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Noorinfo

Position russe inchangée vis-à-vis de la Syrie et déception saoudienne


International
Lundi 31 Août 2015 - 15:45

Ces dernières années, des déclarations données par des responsables saoudiens ont à plusieurs reprises laissé entendre que la Russie n’allait pas tarder à stopper son soutien au président Assad.


Les mêmes insinuations se sont répétées après la visite effectuée en Russie par le ministre saoudien des affaires étrangères. Pourtant cela n’était que des souhaits qui se sont évaporés face à la fermeté de la position russe vis-à-vis de la Syrie et des autres dossiers de la région.
 
Dans les conditions de leur vif sentiment de déception en raison de la singulière résistance de la Syrie face à l’une des plus atroces des guerres connues par l’histoire, et après les attentes des concepteurs des politiques d’agression contre la Syrie et les autres pays opposés aux projets de l’Empire, attentes qui voulaient voir la Syrie capituler en quelques semaines ou quelques mois, les agresseurs ne peuvent expliquer ce phénomène extraordinaire que par le soutien que fournit la Russie au régime syrien.
 
C’est la raison pour laquelle l’axe de l’hégémonie s’acharne à vouloir empêcher la Russie de fournir ce soutien espérant ainsi pouvoir atteindre les objectifs de sa guerre contre la Syrie. D’un côté, l’Otan a lancé une guerre directe contre la Russie en Ukraine, et de l’autre, la tâche a été assignée aux monarchies du Golfe et tout particulièrement au Royaume saoudien d’exercer d’autres moyens des pressions contre Moscou.
 
Propositions très généreuses
 
Ces moyens se sont déployés entre propositions alléchantes et intimidations accompagnées d’attentats sanglants visant à déstabiliser la Russie par l’intermédiaire du terrorisme takfiri parrainé par le Royaume saoudite au Caucase et en Asie centrale, mais également en Ukraine où les groupes takfiri soutiennent les néo-nazis de Kiev.
 
Pour ce qui est des propositions alléchantes, les Saoudiens n’ont pas manqué par le passé de tenter une telle entreprise : ils croient que poser des tas de billets de banque devant le président Poutine provoque chez lui une réaction semblable à celle que cela provoque chez les agents travaillant dans le domaine de la traite des blanches ainsi que chez les intermédiaires dans les innombrables opérations de gaspillage qui sont particulièrement prisées par les nantis du Golfe.
 
C’est dans ce cadre que s’inscrit la visite effectuée en Russie à la mi-juin par le ministre saoudien de la défense, Muhammad ben Salman, qui a salué le rôle que la Russie pourrait jouer dans la région et le monde. 
 
Il a également signé plusieurs contrats dont la construction par la Russie et pour le compte du Royaume d’une centrale nucléaire pacifique, ainsi que sur les recherches dans le domaine de l’espace, et sur la construction de chemins de fer, de voies du métro et même sur l’aptitude de Ryad à acheter une bombe atomique (!).
 
A toutes ces propositions alléchantes le ministre des affaires étrangères saoudien, Adel al-Jubeir, a déclaré lors de sa dernière visite effectuée il y a quelques jours en Russie que son pays compte acheter les meilleurs armements dans le monde dont des armes russes et notamment des missiles Alexandre.
 
Mais après toutes ces propositions, le ministre saoudien s’est permis de laisser entendre que la Russie pourrait abandonner le président Assad. C’était probablement son interprétation de déclarations qui ont mis l’accent sur l’accord entre la Russie et le Royaume saoudien en ce qui concerne certains aspects de la crise en Syrie.
 
Le ministre russe des affaires extérieures russe, Serguei Lavrov a répondu après sa rencontre avec son homologue iranien M. Jawad Zarif en insistant sur la fermeté de la position russe vis-à-vis de la Syrie et son président « légitime » Bachar  El-Assad. En même temps, Moscou a livré à Damas des armes sophistiquées dont des Mig 31 et des roquettes anti-char Kornet.
 
Il est donc clair que les propositions financières alléchantes n’ont pas pu changer la position russe. Cet échec s’ajoute à l’échec des tentatives visant à intimider la Russie par la violence.
 
Menaces saoudiennes contre la Russie
 
Au moment où les Etats-Unis menaçaient, en août 2013 d’attaquer la Syrie, le Royaume saoudien a, selon le quotidien britannique The Telegraph,  demandé à la Russie d’abandonner Assad en échange d’importants avantages sur le marché mondial du pétrole, sinon ce dernier lâcherait des terroristes tchétchènes sur la station de Sotchi que la Russie préparait pour accueillir les Jeux olympiques d’hiver.
  
Des informations dans ce sens ont circulé concernant des menaces proférées par le chef des services saoudiens de renseignement, Bandar Ibn Sultan, lors d’une rencontre qu’il a eue avec le président Poutine. Ce sont ces menaces qui ont poussé le président russe à accuser le Royaume saoudien d’être un Etat terroriste, surtout que des dizaines d’attentats terroristes, dont ceux de Volgograd, avaient auparavant visé de nombreuses villes russes.
 
On sait que les jeux en question ont été une réussite éclatante, ce qui a conduit le Royaume saoudien à encaisser un nouvel échec : les cours du pétrole brisés afin de nuire à la Russie et à l’Iran ont donné lieu à un résultat complètement différent puisque le Royaume saoudien et les autres monarchies du Golfe souffrent, moins d’un an après la prise de cette décision, de graves déficits budgétaires.
 
L’une des plus importantes portes qui s’ouvrent à une situation dans laquelle le président Assad n’a pas de place dans l’avenir de la Syrie est donc complètement fermée en raison de la stabilité de la position russe. 

D’où, la déception dont souffrent les ennemis de la Syrie et, en premier lieu le Royaume saoudien, ne peut être qu’à son apogée à un moment où tous les indices allant de l’importante place, régionale et internationale, acquise par l’Iran au niveau du dossier nucléaire, et finissant par l’échec de la guerre saoudienne contre le Yémen,  en passant par l’instabilité galopante à l’intérieur du Royaume saoudien, témoignent que ce dernier perd rapidement sa place et  dans le présent et dans l’avenir de la région.
 
Akil Cheikh Hussein
 Al-Ahednews
Noorinfo


              

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