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Noorinfo

Petite,moyenne et grande notions sur les Flam


Actu Mauritanie
Mardi 22 Septembre 2015 - 07:30

Le salmigondis médiatique dont nous avons été abreuvés sur la toile ces derniers temps,dénote de la ligne doctrinale des Flam ou forces africaines de libération de Mauritanie. Au commencement était l'apologie d'une "figure de proue" flamiste au colonel beidâne Oumar Ould Beibacar, qui n'est certes pas un "saint" mais sain d'esprit et qui d'ailleurs n'avait rien demandé.


Ely Ould Krombele
Ely Ould Krombele
L'hommage au colonel Oumar a provoqué un débat ubuesque quand Sarr Abdoul Ousmane, un autre rescapé de Walata est entré en scène,fustiger cette fois les louanges de qualité faites à notre guerrier de l'Est-mauritanien.
 
Des photos à "décharge" le montrent d'ailleurs auprès des pierres tombales afin de prouver à chaque négro-mauritanien qu'Oumar est bien le dernier des gens de Bedr. Dans ce "black mic-mac",il est indéniable que le poncif a eu raison du pondéré,de l'intelligible.
 
En effet,cette palabre digne de généraux bysantins où les rescapés de la ville historique de Walata,tristement médiatisée pour quelques non moins célèbres épitaphes,a provoqué la nausée chez un bon nombre de mauritaniens.
 
Les morts,même sans sépultures décentes,qu'on devrait monter plutôt dignement sur les rostres,ont été exposés aux gémonies et ont probablement eu envie de crier aux hypocrites survivants que nous sommes: " assez...taisez-vous"!!! Car les réscapés du bagne de Walata, désoeuvrés en cette période hivernale, disent..redisent et se contredisent dans un climat "bas et lourd en proie aux longs ennuis".
 
Restituons les faits dans leurs moules et gageons que les esprits animés de lucidité,de compétence étendue procéderont à une ré-écriture impartiale de notre récente Histoire nationale. En 1986 un groupe d'intellectuels négro-mauritaniens publie un manifeste pour "plus de droits" car se sentant "discriminés" par les pouvoirs successifs depuis l'indépendance en 1960.
 
Déjà en 1966,il y a eu quelques heurts qu'il faut mettre sur le déficit de la démarche pédagogique adoptée par les pouvoirs publics au moment où les nationalismes arabe et africain commençaient à prendre une tangente idéologique démagogique et partisane.
 
Dix ans après, la réponse de Maawiya alors président a été brutale voire disproportionnée. Certes nous étions en période d'exception,le fameux mûr de Berlin encore debout,le discours de la Baule, acte de naissance de la démocratisation des régimes africains,pas encore à l'ordre du jour.
 
Cependant ,fallait-il autant de prosopagnosie à l'égard de brillants intellectuels, en l'occurrence feu l'écrivain Ten Youssouf Guèye ou le poète et journaliste Ibrahima Moktar Sarr, pour ne citer que ces deux noms et qui n'ont fait qu'éxhiber quelques banderoles et partager une plate-forme revendicatives?
 
1/ Et les militaires s'en mêlent
 
Qu'on ne se voile pas la face,la tentative de coup d'Etat du mois d'octobre 1987 était le fruit d'un long mûrissement dont les germes sont apparus vers la 2ème moitié des années "70", juste après le "coup des officiers de l'Est",le lundi 10 Juillet 1978.
 
Donc bien avant que l'aile civile des Flam ne publie son manifeste de manière pacifique. Je donne une seule preuve parmi la dizaine dont j'ai la possession. En 1978,un élève-officier de la 3éme promotion, d'origine sénégalaise(son père est parmi ceux qui sont venus construire le palais présidentiel dans les années soixante), a été convoqué en réunion par ses ainés officiers à ATAR, lors d'un week-end.
 
Ayant grandi au Ksar,donc entre les maures blancs et noirs et n'ayant pas d'éducation basée sur la promotion colorielle ou archétypale, même si son nom de famille est négro-mauritanien de consonance, D.I a été surpris par l'ordre du jour de la 1ére réunion de sa vie de recrue affolée:comment mettre fin au système beidâne...
 
Déstabilisé, le jeune D.I qui, d'ailleurs était plus wolof que pular, a voulu expliquer à ses "ainés"que les maures avec qui il a vécu au Ksar à Nouakchott étaient gentils et pas du tout racistes. D'ailleurs ils constituaient un melting pot tels Kopa- LMS ou HEMS, des mauritaniens venus de divers horizons,ne connaissant ni tribu ni éthnie. C'était en 1978-1979.
 
Lorsque je suis sorti sous-lieutenant en 1980, issu de la 4éme promotion et après un flash-back,je peux jurer qu'il y avait plus de cadres négro-mauritaniens que maures, d'abord dans l'Armée et partout ailleurs!!! Et personne ne s'en offusquait.
 
C'était dans l'ordre naturel des choses qu'une catégorie de mauritaniens ait la préférence d'être technicien de santé, militaire, agent de la poste et l'autre catégorie, optant pour le commerce florissant, la politique etc.. Où était alors la ségrégation raciale ? Nulle part.
 
