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Perspectives économiques: La galère en 2012


Economie
Mardi 6 Décembre 2011 - 16:47

2012 s'annonce dure, selon le gouverneur de la banque centrale, Ould Raïs lui-même, la semaine passée. En passant au crible le rapport du FMI, sur leurs perspectives en 2012, dans la zone Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP), on se rend compte que c'est un euphémisme, avec une inflation qui risque de s'envoler, des crédits toujours en berne, et une politique de l'emploi toujours nihiliste, parallèlement à une politique de subventions, notamment des énergies, à laquelle le FMI conseille de mettre fin.


Perspectives économiques: La galère en 2012
Avec une année 2011 qui arrive à son terme, les mauritaniens auraient pu penser que le pire était passé avec un exercice où l'inflation, même si elle a été relativement maîtrisée, par rapport à une situation qui aurait pu être plus grave. Que nenni, annoncent les analystes, BCM et FMI en tête. La grande galère est pour 2012. ce que l'organisme financier international explique de long en large dans son rapport sur les perspectives dans la zone MOANAP.

Déjà avec une inflation qui s'annonce plus galopante. Il faut le reconnaître, globalement, l'inflation a été maîtrisée par l'augmentation des subventions aux produits alimentaires et énergétiques. Ce qui va changer en 2012 selon le FMI. «La modération de l'évolution des prix, et la faiblesse persistante de la demande globale vont freiner l'inflation en 2012 dans beaucoup de pays exportateurs de pétrole. Mais dans d'autres pays, comme la Mauritanie, l'inflation restera élevée en raison de la baisse des subventions des produits de base» prévoit le rapport du FMI pour la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP).

Cette baisse serait inévitable au vu des politiques budgétaires expansionnistes de ces dernières années. «Ces dernières années, beaucoup de pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP ont préconisé une politique budgétaire résolument expansionniste, pour atteindre plusieurs objectifs interdépendants: soutenir l'activité non-pétrolière, investir dans le capital humain et physique, et répondre aux besoins sociaux en compensant l'effet de la hausse des prix alimentaires...» explique le rapport. Pour la Mauritanie, ce sont surtout les efforts anti-inflationnistes qui ont coûté des sous. Les subventions énergétiques aussi ont pesé sur les différents budgets des gouvernements mauritaniens, jusqu'à aujourd'hui. Subventions «inopérantes» selon le FMI.

Revoir les politiques de subventions

Le système de fixation automatique des prix des carburants mis en place par la Mauritanie ces dernières années est essentiellement «inopérant» selon le rapport du FMI, qui estime, sur la base d'études menées sur des expériences nationales, que le «maintien des prix libéralisés» devrait prévaloir.

Recommandant au passage, pour une plus grande efficacité de redistribution des ressources, et de lutte contre la pauvreté, «d'améliorer les dispositifs pour la protection sociale», et de lutter plus efficacement et «durablement» contre le chômage, notamment des jeunes, qui couvent toutes les instabilités sociales possibles, du fait de leur précarité persistante. «Tout retard dans la stabilisation de la situation politique continuerait ainsi à inquiéter les investisseurs, et donc pénaliser la croissance, tout en augmentant le coût de la dette publique» prévient le FMI.

«Dans plusieurs pays importateurs de pétrole de la région MOANAP, les risques économiques se sont accrus avec la persistance des incertitudes inhérentes aux troubles sociaux. (…) Et la Mauritanie aussi a connu des agitations sociales dans une moindre mesure des printemps arabes» continue la prospective de l'institution financière.

Les subventions énergétiques freineraient l'économie

Sur la banderole: «Les carburants sont à la disposition de tous les mauritaniens!»
Sur la banderole: «Les carburants sont à la disposition de tous les mauritaniens!»
Pour ce qui est de la Mauritanie, il faut lire sa situation à travers la séparation nette entre importateurs de pétrole et non importateurs. La première conclusion que l'on peut en tirer est que la hausse des prix du pétrole impacte directement l’économie mauritanienne. C’est une conséquence qui devait être logique. C’est un facteur exogène qui n’est pas maîtrisé au plan national.

Naturellement, tout gouvernement, dont celui mauritanien développe des réflexes de réactions qui permettent d’atténuer l’impact des hausses répétitives des prix pétroliers; «mais ça reste une vulnérabilité qui expose l’économie mauritanienne a des chocs par rapport auxquels elle essaie de se prémunir» constate le rapport du FMI.

Une de ces réactions naturelles tient aux subventions énergétiques; et comme l'expliquait Tijani Najeh, représentant du FMI en Mauritanie, il y a une semaine, «65% des subventions énergétiques profitent aux 20% les plus riches de la population mauritanienne». «D'où la nécessité de réorienter ces subventions, car il est évident que les moins nantis ne possèdent pas de voitures» ajoutait-il.

Le rapport du FMI est plus éloquent: «les subventions sur les énergies profitent de façon DISPROPORTIONNEE aux plus riches, qui représentent la part la plus élevée de la consommation énergétique nationale». Si le ministre des finances Thiam Diombar réagissait timidement à cette déclaration en prétextant que répercussion sur les populations il y a, du fait que ces subventions agissent sur le prix du transport, force est de reconnaître que ces subventions ont freiné l'économie mauritanienne.

«La Mauritanie a vu sa facture pétrolière se détériorer de plus de 5,5% du PIB en 2011» explique le rapport, conséquence directe de la hausse des cours mondiaux, qui a pesé sur le coût des importations et une dégradation du solde extérieur mauritanien. Une facture qui a doublé par rapport à 2010. et plus de la moitié de ces subventions venait des subventions aux prix du gaz, de l'électricité, et des carburants.

Le couplage mines/pétrole en 2012

L'illusion d'une logique à ces subventions a tenu ces dernières années, car les industries minières qui jouent un rôle important dans l'économie mauritanienne, ont absorbé la plupart des impacts. Elles représentent 15% du PIB, et 85% du total des exportations du pays. Une dépendance aux matières premières qui rend très difficile des prévisions sur la base de prix de matières dépendant des cours internationaux.

Mais la hausse dans le monde de la demande des produits de base, a stimulé les investissements dans le secteur minier, «ce qui aide à compenser le ralentissement d'autres secteurs miniers» souligne le rapport. C'est ainsi que depuis un an et demi, des permis miniers sont distribués à la chaîne, à des nationaux, mais surtout des étrangers, dans un cadre où on estime qu'on a «sous-évalué le potentiel géologique mauritanien».

Dès lors, on peut comprendre et expliquer la politique de subventions énergétiques du gouvernement mauritanien. Durant les épisodes récents d'expansion, l'augmentation de la facture pétrolière a été compensée par une hausse de la production minière. «En Mauritanie, la progression des exportations de produits de base a été quatre fois plus forte que celle des importations pétrolières, entre 2005 et 2009» explique le rapport du FMI. C'est pour cela que la Mauritanie ne serait pas trop vulnérable aux montée de cours de pétrole ces dernières années. Mais la donne peut fortement commencer à changer en 2012, car ceci était vrai tant que les cours du pétrole et ceux des métaux étaient corrélatifs, et selon la plupart des spécialistes, il y aura un «découplage en 2012».

Mamoudou Lamine Kane
Mamoudou Kane


              

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