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Portrait du cinéaste DIA: Quand la jeune génération cherche audacieusement à s’affirmer


Culture
Lundi 10 Août 2015 - 00:33

Abdellahi DIA est un jeune réalisateur mauritanien. Né à Rosso en 1990, il a très tôt développé une passion pour l’image. Dia s’est lancé dans le domaine du cinéma comme amateur. Depuis 2011, date de son premier tournage, il se débrouille sans répit pour mieux trouver une place sur la scène nationale.


« C’est en 2011 que j’ai commencé à faire le cinéma, sans aucune formation au départ, j’avais juste une idée qui m’obsédait...», s’en rappelle Abdellahi. C’est à ce moment-là que l’idée va se transformer en objet palpable.

Lieu de la gestation ? La Maison des cinéastes. Là, Dia va trouver un soutien inestimable. «Le destin d’un petit Peul» voit enfin le jour ! Disponible sur Youtube, ce court-métrage va lui ouvrir beaucoup d’opportunités, sans pourtant échapper aux tracasseries.

En 2013, ce film est retenu pour représenter la Mauritanie au festival international du court-métrage de Tiznit au Maroc. Ce film a été retenu une nouvelle fois en 2014 pour un autre festival en Tunisie.
 
Vers un cinéma engagé
 
Par ailleurs, le cinéma de Dia est un cinéma documentaire. C’est à la fois le produit d’une réalité en mue et d’une personnalité en quête de soi.

« Personnellement, je pense que le cinéma mauritanien doit d'abord montrer les réalités mauritaniennes, il faut arrêter de confondre le film réalisé par des mauritaniens et qui parle de la réalité en Mauritanie, qui participe au développement du pays, avec des films réalisés en Mauritanie mais qui n’apportent rien au pays », déclare le jeune cinéaste sur un ton frôlant le chauvinisme.
 
En 2014, Dia réalise un nouveau documentaire de court-métrage intitulé : « Ni consenti, Ni provoqué». Il est en train de perfectionner et développer cette œuvre qui traite la problématique des agressions sexuelles subies par les enfants en Mauritanie avant sa sortie officielle.

« On y voit les parents des victimes qui témoignent, à visage découvert, sur comment leurs enfants, âgés de six à dix ans, ont été kidnappés, violés, voire même brûlés vifs», nous explique Dia qui semble engagé à sensibiliser les populations sur des questions de plus en plus d’actualité. Le film a été projeté au Palais des Congrès lors du Forum africain de la jeunesse sur le développement et la paix durables, du 20 au 22 juillet 2015.

Il a déjà participé à la 11eme édition du festival Ciné Droit Libre au Burkina Faso du 28 juin au quatre juillet dernier. Il figure également dans le programme du colloque régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Sahel sur la lutte contre l’extrémisme violent (CVE), qui sera organisé à Nouakchott le 19 et le 20 aout 2015.
 
Face aux obstacles
 
Mais Dia reste inquiet à cause de la censure dans un pays où les tabous sont réellement innombrables !
« Les films qui parlent de la réalité mauritanienne sont souvent censurés. Et ce qui me fait mal le plus c’est que les grands cinéastes du pays, ceux qui sont surtout les mieux placés pour développer le cinéma ou la culture d’une façon générale, ne partagent pas leurs expériences  avec la nouvelle génération », lâche le jeune réalisateur.

En parallèle avec ses activités de réalisateur, Dia a joué le rôle d’acteur dans certains films nationaux et étrangers tournés en Afrique et en France.
 
La France où il a pu se rendre en 2014 pour représenter la Mauritanie au festival Trouville. Mais avant d’y atterrir, il a dû subir un lot de tracasseries non négligeable. « C’est là où j’ai rencontré tous les problèmes du monde !

D’abord c’est l’Etat mauritanien qui refuse de me payer le billet pour aller représenter le pays et ensuite c’est le consulat de France qui me refuse le visa pour un motif que j’ignore jusqu’à présent », s’indigne-t-il.
  
Malgré tout, Dia va partir en France. De plus, Il ne rentrera pas bredouille. Il revient avec un nouveau court-métrage : Ma douce France. Disponible sur Vimeo, « Ce film c'est un kino réalisé et produit en France en septembre 2014.

En fait, l'objectif était de raconter, à travers une lettre adressée à ma mère dans notre langue Pulaar, les difficulté que j'avais eues lorsqu’on m'a invité à représenter la Mauritanie en France ». Ce court-métrage a était retenu pour représenter la Mauritanie en 2015 au festival « Image et Vie » à Dakar.
 
Next movie
 
D’ailleurs, ce film rend hommage aux victimes du crash du vol d’Air Algérie qui s’est écrasé, le 24 juillet 2014, en faisant la liaison entre Ouaga et Alger. Dia a perdu dans ce drame aérien deux collègues assez chers qu’il a côtoyés pendant un séjour de formation à Bobo Dioulasso.

Là, au Burkina Faso, Dia a travaillé, durant deux semaines, sur la conception d’un nouveau projet très ambitieux. Adapter en film l’ouvrage de son grand-père, Pr. Al Houssein Dia, premier psychiatre en Mauritanie.

Ceci demeure à ses yeux une entreprise à ne pas abandonner malgré le manque de financements. Ainsi, il continue à préparer le lancement de cette nouvelle aventure cinématographique. Enfin, « La psychiatrie au pays des marabouts » sera bientôt introduite au grand public mauritanien et international à travers le septième art ? Attendons alors…
 
 Mohamed Abdellahi ABBE
Journaliste à la TVM
F.B : Nebhani Abbe
 
 
 
 
 
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