Une erreur s'était certes glissée dans l'entendement de certains,se croyant majoritaires ,donc devant logiquement détenir le pouvoir éxécutif. D'où la tentative d'octobre 1987, longtemps échafaudée mais mal préparée et qui s'est soldée par un échec cuisant,sans qu'il ait un seul coup de feu tiré!!!.
 
Pourtant ce coup d'Etat ne devrait pas échouer car ses commanditaires avaient tous les atouts pour le réussir( les forces blindées de la 6éme région militaire, la base marine,la permanence de l'Etat-major, les commandos d'Atar ayant pris la permission pour passer en action le jour "j".
 
Deux critères essentiels ont empêché la réussite du coup d'Etat: le leadership et l'effet de surprise. Ah ! s'il y avait un Niang Salla ou un Yall Abdoulaye, le cours de notre Histoire aurait probablement changé. Quant à l'effet de surprise, mon voisin et professeur Sarr du quartier Bagdad (lui aussi réscapé de Walata) m'a dit qu'une semaine avant la tentative, les militaires(ou amateurs)ont demandé à leurs épouses de se ravitailler au marché car "les jours à venir seront chauds"!!! On dirait que tout était fait juste pour attirer l'attention.
 
Force est de constater que les "tchedo" ou "Sebè", au lieu de s'affirmer en djambars,se sont plutôt comportés ce jour fatidique en piètres... djombars. Maawiya, échaudé en 1986, mal conseillé en 1987,a procédé à l'éxécution de trois officiers, comme Haidalla en 1981. La rupture entre le pouvoir d'un côté, les Flams et par extension les gens de la vallée est désormais consommée..
 
En 1988,pour faire une diversion et éviter ainsi "les deux poids,deux mésures", le président Maawiya fait la chasse aux baathistes surtout militaires. Ainsi des officiers supérieurs de qualité ont été démis de leurs fonctions, pour se voir jeter en pâture, comme leurs frères d'armes négro-mauritaniens quelque temps auparavant.
 
L'article de Sarr Abdoul Ousmane en dit long sur la stratégie des Flam,sur la trame intellectuelle qui court à travers leur discours.Le colonel Oumar en a pris à ses dépends.Pour les extêmistes flamistes, le beidâne est à abattre, qu'il soit juste ou ignoble.
 
Il faut le bouter hors de Mauritanie, lui qui n'a qu'une pierre à la place du cœur. "insensible à nos souffrances",pire,il est même "complice de nos déboires infligés par les pouvoirs publics".
 
Cette vision apocalyptique pose un dilemme pour la majorité silencieuse pular qui veut se soustraire de ce manichéisme,érigé en credo par les Flams. L'exemple du jeune administrateur civil Gaye ElHadj, gouverneur adjoint lors du décès de feu Ten Youssouf illustre bien cette assertion. Ce jeune homme qui a fait des études pour servir son pays,a été confronté au dilemme plus que cornélien;d'un côté il fallait prendre une décision sur le cas d'un parent torturé à mort ou...plaqué tout et se soumettre au diktat des Flam.
 
Si vous n'épousez pas leurs idées, les extrêmistes vous taxeront de vendus,de thuriféraires du "système beidâne". On peut-être défenseur des droits humains et ne pas être acquis aux méthodes extrêmistes flamistes.
 
Le cas du colonel très respecté dans l'Armée Dia Elhadj, plusieurs fois ministres,commandant de régions militaires,etc sous Maawiya d'abord et ensuite Aziz, est l'exemple palpable.
 
Personne ne peut douter de la loyauté et la sincérité du colonel Dia El Hadj envers ses frères de la vallée.Il défend sa "condition" de noir,écrit avec un stylo noir, ne se laisse jamais marcher sur les pieds...noirs.
 
Cependant Dia n'est pas raciste,il ne déteste pas les beidânes et ne pense pas les bouter hors de Mauritanie. Des "Dia", il y en a des milliers sur le territoire national.
 
Alors à quoi a servi la "lutte" des Flam, à part que les Pular ont été relégués un demi-siècle en arrière : moins d'officiers supérieurs d'envergure, moins d'avocats célèbres,de médecins,de cadres irréprochables.
 
Quand on veut se frotter à son vis à vis,il faut sortir gagnant, ou tout au moins conserver l'équilibre des forces. Mais pour une fois que la dissuasion est entamée, l'adversaire vous marchera dessus. Franchement entre maures, pular, soninké, wolof dignes fils de la Mauritanie, doit-il y avoir tant de haine? Qui attise les flammes de la discorde?
 
2/ LES ANNEES DE BRAISES 1989-1991 OU LE SUCCES MITIGE DES FLAMS( A SUIVRE INCHALLAH)
 
kopa=Eyoub;LMS=Mohamed Lemine Ould Messoud;HMS=Hénoun Ould Houssein. Ce trio constituait l'ossature de l'équipe de foot du Ksar,les années"70".Il ne manque qu'Ahmed S.Ould Harouna Sneidri.
 
Ely Ould Krombele, Paris
 
Bonne fête d'el Id à tous les mauritaniens
Noorinfo


              

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