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Noorinfo

Police et pot-de-vin…


B'il a dit
Jeudi 19 Février 2015 - 13:00

La police est de retour. Elle s’est éclipsée un mauvais jour de la circulation nouakchottoise. Le corps de la police était trop marqué pour échapper aux foudres de la rectification azizienne. Qui dit, dit dans ce qu’il dit, Ely Ould Mohamed Vall. Et une telle appropriation était tout simplement insupportable pour le cousin, devenu président.


Police et pot-de-vin…

C’était un peu un-tout-sauf-la-police qui rappelant la condescendance d’un cousin quelque peu encombrant. On allait, pour gommer cette marque indélébile, de celui qui a dirigé ce corps, deux décennies durant, tuer la police, la  réduire à un chômage technique par extinction. Surseoir, bon sang, à tout recrutement  policier ; et inventer un nouveau corps auquel on devait  confier la charge d’assurer  l’ordre public et la régulation du trafic routier.

Un nouveau corps, connu sous une appellation acronyme kilométrique, a vu le jour. Le nom était tellement difficile à mémoriser que les citoyens ont préféré,  pour désigner la nouvelle chose, le prénom du général Messgharou, qui commandait cet étrange corps. Le vocable ‘’les jeunots de Messgharou’’ était lâché et allait bien courir en ville. Courir aussi bien –mal devrait-on dire- en ville que les jeunots qu’il invoque. 

Des jeunots, chez qui, on décelait trop tôt des compétences et penchants, qui n’ont rien à voir ni avec le maintien de l’ordre public, ni la régulation de la circulation routière. Les courses juvéniles se faisaient  honteusement derrière les jupons et par de-là devant le parquet de Nouakchott. 

C’était un échec lamentable et obscène finalement, l’invention de corps étrange. Mais, il faut peut-être un peu d’indulgence à l’égard de ces jeunots. Qui sont, en fin de compte, aussi innocents que les filles qu’elles ont violentées. Puisque la création même de ce corps n’avait de raison que celle de réduire à mort celui de la police. 

Ne serait-ce que ça, ils auraient réussi- voyons-dans la mission première et unique, qui  était la leur et qui était  de gommer la trace d’un condescendant d’officier un peu trop gênant. Tant pis si l’insécurité allait en subir un sacré coup.

Cela dit, dans ce qu’il dit, la perception même du premier magistrat de la chose publique. Un corps aussi important qu’on attribue, facilement, à un homme. Et qu’on apprécie ou déprécie à l’aune de l’image qu’on se fait de cet homme. Dès son arrivée au pouvoir, l’actuel président s’est distingué par cette obsession assimilatrice de l’institution publique.  On l’assimile à un homme. Et elle est condamnée à la malédiction de la personne à laquelle elle s’identifie dans l’esprit du général devenu président. 

Plusieurs institutions publiques ont connu alors une mort tragique au détour d’une ire présidentielle. D’autres ont survécu avec des dommages gravissimes. Le commissariat à la sécurité alimentaire a failli mourir. La SONADER meurt en silence. La Caisse Nationale à la Sécurité Sociale devrait rendre l’âme. 

Bien d’autres candidates, dans la tête du rectificateur, à l’outre tombe ont risqué le même sort. Comme la police, elles étaient, toutes liées, dans l’imaginaire du premier imaginant de la République, à un homme que celui-ci n’aime pas vraiment. N’aime pas vraiment pour une raison, qui, peut-être, souvent, toujours, disent les plus grands connaisseurs de l’homme,  dans ce qu’ils disent, qui n’a rien à voir avec la République. 

On ne l’aime pas celui-là, pour un poil, qui sort de son oreille droite. On ne l’aime pas celui-là, puisqu’on a trop entendu son nom. Ou parce qu’on le considère un peu trop. On le loue, ici. On chante sa vertu quelque part. Et ça,  on ne l’aime pas vraiment. Jusqu’à détester l’institution qui l’incarne, à tort ou à raison. 

Ça, c’était avant, comme on dit. On a fini par revenir à des meilleurs sentiments envers plus d’une institution publique. La Caisse Nationale à la Sécurité Sociale n’était pas si diabolique que cela. Elle est même sympathique aujourd’hui, désormais. N’est-ce pas elle dispose d’un patrimoine foncier impressionnant. 

Dans un quartier central de la chose, en face d’un immeuble en vue. Elle est foncièrement bonne. Tout à un quartier. De quoi se payer de la considération républicaine. Comme la police, qui a concédé toute une parcelle de son domaine marchand pour laver l’affront de la condescendance. La police  un pot-de-vin sacré. Elle peut bien revenir, aujourd’hui. Elle est la bienvenue. La mieux venue, sur la meilleure avenue. Qui dit mieux ? 

Au-delà de l’aspect mercantiliste de la chose, on est assez prévenu. La République se construit et se structure à travers quelques perceptions. Une institution s’accepte et se respecte, là-haut, si elle offre une opportunité marchande. Sinon à quoi bon la maintenir ? La police a compris. La CNSS a compris. Toutes les écoles publiques ayant pignon sur rue ont intérêt à comprendre. Le collège de Tevragh-Zeina, a-t-elle pigé, mon Dieu ! Et l’école du marché de la capitale a-t-elle oublié une partie évocatrice de son nom ? Du marché ! Voyons !

Depuis 2008, les choses ont bien changé. On assimilait l’institution publique d’alors à des hommes qu’on ne portait pas dans le cœur. Aujourd’hui, elles s’assimilent à une chose qu’on porte jalousement dans le cœur. 

B‘...

 
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