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Politique : L’échec de l’initiative de Messaoud serait aussi l’échec du dialogue


Actu Mauritanie
Mardi 28 Mai 2013 - 09:27

On parle de moins en moins aujourd’hui des résultats du dialogue « national » de septembre 2011. Même si l’initiative du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, qui est une proposition de sortie de crise privilégiant un consensus national plus large que le cadre ayant réuni la Majorité et quatre partis de l’opposition, peine, elle aussi, à s’imposer comme La solution à la crise.


Politique : L’échec de l’initiative de Messaoud serait aussi l’échec du dialogue
Au risque d’être traité d’oiseau de mauvais augure, nous disons tout simplement que l’échec de la démarche préconisé par le Sage Messaoud entrainera, inéluctablement, dans son sillage celui du « dialogue » qui, s’il était vraiment « national » n’aurait pas nécessité cette sorte de second round qu’est l’initiative du président de l’Alliance populaire progressiste (APP). Ne pas le reconnaître c’est adopter cette politique de l’autruche qui est un « art » mauritanien par excellence.

Car il faut bien que l’on reconnaisse que le dialogue d’il y a un an et demi, le « dialogue national » n’était en fait que des discussions entre la Majorité et quatre partis de l’Opposition ! Une sorte de nouvelle feuille de route destinée uniquement à faire bouger les choses, en enclenchant un processus de sortie de crise, mais pas véritablement une action d’envergure devant relancer la Mauritanie sur la voie de la démocratie, de la modernité et… de la rupture définitive avec les coups d’Etat. Certes, quelques mois plus tard, le Parlement réuni en Congrès avait entériné les décisions de ce dialogue, mais les protestations de la Coordination de l’opposition démocratique (COD), formée de dix partis, ne pouvaient être ignorées.

Même si l’opposition radicale, qui avaient comme « programme d’urgence » de chasser le président Mohamed Ould Abdel Aziz du pouvoir, comme ce dernier l’avait lui-même fait pour Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, le 06 août 2012, péchait par excès de zèle dans son attitude antidémocratique.

L’option du dialogue avait été vue alors par le président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, et par ses alliés au sein de la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP), comme la seule issue « raisonnable » à la crise. Une appréciation faite, sans doute, de bonne foi par un homme que l’on présente, depuis le lancement du dialogue entre le pouvoir et les quatre partis d’opposition en décembre 2011, comme un conciliateur et un paravent contre ce « printemps arabe » qui continuait encore, malgré son côté positif, à troubler la quiétude de certains pays de la zone.

Mais, du côté de l’opposition radicale, on pense autrement : il ne s’agit, ni plus ni moins que d’une autre « ruse » du pouvoir pour dévoyer la démocratie mauritanienne et tenter de gagner du temps dans un contexte de crise multiforme qui ne permet pas d’organiser des élections libres et transparentes pour remplacer un Parlement et des conseils municipaux dont les mandats sont arrivés à terme depuis novembre 2011.

On avait pensé alors que le vote acquis sur les amendements constitutionnels creuserait encore plus le fossé entre le « couple » pouvoir-opposition participationniste et la COD. Car cela a été, véritablement, comme l’avait annoncé le président de l’Assemblée nationale, l’acte qui scelle le véritable dialogue dont les résultats ont été de la sorte « constitutionnalisés » par plus des deux tiers du Parlement, même si la question de la légitimité de cette opération restait toujours posée.

Dans certains milieux, on pense que le pouvoir, à partir de cet instant, n’avait plus d’excuses pour retarder le processus et engager les procédures nécessaires pour que l’organisation des élections municipales et législatives puisse avoir lieu dans les plus courts délais possibles.

La question du calendrier électoral reste posée

Quelque soit la suite du processus en cours, la question des élections reste posée. La fourchette choisie par la CENI (commission électorale nationale indépendante) n’a encore rien de contraignant quand on sait que même les participants au dialogue de 2011 n’ont pas encore réussi à accorder leurs violons sur cet agenda que d’aucuns voient comme une pression de plus sur la COD. Cela permet aussi au gouvernement de gagner du temps, le but n’étant pas seulement de mettre un terme à la crise institutionnelle mais aussi de s’assurer, à travers le renouvellement du Parlement et des conseils municipaux, une majorité plus légitime que celle héritée de ce qui ressemblait bien à une « période d’exception » (2008-2009).

Et l’on pense, à ce sujet, que le dialogue avec la COD est nécessaire et que le meilleur moyen de le faire pour le pouvoir, sans perdre la face, est d’adopter sans plus tarder l’initiative de Messaoud. Un compromis en vue d’un apaisement sans lequel la durée de vie du gouvernement actuel deviendrait un insupportable enfer. Non seulement pour les populations elles-mêmes, qui déchantent, après avoir cru que le « président des pauvres » est un faiseur de miracle, mais aussi pour ces « ministrés » qui ne savent plus à quel saint se vouer et parvenir, n’importe comment, à sortir de leur rôle désobligeant de figurants.

Mais, pour être juste, il faut aussi reconnaître que la COD n’est pas innocente dans la manipulation des règles du jeu politique qu’elle cherche à imposer au pouvoir. L’appel à la démission du gouvernement – et même du président Aziz – se comprend, quand l’opposition juge que ceux qui ont été choisis par la voie des urnes ont failli. Mais susciter un « printemps mauritanien », appelé même à un coup d’Etat contre un pouvoir, même mal élu, est une anomalie démocratique qui ne grandit pas l’opposition. Cette dernière devait, en toute logique, garder les principes pour lesquels elle mène son combat.

Source:[Elhourriya]urlblank:http://elhourriya.net/fr/politique/9743-mauritanie.html
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