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Plus de deux millions de réfugiés syriens se pressent en Turquie


International
Samedi 19 Septembre 2015 - 10:00

La Turquie a annoncé vendredi avoir dépensé jusqu'à maintenant plus de 6 milliards d'euros depuis le début de la crise pour venir en aide aux réfugiés syriens. Ankara se montre critique face à l'attitude de l'Union européenne dans la gestion de la crise des réfugiés.


Migrants endormis à la gare routière d'Istanbul le 18 septembre. La Turquie accueille le plus grand nombre de réfugiés au monde, dont une majorité de Syriens.
Migrants endormis à la gare routière d'Istanbul le 18 septembre. La Turquie accueille le plus grand nombre de réfugiés au monde, dont une majorité de Syriens.
 Alors que les 28 de l'UE se retrouvent mercredi pour un sommet consacré à cette question, la Bulgarie déploie des troupes à sa frontière commune avec la Turquie.
 
Le sommet européen de mercredi prochain doit aider la Turquie afin que les réfugiés présents sur son sol puissent y rester, a déclaré le président français hier soir. Une déclaration de François Hollande accueillie avec soulagement en Turquie, comme l'a expliqué à RFI l'ambassadeur de la Turquie en France, Hakki Akil.  « Pour nous, la déclaration du président Hollande était une bonne surprise parce que s’occuper de plus de deux millions de réfugiés est un problème international et pas seulement de la Turquie.
 
Pendant quatre années, nous les avons logés, nous ne nous plaignons pas –c’étaient des gens qui étaient en difficulté- mais il est également du devoir de la communauté internationale de prendre les mesures nécessaires pour que ces gens-là puissent bénéficier également d’un séjour dans d’autres pays parce que la Turquie, à elle seule ne peut résoudre ce problème. A ce jour nous avons dépensé plus de sept milliards de dollars ».
 
Un coût de plus de 6 milliards d'euros
 
Sept milliards de dollars ou 6,6 milliards d'euros : c'est la somme avancée vendredi par le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus, rapporte notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette.
 
Un montant dont on ne sait exactement ce qu'il recouvre, mais qui de l'avis de certains économistes n'est pas exagéré, peut-être même sous-estimé. La Turquie compte plus de 2 millions de réfugiés syriens. Ce qui voudrait dire qu'Ankara dépenserait environ 3 000 euros par personne, à mettre en perpective avec les 13 000 euros par réfugié dépensés par exemple par l'Allemagne.
 
Selon Ankara la gestion globale de la crise des réfugiés mène à une impasse : le gouvernement turc insiste toujours sur la mise en place d'une zone sécurisée en Syrie pour mettre fin au problème. La Turquie se montre toujours critique face à l'Union européenne : la totalité des fonds promis n'a toujours pas été versée. Ankara se dit prêt à prendre en charge le déplacement des réfugiés vers l'Europe si celle-ci annonce le nombre de personnes admissibles, et même par avion, s'il le faut.
 
Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne, a promis hier à son homologue turc, que l'Union européenne (UE) accorderait une aide financière « substantielle » à la Turquie pour l'accueil des réfugiés syriens.
 
La Bulgarie déploie des troupes à la frontière turque
 
Les troupes seront déployées par étapes pour atteindre 1000 soldats en fin de semaine prochaine, rapporte notre correspondant à Sofia, Damian Vodenitcharov . Au total, les effectifs militaires pourraient atteindre de 2000 à 3000 personnes, si la situation l'exige. Il n'est pas prévu d'nevoyer des véhicules blindés, a assuré le gouvernement et les soldats ne pourront qu'assister la police aux frontières dans la surveillance de la frontière.
 
La constitution bulgare interdit la militarisation des frontières terrestres ou maritimes du pays. La seule institution autorisée à arrêter les immigrants clandestins et à les détenir est la police aux frontières. L'envoi de renforts vient en réponse à l'arrivée de 2 000 demandeurs d'asile à Edirne, en Turquie.
 
Une nouvelle législation contre le trafic d'être humains est également en discussion au Parlement. Les passeurs pourraient être condamnés à des peines maximales de 12 ans de prison, et recevoir des amendes de 15 000 euros.

Actuellement, les rares condamnations sont de 1 à 3 ans de prison, alors que les sanctions sont de 5 000 euros. Selon la police aux frontières, le nombre de passeurs en Bulgarie a augmenté de 70% depuis le début de l'année.

RFI

Une partie des dizaines de kms de frontière barbelée qui séparent la Bulgarie de la Turquie
Une partie des dizaines de kms de frontière barbelée qui séparent la Bulgarie de la Turquie
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