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Plus que les maures, voici les différentes catégories d’esclaves chez les soninkés...


A.O.S.A
Dimanche 25 Août 2013 - 11:20


Plus que les maures, voici les différentes catégories d’esclaves chez les soninkés...
Après avoir lu ces extraits, il est indispensable de lire en entier cette publication du journal des africanistes afin de remettre dans leur contexte certains extraits pour mieux en saisir la portée. Extraits : « P46 : intéressons-nous au groupe des esclaves ou komo (sing, korné)  au sein duquel on distingue plusieurs catégories (Sy 1997) :
 
 
a)            Les komo xooro ou komo xasso (grands esclaves ou vieux esclaves) sont directement liés aux pouvoirs des royaux, on les appelle également un peu abusivement dionkurunko (de dion « esclave » en bambara, et de kure « armée » en soninké. Ce sont en fait d'anciens captifs de guerre, ils constituent avec les komo xooro le noyau militaire du système esclavagiste soninké.
 
b)           les wanukunko, ce sont souvent des voyageurs ou des réfugiés venus se mettre sous la coupe des régnants d'un village ou d'un royaume, à qui on attribue des femmes esclaves et des terres à cultiver. Ils sont souvent classés comme « grands esclaves » et défenseurs de la couronne. Parfois, ce sont des mercenaires recrutés pour combattre un ennemi momentané et qui restent sous l'autorité du tunka (roi).
 
c) les duragandikomo (esclaves disponibles à tout moment, à portée de
main pour l'entretien du maître), cette catégorie comprend deux sous-groupes :
 
— les sarida (pi. sarido celui ou ceux qui ont enfanté pour eux, ou qui sont nés pour eux ; on ne peut en principe les vendre). En bambara, on les appelle les woloso (de wulu « chien », et so « maison », litt. « les chiens de la maison » ou encore, selon Meillassoux, woro « naître » et so « maison » : « naître dans la maison »). En réalité, par extension, on peut dire que komo xooro et komo xasso sont des sarido. Meillassoux appelle vénacles, les enfants nés en liberté dont les ascendants étaient des esclaves ou assimilés comme tels.
 
— les naniuma ou esclave-capital, monnayable à n'importe quel moment contre une femme, de l'argent, de l'or, des boeufs, un cheval, etc. selon la loi de l'offre et de la demande sur les marchés régionaux. Il est taillable et corvéable à volonté.
 
d)            les komo-noninto ou ruxuban-komo (esclaves maudits) dont les maîtres ont disparu et que l'on laisse à la disposition de tout le groupe noble par peur de la malédiction. Ils sont directement attachés à la maison où les rois s'installent (appelée ruxuban-ka) et qui est la propriété collective du clan régnant.
 
e)           les tolomani ou teyleni (sing, toloma ou teylé) ou esclaves gagés, déposés auprès de créanciers à titre de garantie avant le remboursement d'une dette ou d'une créance. En principe, tant que le dépositaire n'a pas remboursé la créance, le gagé reste esclave. Il peut arriver que le gagé rembourse lui-même la dette tout en restant esclave. On lui donne en mariage une esclave et il intègre alors le clan des wanukunko.
 
 f)           les esclaves faits prisonniers lors du djihad qui refusent de se convertir à l'islam et qui deviennent libres en principe dès l'instant où ils l'embrassent ; mais qui, de fait, restent esclaves une fois islamisés, ce qui est contraire à l'esprit et à la lettre du Coran.

Les structures de l'esclavage soninké que je présente ici ne sont pas exhaustives ; elles présentent, en effet, de très nombreuses variantes étymologiques témoignant de la multiplicité des situations sociales des esclaves selon les pays soninkés (jamaanu). Elles recoupent celles décrites par Meillassoux (1986 : 117-122) : esclaves de peine, mansés, casés, etc., mais tous soumis à des conditions d'exploitation variées, tandis que les esclaves affranchis, manumis et anoblis tentent en vain d'échapper aux pesanteurs de leur condition antérieure.
 
….P48 : Toutes les catégories de la société peuvent détenir des esclaves ; mais les principaux propriétaires d'esclaves sont les nobles, catégorie comprenant les régnants, les marabouts, les mangu (membres de la suite militaire), les anoblis et autres hommes libres du village. Chez les Soninkés, \qs julani (« commerçants », sing.yw/a) étaient en majorité des marabouts dont le rôle dans le commerce esclavagiste interne et lointain a été prépondérant.
 
…P57 : Lors de l'enterrement d'un immigré décédé à Paris et dont le corps fut rapatrié au village, un autre immigré d'origine esclave (appartenant au groupe des révoltés de France) en vacances, s'est vu interdire au cimetière la participation à la dernière prière d'avant la mise en terre. Tous les musulmans des autres villages représentés furent indignés et les nobles de R., dès les funérailles achevées, déclarèrent que désormais ils ne refuseraient plus la présence des révoltés lors d'un enterrement. Dorénavant, chaque groupe prie dans ses propres mosquées de quartiers. L'islam qui proclame l'égalité entre musulmans n'est utilisé, on le voit, que de façon instrumentale pour pallier les inconvénients de la non-tranversalité des mariages et, dans ce cas d'espèce, de l'hypogamie. L'inégalité matrimoniale ici n'est pas dénoncée dans une perspective de généralisation et d'application du principe d'égalité énoncé par le Coran. Mais l'exemple du cimetière, conséquence directe de cette inégalité matrimoniale, montre bien le refus des musulmans soninkés dans leur écrasante majorité de tirer toutes les conséquences de leur islamité :
 
on refuse le mariage transversal entre descendants d'esclaves et de nobles, tous musulmans et égaux devant Allah ; mais on s'indigne devant l'humiliation subie par un musulman, fut-il descendant d'esclaves, lorsqu'on empêche celui-ci de prier sur la dépouille mortelle de son compagnon d 'exil et de misère. Est-on plus musulman que Soninké ? Peut-on continuer à sanctionner au nom de l'islam les conséquences de comportements liés à la tradition ? Ce principe d'accommodement sera-t-il longtemps tenable ? Il me semble qu'il y a là un cloisonnement des diverses facettes culturelles de l'identité dangereux pour l'équilibre des hommes et des femmes vivant en société.
 
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chezvlane


              


1.Posté par Bach le 24/08/2013 21:25
Ces récits sont tout à fait vrais pour ceux qui connaissent l'histoire des soninkes et de la sous région. Certaines pratiques dommageables restent d'actualite malheureusement jusqu'à présent. Il faut le reconnaitre que ces pratiques qui étaient communes à toute l'afrique noire ont disparu dans les contrées chrétienne et non dans les pays musulmans. La raison est toute simple mais difficilement acceptées par les musulmans. L'islam a servi à l'entretien et le maintient de l'esclavagisme. Contrairement à ce que l'on veut nous faire entendre. Audela même de l'esclavagisme il y'a la stratification des sociétés en ethnies, langue, catégorie socio ethniques ou les unions transversales sont refusées ou même bannies. Pour avancer dans cette lutte nous devrions nous poser juste une question: pourquoi l'esclavage ne prolifère que dans les contrées islamiques à ce jour?

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