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Pont de Rosso : Une "nécessité", qui bloque côté mauritanien


Société
Lundi 12 Août 2013 - 20:15

Depuis des décennies que le pont de Rosso à la frontière Mauritano-sénégalaise est "en projet", sénégalais, marocains, et européens veulent faire sauter ces réticences mauritaniennes à ce lien qui désengorgerait la circulation des biens et des personnes, entre le Maghreb et le sud du Sahara.


Le bac de Rosso. Crédit : Pavoreal
Le bac de Rosso. Crédit : Pavoreal
Le bac qui fait plusieurs fois la navette entre les rives des deux Rosso, à la frontière mauritano-sénégalaise est assailli quotidiennement par des milliers de camions, de voitures de particuliers, de piétons depuis bientôt 80 ans. Un bien fragile trait-d'union entre deux nations réputées "frères".
 
Aujourd'hui, et ils le clament publiquement depuis quelques mois maintenant, marocains, européens et sénégalais veulent transformer ce "trait d'union" en symbole d'intégration, à travers la construction d'un pont.
 
"L’échec des tentatives, depuis 50 ans, de construction d'un pont à Rosso sur le fleuve Sénégal, entre ce pays et la Mauritanie, est l’un des exemples démontrant que l’intégration africaine est loin d’être une réalité" évoquait récemment à Alakhbar l'ancien chef de la diplomatie sénégalaise, Cheikh Tijane Gadio.
 
"Le Maroc apportera son soutien à la réalisation du pont de Rosso sur le fleuve Sénégal, à la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal, dans le cadre de la route transsaharienne Tanger-Nouakchott-Dakar" annonçait il y a quelques semaines, à Dakar, le ministre sénégalais des Affaires étrangères Mankeur Ndiaye, lors de la clôture de la 14-ème session de la Commission mixte de coopération du Maroc avec le Sénégal tenue lundi et dimanche à Dakar. Son homologue marocain, Saad-Eddine El Othmani indiquait pour sa part "l'impérieuse nécessité d'un tel pont, pour tous les pays qu'il permettra de relier".
 
Un tel projet était en étude avancée au niveau de la banque africaine de développement depuis 2008, suivi par son responsable, Mohamed Ali Ismaël. "A l'époque les travaux étaient sensés débuter en 2011, pour un pont d'un peu plus de 800m à double-voie" décrit le cadre de la BAD.
 
"Il est urgent qu'un tel pont soit érigé, dans le sens d'une intégration africaine de plus en plus poussée, pour assurer la continuité du système de transport des grands axes routiers africains. Que ce soit comme ici celui de l'axe Tanger-Nouakchott-Rosso-Dakar jusqu'à Lagos" continue Mohamed Ali.

Le point d'accostage Mauritanien à Rosso. crédit : peripecycles.free.fr
Le point d'accostage Mauritanien à Rosso. crédit : peripecycles.free.fr
La défense d'intérêts particuliers?
 
Un agriculteur du Trarza insiste sur les "intérêts manifestes et évidents pour les marocains, les sénégalais et même les européens, qui ont des produits à exporter, et pour qui la voie routière est la plus économique. Mais les mauritaniens qui n'ont rien à proposer à l'exportation, leurs autorités ne voient pas un intérêt direct à la construction de ce pont".
 
D'autant que ce bac est une petite pépite d'or pour le ministère de l'équipement dont il dépend et qui en a délégué la gestion à la société du bac. Il transporte en moyenne quotidiennement, 1.500 piétons, gratuitement, 15 camions de transports, au prix médian d'une traversée à 15.000 UM, selon le type de camion, son tonnage et la marchandise exportée; et une centaine de voitures, à 2000 UM le passage.
 
"Mais tout de même, c'est un bien faible intérêt au vu de l'avantage incomparable que la Mauritanie tirerait de l'érection d'un pont" assure un des techniciens chargés de l'entretien du bac de Rosso.
 
"Si on a pensé à un pont reliant les deux Rosso à l'aube de l'indépendance, depuis une trentaine d'années, ce rêve est perçu par les successifs pouvoirs militaires comme une menace d'immigration massive de hordes sénégalaises vers la Mauritanie, que ces autorités perçoivent de imaginairement comme un éventuel Eldorado sous-régional. Une telle crainte est purement idéologique et n'a aucun fondement factuel bien évidemment" explique longuement un ancien cadre du ministère de l'équipement. Ici, ce seraient les intérêts du peuple mauritanien au chômage qui seraient illusoirement sauvegardés.
 
Selon la BAD, les intérêts pour toute la zone, autant côté mauritanien, que sénégalais, seraient importants. "Entre le Trarza dont Rosso est le chef-lieu, avec près de 300.000 habitants, et la région saint-louisienne pour 750.000 habitants, la zone d'influence et les bénéficiaires du projet du pont concernent plus d'un million de personnes directement" estime Mohamed Ali.
 
Quant à la wilaya qui est reconnue pour ses activités agricoles, d'élevage et de commerce. Ce pont peut être "l'opportunité visionnaire pour les mauritaniens de développer leur agriculture, afin d'être un grenier alimentaire pour toute la sous-région" espère un autre agriculteur près de Thiambène à 40km de Rosso, sur la route menant a Boghé. Mais le développement (agricole) du sud "n'a jamais été pour les différents pouvoirs depuis l'indépendance, une véritable lucarne pour le développement plus global du pays" se désole-t-il.
 
Une chose qui pourrait rapidement évoluer au vu du coup de fouet que Mohamed Ould Abdel Aziz souhaite et annonce donner à l'agriculture mauritanienne, et concrétisée récemment par l'octroi de plus de 400hectares de surfaces aménageables entre le Trarza, le Gorgol et le Guidimakha.
 
Mamoudou Lamine Kane
Mamoudou Kane


              

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