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Poly-Hondong : Prémices d’un nouveau scandale


Economie
Mardi 15 Janvier 2013 - 10:30

La société chinoise de pêche Poly-Hong Dong, qui a fait irruption dans l’actualité nationale, il y a deux ans, par la signature avec le gouvernement du Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf, d’une convention très controversée, fait reparler d’elle. Depuis lundi, elle a signifié aux autorités mauritaniennes la suspension de ses activités à Nouadhibou où, au terme de ladite convention, elle devait construire un complexe de pêche traitant sur place les captures et employant quelque 2500 personnes.


Signature de la convention de pêche qui liait l'état mauritanien à Poly Hong Dong, le 6 juin 2011. Crédit : AMI
Signature de la convention de pêche qui liait l'état mauritanien à Poly Hong Dong, le 6 juin 2011. Crédit : AMI
A l’époque, de telles promesses nécessitant un investissement de 100 millions de dollars US avaient servi d’arguments massue pour le ministre des Affaires économiques et du Développement, Sidi Ould Tah, pour balayer d’un revers de la main les protestations des armateurs nationaux et des députés de l’opposition qui dénonçaient un accord léonin (donnant une large accessibilité aux ressources halieutiques nationales) qui courent sur une période de 25 ans ! Du jamais vu dans toute l’histoire du secteur et peut être même dans celle des accords et conventions que la Mauritanie a eu à signer avec ses partenaires économiques et financiers.

Il s’agit donc, véritablement, d’un retournement de situation qui ne sert pas le gouvernement dans sa volonté de dire que tout ce qu’il a entrepris, depuis l’arrivée de Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir, a été bien pensé en termes d’intérêt national et non de visées personnelles et " lobbyistes " comme cela a toujours été en Mauritanie. Certes, on pourra toujours se défendre, en disant que c’est le partenaire chinois qui a failli, en ne respectant pas les clauses du contrat, étant encore très loin du nombre d’emplois devant être créés et contrevenant, épisodiquement, aux conditions de pêche, mais il sera difficile à Ould Tah et aux experts qui ont ficelé cette convention avec Poly-Hondong de défendre leurs choix. Surtout que l’accord avec les Chinois a beaucoup joué dans les réticences de la Mauritanie envers l’Union européenne et la réduction de l’accord de pêche, vieux de quinze ans, à la moitié de la période initiale (4 ans).

C’est même plus embarrassant pour le ministre des Affaires économiques qu’au lieu de chercher à négocier, Poly Hondong se dérobe, en annonçant, tout simplement l’interruption de ses activités à Nouadhibou comme réplique à la suspension des licences de pêche que l’Etat lui accordait. Poly Hondong a fait part de sa décision à l’Inspection régionale du travail et à la Direction maritime dans une correspondance en date du 2 janvier 2013.

En fait, Poly Hondong a failli. Et ce qu’elle cherchait c’est de pouvoir continuer ainsi tant que le gouvernement mauritanien accepte de fermer les yeux.

Comment comprendre, dans ce cas, que depuis la signature de la convention, Poly-Hondong n’ait engagé que 300 personnes sur les 2500 qu’elle avait promises ? En outre, elle aurait aussi violé plusieurs fois les lois exposant ses navires de pêche à des sanctions.

Le ministre des Affaires économiques qui avait défendu " son accord ", en Juin 2011, devant le Parlement nous doit des explications. Il avait, devant le Sénat, accusé des médias électroniques de s’impliquer dans la campagne visant, selon lui, à porter préjudice aux relations économiques entre la Mauritanie et la Chine. Nouakchott avait alors connu une vive polémique après la signature d’un accord de pêche entre le gouvernement et Poly Hondong Pelagic Fisher, une entreprise chinoise presque inconnue avant cette signature mais dont la société mère Poly technologies est couramment citée dans des contrats d’armement.

Par le biais dudit accord, d’une durée de 25 ans, la Mauritanie octroie à l’entreprise un terrain de 60.000 M2 pour la construction d’une usine de production de poisson. La Société s’engage à investir 100 million USD dans le projet et à générer 2500 opportunités d’emploi. Le gouvernement mauritanien s’engage à garantir " la stabilité du cadre juridique " en faveur de l’investisseur et le texte du contrat cite des annexes " ayant la même force juridique " mais qui n’ont pas été rendus public. La volte-face de Poly-Hondong va-t-elle tout jeter à l’eau ?

Sneiba
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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