime regard mais on rit rarement ! Pour rire c’est à l’autre maître qu’il faille s’adresser !
 
Ah ! Dumas ! Dumas ! Dumas ! C’est le seul pour lequel j’aimerais traverser les mers pour aller sur sa tombe pour lui dire « merci vieux ! ».  Dumas c’est l’adulte achevé qui n’a rien perdu de son enfance accomplie. Le cœur s’est bronzé sans se briser quand pour Balzac se fut le contraire ! Dumas c’est la vie même après le deuil ! Hier, quelques petits fumiers ont voulu salir sa mémoire pour dire qu’il avait un nègre ou pire qu’il aurait piqué, à l’autre, les trois mousquetaires ! Diable ! Admettons que cela fût même en partie comme on écrit une œuvre à quatre mains !  Que valent les trois mousquetaires à côté de La San Felice ?
 
Ah ! Dumas ! Merci ! Dumas c’est jamais un mot de trop ! Il connaît si bien le lecteur qu’à la seconde même où on commence à décrocher, il se présente, s’excuse, explique pourquoi et reprend ! N’est-ce pas formidable ? Je dois à Racine, Balzac et Dumas mes plus grandes émotions ; pour chacun je me souviens des milles moments où j’ai dû fermer le livre ébloui par un trait, une formule, un dialogue ; à tel point que même faisant 800 pages, je tremblais à l’idée de voir un seul de leurs livres se terminer. A ces trois-là, je dis merci, comme je remercie la langue française de m’avoir permis d’entendre l’esprit de ces gens-là comme assis parmi eux.
 
Quand je m’ennuyais de la vie et de tout, une page de ces maîtres et j’avais là à mes côtés le meilleur d’eux-mêmes. Combien de fois Dumas m’a-t-il fait rire aux larmes ? Je ne sais plus et je ne puis ici vous dire pourquoi cela me fit rire car c’est là toute la magie de la littérature « parce que c’était lui parce que c’était moi. »
 
Imaginez alors mon malheur quand après avoir tout lu de ces maîtres, jusqu’à voir dans leurs débuts ce qui allait ensuite devenir les ressources de leurs chefs-d’œuvre, je n’avais plus rien à lire d’eux... 
 
Qu’est-ce un Hugo face à l’un d’eux ? Un people ! Qu’est-ce tel ou tel dont aucun nom ne me revient ? J’ai alors essayé de relire et j’ai encore tout relu, encore et encore mais il arrive un moment où il faut respecter l’émotion et se refuser à en être rassasié. Il ne me restait plus qu’à lire les autres grands en d’autres langues. Pour mon malheur, je ne puis. Quelle torture de lire une traduction : là où j’entendais la voix d’un géant, je vois recroquevillé un traducteur en sueur croulant sous le poids du talent, détruisant en une phrase un trait de génie pour en faire l’œuvre d’un traducteur.
 
J’ai alors renoncé à lire toute littérature, préférant me mettre au polar ! J’en ai lu d’excellents pour me divertir mais rien n’a pu me consoler. Où trouver un livre qui puisse me faire oublier Nouakchott et sa misère, la Mauritanie et ses militaires, la politique et ses politicards, le monde et sa décadence ? Où trouver un livre qui me fasse rire d’un rire sincère jusqu’aux larmes, servi par un esprit immortel ? Où entendre une histoire, un dialogue écrits avec du génie ?
 
C’est là qu’un miracle s’est produit ! Un ami m’obligea à aller lire « pour qui sonne le glas » malgré que je lui ai expliqué mon incapacité physique à lire une traduction. J’ai donc zigzagué à la bibliothèque du CCF, trouvé le livre en question, auquel j’ai ajouté un maître russe ; mais ne voilà-t-il pas qu’en sortant je vois une résurrection !
 
Comprenez maintenant mon bonheur ! imaginez que jadis, il y a deux ans, j’étais en train de lire le vicomte de Bragelonne du maître Dumas avec le plaisir que vous saisissez désormais quand arrivé au troisième tome, le dernier, je découvre à mon grand désespoir que ce tome est introuvable au CCF ! N’y a-t-il pas de quoi s’effondrer ? Lire 2/3 d’un Dumas et ne pas avoir la suite ni pour aujourd’hui ni pour demain ! Je suis resté planté là, hagard regardant tous les rayons ou presque pour être sûr qu’il n’était pas perdu ou mal placé... Rien de rien !
 
J’ai alors fait part de mon malheur à une charmante demoiselle du CCF qui a bien voulu commander ce livre. Mon malheur tassé ou plutôt consolé, j’ai fait le deuil du tome et je suis retombé dans ma mélancolie et mes polars ; lisant ici et là quelques livres en tournant les pages comme on retient, avec mérite, l’envie de les rendre à leur rayon ! Soudain, voilà là sous mes yeux le troisième tome du « vicomte de Bragelonne ». Imaginez mon bonheur si vous pouvez ! J’ai alors remis le traducteur russe en attendant soit d’apprendre le Russe soit de rencontrer un expert qui puisse me conseiller un Karajan de la traduction.
 
Ainsi, me voilà à la maison, sur un toit, le soleil se couchera dans 45 minutes, il ne fait pas trop chaud, on m’apporte un verre de thé, je pose mes pieds sur un oreiller ; alors se pose la question : « pour qui sonne le glas  » ou Dumas ? Allons ! Gardons le meilleur pour la fin ! Va pour le glas dont on m’a dit tant de bien !
 
A la première ligne, j’ai senti l’odeur du traducteur, à la seconde,  j’ai vu sa main, à la troisième j’ai assisté à son crime ! là c’était trop ! On avait là tout le matériel du faussaire pour fabriquer de la fausse monnaie… J’ai fermé l’infâme forfait et j’ai remercié le Ciel ; encore 30 minutes pour retrouver un paradis que je croyais perdu…
 
Ah ! Dumas ! Dumas ! Dumas ! Allahou akbar !
 
Vlane.a.o.s.a

http://chezvlane.blogspot.com/
chezvlane


              

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